• Shakespeare

     

     

     

     

    Cylan Brown dans le rôle de Parolles

     

     

    Éloquence

     

    PAROLLES

    ‘He will lie, sir, with such volubility, that you would think truth were a fool.’

     

    « Il peut mentir, monsieur, avec une telle volubilité, qu’il ferait passer la vérité pour une folie. » 

     

    All's Well That Ends Well, act IV, sc. 3, l. 250.

     

     

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  • Événement

     

     

    26 juillet

    Concert au Centre Culturel 

    de Saint Pierre Quiberon

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Mimétisme 

     

     

     

     

     

     

    Humain, forcément humain

     

    Il n’y a rien que nous percevons que nous n’assimilions à de l’humain. Montaigne le savait. « Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition », disait-il. Mais la proposition ne s’arrête pas là. Elle ne s’arrête même pas du tout. Tout ce que nous touchons, nous l’humanisons. Tout ce que nous pensons, ressentons, jugeons, admirons, est « enrobé » d’humain. Tout ce que nous savons de la nature, c’est grâce à notre culture que nous le savons. Même ce que nous croyons n’avoir pas appris passe par notre culture. Il n’y a pas de savoir sans apprentissage, façonné par le langage. Nous parlons tous une langue humaine. Tout ce que nous regardons est filtré par nos représentations. Ce que nous appelons rouge n’est rouge que parce qu’on nous a appris à reconnaître le rouge. Il n’y a pas plus de vérité entre le dessin de l’atome et l’atome lui-même qu’entre Roméo et Juliette et l’amour. 

       Notre empathie naturelle, notre mimétisme spontané, font que   nous voyons de l’humain partout autour de nous. Nous parlons à notre téléphone comme s’il pouvait nous répondre personnellement. Hélas, les marchands ont fabriqué des téléphones qui enregistrent notre voix et qui « répondent ». Souvent n’importe quoi, mais ils répondent ! Nous insultons notre GPS quand il nous donne une mauvaise indication, en fait, une direction que nous ne voulions pas : nous lui prêtons des intentions. Les nouveaux robots sont conçus avec des « yeux », des « bras » et des « jambes », non pas parce qu’ils en ont besoin, mais pour nous rassurer, pour les rendre familiers. Sinon, nous verrions aussitôt que ce sont des machines, et plutôt bêtes dans l’ensemble…

       Ce réflexe, c’est ce que nous appelons de l’animisme. Nous rejetons l’animisme comme appartenant aux cultures primitives, or, nous faisons la même chose. En pire, évidemment, puisque nous sommes convaincus d’être objectifs, rationnels, matérialistes. Telle est la grande illusion des post-modernes ! Les découvertes récentes sur l’empathie nous apprennent que le petit d’homme, à peine né, imite son environnement, il se focalise exclusivement sur son environnement humain. Et heureusement pour lui. Comment s’humaniserait-il autrement ?

       Les étonnements naïfs des éthologues et autres défenseurs de la cause animale reposent sur la reconnaissance, chez les animaux, de comportements qui ressemblent aux nôtres. Et comment ces doctes observateurs reconnaîtraient-ils des comportements qui ne ressemblent pas aux nôtres ? Ils ne le pourraient pas. Ils passeraient simplement à côté. Leur observation est faussée par leur science même. Les animaux que nous observons ne sont pas des animaux naturels, ce sont des animaux observés, passés au crible de notre intelligence.

       Dans un avenir pas si lointain, les enfants « hors sol » qui seront conçus in vitro et naîtront après une gestation « hors utérus », ne seront certainement pas nostalgiques du lien originel qui unissait leurs lointains ancêtres à leur mère. Élevés par des petits robots gentils qui ne les contrarieront jamais, débarrassés de leur « environnement humain », à quoi ressembleront-ils ? Quand ce temps arrivera, j’espère qu’il restera quelques grands singes pour les prendre en charge et recommencer le long processus d’hominisation qui aura été interrompu.

     

     

     

     

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  • Anagramme

     

     

     

     

    « Être ou ne pas être, voilà la question » peut se changer en : « Oui, et la poser n’est que vanité orale ».

     

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

     

     

     

     

    La mort en face

     

    ISABELLA

    What says my brother ?

    CLAUDIO

                                           Death is a fearful thing.

    ISABELLA

    And shames life is hateful.

    CLAUDIO

    Ay, but to die, and go we know not where ; 

    To lie in cold obstruction, and to rot ; 

    This sensible war motion to become 

    A kneaded clod, and the dilated spirit 

    To bathe in fiery floods, or to reside 

    In thrilling region of thick-ribbèd ice ; 

    To be imprison’d in the viewless winds, 

    And blown with restless violence round about 

    The pendant world ; or to be worse than worst 

    Of those that lawless and incertain thought 

    Imagine howling ! –’tis too horrible ! 

    The weariest and most loathèd worldly life 

    That age, ache, penury, and imprisonment 

    Can lay on nature is a paradise 

    To what we fear of death.

     

    ISABELLE. – Que dit mon frère ?

    CLAUDIO. – La mort est une chose horrible.

    ISABELLE. – Et une vie déshonorée est insupportable.

    CLAUDIO. – Oui, mais mourir et aller on ne sait où,

    Reposer dans le froid et la nuit et pourrir ;

    Quand toute mobilité et sensibilité se changent

    En argile molle, et que l’esprit se perd

    Dans des flots furieux ; ou résider

    Dans les régions gelées englouties sous la glace ;

    Être prisonnier des vents invisibles

    Qui soufflent avec une violence incessante autour

    Du globe ; être le pire des pires

    Dont les pensées sans foi ni loi

    Poussent des hurlements ! Ah, c’est trop horrible !

    La vie la plus pénible ici-bas, la plus méprisée,

    Que la vieillesse, la maladie, le manque ou l’enfermement

    Peuvent infliger à la nature, est un paradis

    Par rapport à ce que nous redoutons de la mort. 

     

    Measure for Measure, Act III, sc. 1, l. 114-129. 

     

     

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