• Citation 

     

     

     Elisabeth Vigée-Lebrun

     

    Aimer quelqu’un

     

    « Aimer quelqu’un, c’est lui dire : ‘‘Toi, tu ne mourras pas’’. »

     

                                                                            Gabriel Marcel 

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Shakespeare 

     

     

     

     

     

     

    Ceux qui dissimulent leurs forfaits

     

    CORDELIA.

    Time shall unfold what plighted cunning hides : 

    Who cover faults, at last shame them derides.

     

    Le temps dévoilera ce que la ruse cache sous ses replis :

    Ceux qui dissimulent leurs forfaits, la honte finit par les faire choir.

     

                                                      King Lear, act I, sc. 1, l. 284-285.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Poésie

     

     

     

     

     

     

     

         La chaise longue

         Tendre et rêveuse

     

         Jalouse

     

         Garde la forme

         Du corps qui l’abandonne.

     

         Berceau d’attente.

     

     

                                     Marie-Lise Corneille, L’or du désir

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Iconoclastes 

     

     

    Jérôme Bel

     

    Que faire de la transgression

    s’il n’y a plus de tabou ?

     

    Dans le domaine de la transgression, les « artistes » littéralement se surpassent. Les tabous se faisant numériquement de plus en plus rares, il devient difficile de choquer sur scène, dans les films ou dans les livres. Frustré de n’avoir plus de barrière à franchir, l’individu ne se sent plus exister. N’exerçant plus son audace, ne pratiquant plus l’outrage, il se morfond dans les conventions. Que faut-il briser pour sortir de la routine et rejoindre la cohorte bienheureuse des exclus ? Il est indispensable de se persuader qu’on va toujours plus loin que les autres. En matière de sexualité, par exemple, les artistes n’ont plus grand-chose à cacher. Aussi leurs « audaces » consistent-elles, la plupart du temps, à affirmer d’un air outragé que tous les tabous ne sont pas encore tombés. Grands sauveurs d’une humanité aveuglée par des siècles d’abrutissement judéo-chrétien, ils arrivent à temps pour nous libérer des vilains interdits qui nous aliènent, disent-ils. Et les voilà transcendés ! Ils créent de la censure pour pouvoir prétendre qu’ils s’en moquent. Ils jouent à se faire peur, mais le grand méchant loup est mort et les enfants ne rient plus !

       En matière de spectacle de la violence, le champ est encore plus largement ouvert. Il est facile de pratiquer la surenchère dans l’horreur banale, de la montrer et de s’en repaître. Le sang fait toujours son petit effet. Mais où est l’audace ? S’étourdir de la violence est l’acte le plus banal, le plus primitif, le plus archaïque qui soit. Nos artistes « modernes », en avance sur leur époque, comme ils veulent s’en convaincre, auraient dû logiquement tourner le dos à ce genre de représentation éculée depuis longtemps. Mais rien n’y fait. La « hardiesse » de certains d’entre eux est affligeante, tant elle relève d’une pensée niaise. Michel Henry compare ce type de divertissement à la description que donne l’Apocalypse d’un spectacle qui consiste à « animer la statue de la Bête de telle façon que la statue de la Bête parle. » (saint Jean, 13,15).

        L’idée qu’il n’y aurait bientôt plus de tabou paraît sacrilège et désespère les transgresseurs eux-mêmes. Il est iconoclaste d’affirmer qu’il n’y a plus d’idoles à brûler, que la transgression tourne à vide et que les transgresseurs à la fin nous ennuient ! Il n’y a plus de règles auxquelles il faille désobéir. Le désœuvrement nous guette.

       

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Shakespeare 

     

     

     

     

     

    Qu’est-ce que la valeur ?

     

    TROILUS 

    What is aught, but as ’tis valued ? 

    HECTOR 

    But value dwells not in particular will ;
    It holds his estimate and dignity
    As well wherein ’tis precious of itself
    As in the prizer. ’Tis mad idolatry,
    To make the service greater than the god ;
    And the will dotes, that is inclinable
    To what infectiously itself affects,
    Without some image of the affected merit.

     

    TROÏLUS

    La valeur n’est-elle que celle qu’on lui donne ?

    HECTOR

    La valeur ne dépend d’aucune volonté particulière ;

    Elle doit son prix et sa distinction

    À l’objet et à son coût,

    Autant qu’à celui qui l’apprécie. C’est une folle idolâtrie

    Que de rendre la dévotion plus grande que le dieu ;

    Et la volonté s’incline devant

    Ce qui s’empoisonne soi-même,

    Sans rapport avec le mérite qui lui revient.

     

                                    Troilus and Cressida, Act II, sc. 2, l. 52-60.

     

     

     

    René Girard, dans Le Bouc émissaire, ne dit pas autre chose : « Ce qui fait la valeur d’un objet n’est pas son prix réel mais les désirs qui s’y attachent déjà et qui le rende seul attachant. »  

     

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire