• Citations croisées

     

    Rosalind and Orlando,

    As You Like It

     

    L’amour n’est pas l’amour

     

                                       Love’s not love,

    When it is mingled with regards, that stand

    Aloof from the entire point.

     

                       L’amour n’est pas l’amour

    Si on l’associe à des considérations

    Étrangères à son objet.

     

    King Lear, I, 1, 242-244.

     

                                      Love is not love
    Which alters when it alteration finds,
    Or bends with the remover to remove.


     

                             L’amour n’est pas l’amour

    S’il en vient à changer devant le changement,

    Ou s’il cède dès qu’il se sent abandonné.

     

    Sonnet 116

     

    No, let me be obsequious in thy heart,
    And take thou my oblation, poor but free,
    Which is not mix’d with seconds, knows no art,
    But mutual render, only me for thee.

     

    Non, laisse-moi plutôt me soumettre à ton cœur,

    Et reçois mon offrande, elle est humble mais libre,

    N’est pas faite d’emprunts, ignore l’artifice, 

    Préfère le partage : moi pour toi et rien d’autre.

     

    Sonnet 125

     

     

     

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  • Mondialisation

     

     

    Depuis la fondation du monde

     

    « L’homme migre depuis qu’il est homme : homo sapiens sapiens s’est déplacé d’un kilomètre par an en moyenne tant qu’il a eu une terra incognita à l’horizon. »* Il n’est pas près de s’arrêter.

     

    * Jean-Marc Bourdin, Nous sommes tous des migrants,

    à lire sur le site L’Émissaire.

     

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  • Éducation 

     

     

    L’autorité

     

    « Les méthodes modernes d’éducation ont essayé de mettre en pratique cette absurdité qui consiste à traiter les enfants comme une minorité opprimée qui a besoin de se libérer. L’autorité a été abolie par les adultes et cela ne peut que signifier une chose : que les adultes refusent d’assumer la responsabilité du monde dans lequel ils ont placé les enfants. »

     

    Hannah Arendt, La crise de l’éducation

     

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  • Nos sources

    Jésus-Pasolini 

    Un homme de désir

     

    Dans les paroles et les actes de Jésus, je vois d’abord un homme un peu plus qu’un homme qui appelle, qui attire, qui provoque le désir. C’est un homme de désir. Il y a dans ses discours, et dans son comportement, un extraordinaire jeu de séduction. Il ne demandait à ceux qui voulaient devenir ses « disciplines » c’est comme cela que nous les appelons  qu’une seule chose : « Viens, et suis-moi. » Sa présence devait être formidablement « désirable ». Je suis sûr qu’il était beau.

       Il ne guérissait pas les malades « pour être gentil », il les guérissait quand il découvrait leur foi, c’est-à-dire leur désir d’être sauvés. « Ta foi t’a sauvé », annonce-t-il à chaque miracle, comme s’il n’était responsable de rien, sauf du désir qu’il a soulevé dans le malade croisé sur son chemin. La foi est donc synonyme de désir. Peut-être faudrait-il changer les vertus théologales et à la place de « la foi, l’espérance et la charité » dire « le désir, la confiance et l’amour ». Nous devrions interpréter le Sermon sur la montagne comme le faisait Françoise Dolto* : « Quel bonheur pour ceux qui sont en manque jusqu’au fond du cœur ! »

       La relation à Jésus n’est pas religieuse, il ne demande pas d’obéir à un ordre, à un dogme ou à une loi, il attend simplement que l’on devienne son ami. Les apôtres n’ont jamais dit autre chose. Rappelons-nous comment s’achève le dernier texte de la Bible chrétienne, l’Apocalypse de Jean (22, 20) : « Amen, viens, Seigneur Jésus ! » 

       À la philosophie du don de la compassion, de laltruisme, de l’apitoiement, de la générosité absolument universelle, et le plus souvent sacrificielle, il faut, je crois, substituer une intelligence du recevoir. Il ne s’agit pas d’une « philosophie » mais d’un comportement à adopter, d’une conduite à suivre, d’une morale au sens le plus esthétique qui soit.  

       Il me semble que Jésus, d’après ce qu’on en rapporte, avait une capacité incroyable à recevoir (incroyable est bien le mot). Il accueillait les moins que rien, les « sans dents », les prostituées, les pauvres et les enfants, indifféremment. De même s’attendait-il à être reçu. Il s’invitait partout comme un pique-assiette. 

       Autant dire que le refus de l’autre, l’exclusion, les discriminations sont des actes fondamentalement antichrétiens. Que l’on retrouve des telles attitudes de rejet violent dans des régions du monde préalablement christianisées est une régression affolante ! 

     

    Then give me welcome, next my heaven the best,
            Even to thy pure and most most loving breast.

     

    Fais-moi donc bon accueil, mon presque paradis,

    Reçois-moi sur ton cœur pur et tendre, si tendre.

     

    * L’Évangile au risque de la psychanalyse.

    ** Sonnet 110.

     

     

     

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  • Que sait la science ?

     

     

    Le point de vue d’Hamlet

     

    Hamlet. There are more things in heaven and earth, Horatio,

    Than are dreamt of in your philosophy. 

     

    HAMLET. – Il y a plus de choses au ciel et sur la terre, Horatio,

    Qu’on n’en peut rêver avec toute votre philosophie.

     

                                                    Acte I, scène 5, vers 168-169. 

     

    Il y a plus de choses au ciel et sur la terre, mes amis, qu’on n’en peut trouver au fond de vos éprouvettes, au cœur de vos ordinateurs, au bout de vos lorgnettes.

     

     

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