• Shakespeare

     

     

     

     Erik MacRay as The Bastard

     

    Opportunisme

     

    Bastard.
    Well, whiles I am a beggar, I will rail,
    And say, there is no sin but to be rich ;
    And being rich, my virtue then shall be
    To say, there is no vice but beggary.
    Since kings break faith upon commodity,
    Gain, be my lord, for I will worship thee !
     

     

    LE BÂTARD.

    Évidemment, tant que je serai mendiant, je critiquerai les riches,

    Et dirai qu’il n’y a pas pire péché que la richesse.

    Et quand je serai riche, je trouverai de la vertu

    À dire qu’il n’y a pas pire vice que de mendier.

    Puisque les rois violent leurs serments selon leur intérêt,

    Alors, intérêt, sois mon dieu, je veux t’adorer !

     

    King John, Le Roi Jean, II, 2, 294-299.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Échos 

     

     

    Concordance des temps

     

      

    Renaissance

     

     

     

    Aujourd’hui

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Humeur

     

     

     

    Vendredi noir

     

    Les malheureux vendeurs bonimenteurs (on dit aussi « commerciaux »), à qui il reste deux neurones mal connectés, ne savent plus comment vendre leur camelote obsolessante. Ils doivent chercher ailleurs leur inspiration puisqu’ils n’ont aucune imagination. En général, ils trouvent leurs idées en Amérique. Tiens, donc ! En voilà une bonne idée ! La dernière trouvaille en date est d’essayer de nous séduire par des « soldes massifs » le lendemain de Thanksgiving aux États-Unis, qui s’appelle là-bas Black Friday. Traditionnellement, le jour qui suit ce jour férié est un jour de soldes. Cela a un sens chez eux, comme les soldes après les Fêtes de fin d’année en Europe. Mais à quoi cela peut-il ressembler sous nos latitudes ? À rien. Combien de Français savent même ce que le jour d’Action de Grâces du quatrième jeudi de novembre signifie ? Peu importe. Les magasins en ligne essaient quand même d’introduire ce rituel chez nous, sans même l’acclimater, sans même en traduire le titre. Cherchez l’embrouille !

       Par un effet mimétique évident, le modèle est pris en Amérique. Quoi, l’Amérique de Trump et tout le reste ? Exactement. L’Amérique est-elle encore un modèle ? J’en doutais, je n’en suis plus sûr. Il ne s’agit pas de multicuturalisme, ce joli mélange des cultures que nous promet la mondialisation. Il s’agit tout simplement d’une démission culturelle, d’un renoncement consenti, d’une mort prématurée. Sur les deux neurones qui leur restaient, les vendeurs bonimenteurs viennent d’en éteindre un.

       Que des ingénieurs marketing français se comportent de cette façon est proprement suicidaire. L’aliénation est complète. Quand on n’est plus capable de « produire du sens », c’est que l’on n’est pas loin du délire. Le futur suicidé tricote ainsi la corde qui va le pendre lui-même. On a vu des civilisations disparaître pour moins que cela. Tant pis pour elles.

      

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Shakespeare 

    La mauvaise conscience 

     

    ‘Suspicion always haunts the guilty mind ;

    The thief doth fear each bush an officer.’

     

    « La mauvaise conscience est toujours hantée par le soupçon,

    Et le voleur craint de croiser un gendarme dans chaque buisson. »

     

                                  King Henry IV, Part III, Act V, Scene VI.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Catastrophisme 

     

     

     

     

     

    Le partage

     

    En se débarrassant de Dieu, l’homme éclairé de la Renaissance ne s’est pas contenté de vider le ciel, il a aussi pris la place du Grand Créateur. Et il s’est cru infini – comme la Grenouille qui se moquait du Bœuf ! Exemple. Avec leurs petits algorithmes malins, les financiers s’imaginent qu’ils peuvent grossir leur richesse indéfiniment, sans limite. On sait aujourd’hui ― mais le savent-ils ? ― que la richesse ne grossira que jusqu’à l’éclatement de la bulle, la Grosse Bulle, la dernière, the Big Bubble. La planète est petite : avec son réchauffement, avec l’exploitation effrénée des ressources et l’accumulation des déchets, elle se rétrécit sous nos yeux ― mais que voient-ils ?

       L’issue qui paraît unique, et de bon sens, c’est de partager les restes tant qu’il y en a. Si les richesses ne sont pas redistribuées (et vite !), sous forme de revenus ou autre ― après tout, chacun est en droit d’attendre de toucher les dividendes de l’effort collectif ! ―, si la place n’est pas faite aux migrants qui n’en peuvent plus, si on ne commence pas à nettoyer ce qui a été salopé, en laissant les pauvres vivre dans la crasse des riches, il se pourrait que ça finisse mal…

       Mais, comme le remarque Jean-Pierre Dupuy* : « Nous ne croyons pas ce que nous savons. […] Ce n’est pas l’incertitude, scientifique ou non, qui est l’obstacle, c’est l’impossibilité de croire que le pire va arriver. » L’impossibilité de croire ! Pourtant nous nous croyons très forts. La réalité nous aveugle et nous croyons à notre puissance qui n’existe pas. Nous avons remplacé Dieu, mais nous avons perpétué les modes de croyance qu’on Lui reprochait de nous imposer.

       L’avenir n’est pas invisible, simplement nous ne voulons pas le voir. Ce n’est pas en dématérialisant l’information, l’argent, l’intelligence, en nous dématérialisant nous-même, de plus en plus, que nous échapperons à notre Incarnation, à notre réalité physique sur le Terre. Ce n’est pas en nous réfugiant dans nos illusions selfiques que nous pourrons durablement mépriser le reste de l’humanité, celle qui nous fait vivre, justement !

       Voilà le constat.

     

     

     

    * Pour un catastrophisme éclairé, Seuil, 2002.

     

     

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire