• Archéo-christianisme 

     

     

    La Palme d’or de la supercherie

     

    En attribuant à Julia Ducournau la Palme d’or du dernier Festival de Cannes pour son film Titane, le jury 2021 a voulu faire preuve de modernité, il n’a réussi qu’un coup d’éclat archaïque. Que le film batte des records en matière de violence, ce n’est encore rien. Il faut écouter les « justifications » de la gagnante. Toute à son bonheur de lauréate, elle a déclaré : « Merci au jury de reconnaître l’envie d’un monde plus inclusif et plus fluide. Merci d’appeler à plus de diversité dans les expériences au cinéma et dans nos vies. Et merci d’avoir fait entrer les monstres. » Car Madame Ducournau (que le parler politiquement correct ne dérange pas) « défend » les minorités, les opprimés, les discriminés. Met-elle dans la catégorie des « montres » tous les exclus, les trisomiques, les gays, les émigrés récents ? Son discours « inclusif » est pire que du racisme !

       Et puis, en matière de monstres, le monde ne l’a pas attendue. Dès les premières formes religieuses, les plus archaïques, les plus lointaines, les monstres ont fleuri ― voir la statuaire antique, grecque comprise, et les religions de toutes les ethnies du monde ! Elles sont peuplées de monstres transformés en idoles. Vouloir « réhabiliter » les monstres n’est pas un acte d’une modernité folle, c’est un comportement réactionnaire, barbare, mais qui ne dit pas son nom.

       Suprême raffinement dans la supercherie : avoir donné le Prix à une femme ! Julia Ducournau est honorée comme étant « la deuxième femme de l’histoire du Festival de Cannes parmi les lauréats de la Palme d’or », après Jane Campion. Quel cadeau empoisonné ! La revendication féministe est ici reconnue dans un acte totalement régressif. Les machos ont de quoi se réjouir...

       Bon, ce n’est pas grave, nous savons que souvent l’Histoire avance à reculons.

     

     

     

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  • Mimétisme 

    Au jardin d'Eden,

    il n'y avait quand même pas une seule pomme ?

     

    La spéculation

     

    « Le mot spéculation vient du latin speculum qui signifie miroir. La spéculation consiste non pas à acheter un bien parce qu’on le désire mais parce qu’un autre le désire. On espère donc tirer bénéfice du désir de l’autre. »

                                                                                 Antoine Costa

     

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  • Shakespeare 

     

    L’un est l’autre

     

    C’est ainsi que Shakespeare conçoit l’amitié, qui est une forme de mimétisme sans rivalité. La vérité sort de la bouche d’Hamlet (au moment où Horatio vient à lui) :

     

    Horatio. Hail to your lordship !

    Hamlet.                                          I am glad to see you well :

    Horatio, or I do forget myself.

    Horatio. The same, my lord, and your poor servant ever.

    Hamlet. Sir, my good friend ; I’ll change that name with you.

     

    HORATIO. – Je salue votre seigneurie !

    HAMLET. –                                                Ravi de vous voir...

    Horatio... ou je me trompe ?

    HORATIO. – Lui-même, mon Seigneur, votre humble et fidèle serviteur.

    HAMLET. – Mon meilleur ami, monsieur : je veux échanger ce titre avec vous.

     

                                                            Hamlet, I, 2, 160-163.

     

     

     

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  • BLOG L’ÉMISSAIRE    

    Crise du désir 

    par Jean Louis Salasc

    Joël Hillion vient de publier un nouvel essai (1). Pour lui, le désir est en crise, et cette crise est peu et mal identifiée. Le but de son essai est donc de lui trouver sa place, dans un tableau général où les crises ne manquent pas. Disons d’emblée que Joël Hillion attribue un rôle central à la crise du désir ; nous pourrions presque employer la métaphore de « mère de toutes les crises », métaphore convenue que l’auteur évite fort heureusement.

    Joël Hillion est un girardien de toujours. C’est bien sûr avec le prisme de la théorie mimétique qu’il analyse cette crise du désir. Il s’attache à révéler ses liens avec d’autres crises, comme l’impasse économique actuelle, ou encore ce qu’il nomme la « crise de l’intelligence ». En fin d’ouvrage, il s’efforce de dégager de ses analyses, sinon des solutions, du moins des pistes de réflexion.

    Deux lignes de forces apparaissent dans cet essai : le thème de l’indifférenciation et le phénomène de la globalisation. René Girard a décrit comment la crise dans la communauté est corrélative, sinon consubstantielle, à une montée de l’indifférenciation. Joël Hillion s’adosse à cette lecture. Il montre à quel point les crises actuelles comportent cette caractéristique. Il voit un symptôme révélateur dans nos incapacités à faire face à cette indifférenciation croissante : qu’il s’agisse du « repli identitaire », de la « fuite en avant » progressiste ou des leurres grossiers que nous acceptons : « Vous êtes unique (mais continuez à faire comme tout le monde) », nous assènent les publicités.

    « Comme tout le monde » est à prendre au sens propre, puisque notre planète est devenue un village, sous l’effet des échanges, des moyens de transport et des outils de communication. Joël Hillion reprend et développe ici un point de vue issu de la théorie mimétique. Le mécanisme du bouc émissaire étant une expulsion, il implique l’existence d’un ailleurs, là où précisément l’expulser. Or, dans un monde globalisé, un monde qui se ramène à une unique tribu, cet ailleurs n’existe plus. L’expulsion du bouc émissaire n’est plus une possibilité face aux crises. D’autant, nous rappelle Joël Hillion, que le christianisme avait déjà largement entamé sa disqualification.

    Amin Maalouf a noté un paradoxe dans son « Naufrage des civilisations » (2) : alors que la mondialisation rend les êtres humains de plus en plus proches les uns des autres, voici qu’ils s’exaspèrent dans la volonté de se différencier. En bon girardien, Joël Hillion répond à cette apparente contradiction ; car la rivalité mimétique s’instaure justement entre ceux qui sont les plus proches, ceux qui se « ressemblent » le plus.

    En dépit de ce risque, Joël Hillion reste fermement attaché à un idéal d’unité de l’humanité, d’une civilisation globale. Il déplore que ce projet soit pour l’instant pris en otage par la sphère marchande et financière ; ce dont la conséquence est de maintenir le monde entier dans une forme d’archaïsme.

    Voici un essai ambitieux, foisonnant, dans lequel Joël Hillion fait démonstration de sa verve et de son sens de la formule. En homme de conviction, il affiche ses points de vue avec une vigueur parfois abrupte. Il intègre dans sa démonstration des analyses classiques, comme l’emprise des marchés, la dissolution des valeurs et des tabous, ou la prévalence des croyances aux dépends de la science.

    Il nous offre aussi plusieurs points de vue originaux. Par exemple, c’est un argument très girardien qu’il emploie pour récuser le transhumanisme : l’envahissement par la machine et l’effacement progressif des corps menacent le phénomène même du mimétisme ; qui s’étiole également avec l’interface des écrans. Et perdre le mimétisme, c’est perdre notre humanité, puisqu’une exceptionnelle intensité mimétique est justement le propre de notre espèce.

    Autre point de vue notable, les stratégies de victimisation. Les girardiens savent qu’il faut toujours écouter le point de vue de ceux qui sont persécutés. Mais Joël Hillion dénonce comment le souci des victimes est parfois perverti : un tel statut accordé de façon injustifié fabrique des tyrans (enfants-rois par exemple) ; et certains cyniques se l’octroient pour faire avancer d’autres visées que la seule justice.

    Enfin, le chapitre consacré à la « crise de l’intelligence » propose une intuition à laquelle sera sensible tout girardien qui se respecte : « La crise du désir est en réalité une crise des modèles ». Le lecteur en aimerait bien davantage sur ce thème, Joël Hillion reste allusif. La question a été approchée par Robert Redeker dans son essai « Les Sentinelles d’humanité » (3). Mais nous demeurons en attente d’un traitement approfondi par un spécialiste de la théorie mimétique.

     

    (1) « Crise du désir », par Joël Hillion, avril 2021, 234 pages, L’Harmattan,

    (2) « Le Naufrage des civilisations », par Amin Maalouf, mars 2019, 377 pages, Grasset,

    (3) « Les Sentinelles d’humanité », par Robert Redeker, janvier 2020, 284, Desclée de Brouwer (cf. https://emissaire.blog/2020/05/12/autour-de-la-theorie-mimetique/)

     

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  • Racontar et calomnie

     

    Peter Pan n’est pas raciste

     

    Dans la déjà longue tradition du politiquement correct, il n’a pas manqué de bonnes âmes pour s’émouvoir du sort réservé aux Indiens dans le dessin animé de Walt Disney, Peter Pan (1953). N’auraient-ils pas été un peu caricaturés ? Ugh !

       Personne ne s’émeut pour savoir si la famille de Wendy et des garçons, blanche, bourgeoise, puritaine, les Darling, qui exploite une chienne comme bonniche, ne sont pas un peu caricaturés ? Non, seules les minorités ont droit à l’apitoiement.

       Pourtant, Peter Pan n’est pas raciste. Il préfère nettement la jolie squaw, Lily la tigresse, à la fade Wendy... Les puritains politiquement corrects n’ont rien vu !

     

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