• Shakespeare 

     

     

    Perversion de la richesse

     

    Timon.                 Twinn’d brothers of one womb,
    Whose procreation, residence, and birth,
    Scarce is dividant, touch them with several fortunes ;
    The greater scorns the lesser : not nature,
    (To whom all sores lay siege) can bear great fortune,
    But by contempt of nature.

     

    TIMON. –              Que deux jumeaux nés de la même matrice –

    Dont la conception, la gestation et la naissance

    Sont quasi identiques –, soient touchés par des fortunes différentes,

    Et le plus grand méprisera le plus petit : il n’est pas dans notre nature –

    Affligée de toutes sortes de maux – de jouir d’une grande fortune

    Sans mépriser notre semblable.

     

                                  Timon of Athens, IV, 3, 3-8

     

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  • « L’homme diminué »

     

     

    L’intelligence externalisée (suite)

     

    S’en remettre aux machines pour manipuler de l’intelligence ne représente pas seulement une menace pour notre mémoire*. Fabriquer – littéralement fabriquer – de l’intelligence, même qualifiée d’artificielle, revient à détacher celle-ci de la conscience, pour obtenir une espèce d’intelligence autonome en quelque sorte. Pauvre conscience ! Elle est déjà si faible face aux « désirs dissidents et puissants qui nous assaillent » (sonnet 146 : ‘these rebel powers that thee array’). Elle est si souvent défaillante, même quand il s’agit de simple logique et de choix binaires. Alors, la séparer définitivement de notre conscience, c’est accorder à l’intelligence une liberté qu’elle est incapable de gérer. C’est fabriquer une intelligence folle, ni plus ni moins.

       Les cerveaux intelligents qui conçoivent et élaborent ces machines pensantes en sont tout excités. On comprend pourquoi, ils fabriquent le diable. Ils en sont bien plus émoustillés que ce malheureux Frankenstein avec son petit monstre de rien. Créateurs, ils créent des créatures « à leur image », et elles n’ont pas de conscience. La révélation est angoissante.

       « L’apprentissage profond », la simulation des intuitions et autres gadgets algorithmiques ne créeront pas de la « conscience artificielle ». Pour la raison que la conscience, chez l’homme, est déjà « externalisée », elle est son surmoi, son regard extérieur et intériorisé, elle est l’œil qui regarde toujours Caïn, elle est pour le sujet pensant un alter ego, un même hors de lui-même, elle est la trace de la transcendance qui l’habite. Comment intégrez-vous cela à un cortex artificiel ? Chercher à fabriquer une « conscience artificielle » vaut-il la peine, ou on arrête tout de suite ?

     

    * voir page 24

     

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  • Ça ne se dit pas  

     

     

     

    Recyclage

     

    Comme la ville, hyper-consommatrice, rejette à l’extérieur de son territoire les déchets qu’elle parvient difficilement à « recycler » c’est-à-dire à utiliser plusieurs fois , elle rejette pareillement une quantité de citoyens qui n’ont pas accès à la sacro-sainte consommation, les banlieusards, les marginaux, les exclus de toutes sortes. Sous le masque du sigle SDF, nous trouvons des nomades, des vagabonds, des gueux, inassimilables, à l’identité incertaine. Ces « laissés pour compte » ne sont pas recyclables, estiment les citadins privilégiés. Pire que cela, les exclus eux-mêmes ne se croient pas « récupérables », comme ces jeunes de banlieue qui n’osent même pas traverser le périphérique pour savoir ce qui se passe de l’autre côté, « au centre ». Ils se retrouvent derrière une « cloison de verre » invisible et infranchissable. D’un côté, de beaux produits manufacturés, de l’autre, des ordures.

     

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  •  La mémoire persécutée 

    04.06.89

     

    À l’approche de l’anniversaire du massacre de Tienanmen, les autorités chinoises ont fermé tous les réseaux sociaux, y compris Wikipédia en langues européennes. Parler de Tienanmen est interdit sur tout le territoire. Répéter seulement les chiffres 8.9.6.4 est passible de poursuites judiciaires...

       Comment un mastodonte tel que la Chine superpuissance économique, militaire, policière, etc. peut-il avoir peur de quatre chiffres ? C’est un géant qu’une petite souris panique. 

       Quand un pouvoir aussi fort a peur à ce point de la vérité, c’est que la culpabilité le ronge. C’est un bon signe !

     

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  • Shakespeare

     

     

     

    Consolation

     

         Everyone can master a grief but he that has it.

     

         Tout le monde peut surmonter sa peine, sauf celui qui en souffre.

     

                                                Much Ado About Nothing, III, 2

     

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