• Méconnaissance

     

     

     

    La violence est bête 

     

     

                             My reason, the Physician to my love,
                             Angry that his prescriptions are not kept,
                             Hath left me.
      

     

                            

                                     Quant à ma raison, médecin de mon amour,

                             Fâchée que je ne suive pas ses prescriptions,

                             Elle m’a délaissé.

     

                                                                                                      Sonnet 147

     

    René Girard a clairement montré comment (et pourquoi) la violence est associée à la méconnaissance. Pour faire simple, disons que nous ne nous reconnaissons jamais comme agresseurs mais toujours comme victimes. Si nous sommes violents, c’est par simple légitime défense, croyons-nous. L’occultation de notre propre violence est une forme grave de bêtise. Il suffit de considérer les tombereaux d’arguments imbéciles que nous déployons pour « justifier » la violence que nous faisons subir aux autres. Il ne faut pas croire que cela ne concerne que les bad boys des groupes de rap. Ben Laden lui-même jurait, en tuant 2977 personnes dans les Twin Towers de New York, qu’il vengeait Hiroshima.

       La violence inhibe l’intelligence rationnelle même de façon passive, quand nous regardons un spectacle violent. La violence est une manifestation révélatrice de la bêtise humaine. Disons « humaine », puisque les animaux, même supérieurs, s’arrêtent avant de donner le coup de grâce. Triste privilège des humains, qui possèdent la plus grande intelligence parmi les mammifères supérieurs et, en même temps, s’en servent si mal ! Notre conscience a des moyens d’auto-fermeture tels qu’elle en perd toute conscience. Essayez d’être autonome avec ça !

     

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  • Shakespeare 

     

     

     

     

    Vous seul êtes vous

     

    Sonnet 84 

     

    Who is it that says most, which can say more,
    Than this rich praise, that you alone are you,
    In whose confine immurèd is the store,
    Which should example where your equal grew.
     

     

     

    Quel habile orateur pourrait en dire plus,

    Pour vous complimenter, que vous seul êtes vous ?

    En quel enclos secret se cache le modèle

     

    Qui servirait à qui se prétend votre égal ?

     

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  • Infox

     

     

    Leçon de politique de M. Leuwen père à son fils Lucien :

     

    ‒ Dans le genre sale, vous dirigez, vous ne faites jamais. Voici le principe : tout gouvernement, même celui des États-Unis, ment toujours et en tout ; quand il ne peut pas mentir au fond, il ment sur les détails. Ensuite, il y a les bons mensonges et les mauvais ; les bons sont ceux que croit le petit peuple de cinquante louis de rente à douze ou quinze mille francs, les excellents attrapent quelques gens à voiture, les exécrables sont ceux que personne ne croit et qui ne sont répétés que par les ministériels éhontés. Ceci est entendu. Voilà une première maxime d’État ; cela ne doit jamais sortir de votre mémoire ni de votre bouche.

     

    Stendhal, Lucien Leuwen, achevé en 1835 et jamais publié de son vivant.

     

    Si Stendhal vivait aujourd’hui, que dirait-il de la com. et des « communicants » professionnels ?

     

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  • État de la conscience

     

     

     

    Gnostiques et pélagiens

     

    Un peu d’histoire. Combattus dans les premiers siècles de notre ère – notamment par saint Augustin et les Pères de l’Église –, les gnostiques et les pélagiens croyaient à la connaissance, (on dirait aujourd’hui au savoir et à la science), au libre arbitre et à la volonté individuelle (on parlerait aujourd’hui d’autonomie). Leur opposition à l’Église naissante vient de ce qu’ils minimisaient le pouvoir de la grâce. Question théologique.

       Nous en sommes au même point – ou peu s’en faut. Nos contemporains sont convaincus (à partir de quelles preuves ?) qu’ils ont entre leurs neurones de quoi résoudre les problèmes du monde où, largement à cause de leurs maladresses, de leur avidité sans frein et de leur inconscience, ils se débattent. Sommes-nous vraiment capables de répondre aux nouvelles exigences de la planète ? Peut-être. Il faudrait pour cela commencer par s’entendre tous ensemble… et nous n’en prenons pas le chemin ! Le « débat » lui-même ajoute à la confusion. C’est ainsi que se lamente le roi Claudius, dans Hamlet (III, 3, 68-69) :        

              ‘O limèd soul that, struggling to be free,

              Art more engaged !’

              « Ô mon âme tout engluée, en te débattant pour être libre, 

              Tu t’enfonces davantage ! » 

       La conscience collective – la noosphère que Teilhard de Chardin appelait de ses vœux –, la conscience globale, comme nous pourrions la nommer, manque furieusement alors qu’il n’y a pas un problème local qui puisse se résoudre localement : réchauffement climatique, répartition injuste des profits, migrations à grande échelle, etc. Les problèmes d’aujourd’hui sont comme l’air que nous respirons : il est partout, il est à tout le monde, et celui qui le pollue finit par l’inhaler tôt ou tard.

       Avec la conscience collective, il manque aussi la volonté collective. Chacun se planque derrière sa haie et veut ignorer les mauvaises herbes qui poussent chez son voisin. Morale de hérisson !

     

     

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  • Portfolio 

    Dormir

     

    Nous passons un bon tiers de notre vie à dormir. Longues heures où nous sommes innocents, vulnérables et inoffensifs. Le paradis promis ressemble à un perpétuel sommeil.

     

     

     

     

     

     

     

     

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