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    Vocabulaire

     

    Crédit : Duane Michals

     

    La culpabilité malheureuse 

     

    Il y a une belle tricherie :

    -    - à dire « dumping social » pour désigner l’exploitation sans retenue des plus pauvres ;

    -     - à appeler Contrat à Durée Déterminée un emploi d’une seule journée ;

    -    - à dire « plan social » pour parler de l’élimination des humains considérés comme « non rentables » ;

    -     - à parler de « parcours de réussite » pour cacher une sélection honteuse.

       Cette volonté de ne pas nommer le mal, c’est la manière la plus « innocente » de dissimuler le péché reste d’un christianisme mal assumé, dont on ne s’est jamais débarrassé. Et heureusement ! Revendiquer glorieusement le mal que l’on fait, les nazis l’ont expérimenté. On a vu le résultat.

       La responsabilité assumée revient à rendre des comptes, même quand ils sont mauvais. La culpabilité malheureuse consiste justement à « ne pas rendre des comptes ». Elle est, en même temps, un aveu de culpabilité. 

     

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  • Shakespeare

     

     

    Shakespeare asperger

     

    J’avance ici une hypothèse. Et si Shakespeare avait été affecté par le syndrome d’asperger ? On sait peu de chose de sa personnalité, ceci est justement un indice. Cette forme « d’autisme », associée à des « surdons », donne des individus souvent isolés, qui recherchent même l’isolement ; or, Shakespeare n’était pas « médiatique ». Les quelques témoins de son époque ont parlé d’une personne discrète, réservée au point que certains ont voulu croire qu’il n’avait pas existé du tout ! Son goût du secret semble cependant incontestable. Discret jusqu’à ne pas se préoccuper de laisser derrière lui des traces écrites de son génie !

       Son éducation à Stratford, dit-on, n’a pas été particulièrement brillante. N’aurait-il pas souffert d’un « léger handicap » ? En tout cas, l’enseignement classique n’était certainement pas adapté à sa personnalité hors du commun.

       Autre phénomène qui caractérise le syndrome d’asperger : une mémoire sans limite. Et nous pouvons aisément imaginer que celle de Shakespeare était immense. Son vocabulaire était exceptionnel (donc appris). Pour écrire une pièce comme Coriolan ou ses drames historiques, avec près de 70 personnages différents, sans compter les figurants, et pour maîtriser une intrigue complète sur 3500 vers, sans se tromper, avec une parfaite cohérence, il faut disposer d’une réserve de neurones considérables !

       À cela enfin, il faut ajouter une imagination débordante, une capacité conceptuelle exceptionnelle. Shakespeare rejoindrait ainsi la courte liste des « asperger » célèbres : Marie Curie, Albert Einstein, Howard Hughes (Aviateur, fondateur de TWA), Isaac Newton, et quelques autres.

     

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  • Empathie

     

     

     

    Le bon modèle

     

    « Je bâille, par mimétisme, quand je vous vois ouvrir la bouche pour bâiller ; je ne bâille pas ni n’ouvre la bouche quand je vois s’ouvrir une valise devant moi. […] Je désire ce que l’autre désire. J’imite l’intention. »

     

                            Jean-Michel Oughourlian, Cet autre qui m’obsède.

     

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  • Mimétisme

      

    Quel est le bon ?

     

    Pour l’exemple

     

    « Ça leur servira de leçon », « plus jamais ça ! », « cela fera jurisprudence », « nous voulons un châtiment exemplaire », entend-on régulièrement, comme si l’exemple était toujours imité. Hélas, il semble que le mimétisme s’exerce prioritairement à partir du « mauvais exemple ». Quelqu’un m’insulte, je lui renvoie une bordée d’injures. Quelqu’un me tend la main, je me méfie, que veut-il tirer de moi ?

       La théorie mimétique est-elle en panne ? Le mimétisme aurait-il des limites, des trous, serait-il si peu universel ? Non, la théorie est juste mais elle s’applique prioritairement à la violence de nos comportements. Il semble que « l’imitation du bien » soit plus difficile que l’entraînement au mal. Alors, à quoi bon montrer le bon exemple ? Pourtant, il joue, il est capital. Moins spectaculaire, il laisse des traces utiles. Il ne fascine pas, il inspire. Qu’est-ce que cela coûte de dire merci ? Il semble que cela coûte beaucoup. La méconnaissance recouvre la violence. La grâce, presque toujours, est silencieuse.

     

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  • État de la personne

     

     

    Beauté

     

    On finit toujours par ressembler à ce que l’on est. Les vieillards laids n’ont que ce qu’ils méritent : les bassesses accumulées, les compromissions consenties, les ressentiments mal digérés, finissent par s’écrire sur leur visage comme sur un parchemin.  Mais il arrive aussi que des personnes âgées soient magnifiques. C’est le cas de Madame Joan Baez. Elle porte ses 77 ans comme un trophée. Sa vie a été faite de générosité, d’ouverture aux autres, d’abnégation, de souci constant pour la justice. Toute cette bonté se reflète dans ses jolies rides. Son beau visage n’a pas été déformé par la jalousie, la convoitise, l’envie, l’ambition… C’est admirable, et c’est rassurant.

     

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