• Mémoire   

     

     

    Le départ à la guerre

    vu par Shakespeare

     

    À la perspective de la bataille imminente, les Volsques s’enthousiasment :

     

    1 Servant. Let me have war, say I ; it exceeds peace as far as day does night ; it’s spritely, waking, audible, and full of vent. Peace is a very apoplexy, lethargy ; mulled, deaf, sleepy, insensible ; a getter of more bastard children than war’s a destroyer of men.

     

    PREMIER SERVITEUR. Moi, j’ dis, faut la guerre ! Elle l’emporte sur la paix comme le jour sur la nuit. Elle est vive, revigorante, sonore et pleine d’événements. La paix, c’est l’apoplexie, c’est la léthargie : morne, sourde, endormie, insensible ; elle vous fait plus de bâtards que la guerre ne détruit d’hommes.

     

                                                                     Coriolan, acte IV, scène 5. 

     

     

     

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  • Mémoire

     

     

    Mise en perspective

     

    1er août 1914. Mobilisation générale pour la défense de la nation.

    17 novembre 2018. Mobilisation générale pour la défense de la bagnole.

     

    « Vous qui regardez tout de vos yeux toujours ouverts, votre lucidité ne se baigne-t-elle jamais de larmes ? »

                                                                         Michel Serres

     

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  • Spécisme, antispécisme 

     

     

    Faute d’empathie

     

    Les « antispécistes » veulent élever l’animal à la dignité humaine. Ils ont simplement oublié d’observer une chose : ils n’ont pas inclus « l’imitation » dans leurs calculs. Sans doute le mimétisme est-il encore une théorie largement ignorée, ou méprisée. Pourtant, que nous apprend-elle ? Que l’humanisation des petits d’homme passe par l’imitation, par l’empathie, par imprégnation humaine. Nous ne sommes pas humains « par nature ». Nous ne devenons humains que par « modélisation » sur d’autres humains.

       Nous savons cela depuis longtemps, au moins depuis le XVIIIe siècle et les recherches du docteur Itard et son « enfant sauvage », Victor de l’Aveyron. Passé la petite enfance, s’il a été privé de modèle humain, l’être promis à l’humanité n’y parvient pas complètement. Il reste « sauvage ». L’humain ne devient humain que par empathie, par décalque avec des humains, ses semblables, son prochain.

       Comment se fait-il que les animaux, nos « frères en dignité », ne parviennent jamais à nous imiter ? Probablement parce que leur mimétisme rudimentaire ne s’applique qu’à leur espèce. Les bonobos n’imitent que les bonobos – et ils les imitent à merveille ! En revanche, même après des millénaires de domestication, les vaches restent parfaitement réfractaires à nos comportements. Les mammifères ne nous copient pas spontanément. Il faut tout un dressage pour obtenir un petit résultat qui ressemble à quelque chose qui nous ressemble. Et leur imitation est souvent risible, comme au cirque. Les dresseurs les plus intègres n’essaient pas de faire de leurs compagnons des « singes savants ». Bartabas a l’honnêteté de laisser ses chevaux être des chevaux. Et c’est pour cela que ses spectacles sont si beaux.

       Nous savons, grâce à René Girard, que nous sommes façonnés par nos désirs, et ils sont surtout mimétiques. Quel animal a vraiment envie de nous imiter ?

     

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  • Shakespeare 

     

     

    De la beauté

     

         That thou art blam’d shall not be thy defect,

          For slander’s mark was ever yet the fair ;

          The ornament of beauty is suspect,

     

         A Crow that flies in heaven’s sweetest air.

     

         Les reproches qu’on fait ne sont pas de ta faute :

         On calomnie toujours les êtres les plus beaux.

         La beauté est suspecte et cela nous fascine,

         Comme un corbeau qui vole au milieu d’un ciel pur.

     

                                                                                        Sonnet 70, 1-4  

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  • Saint-Exupéry 

     

     

     

    « Celui que tu me montres, que m’importe donc ce qu’il sait ? Autant le dictionnaire. Mais ce qu’il est. » 

                                                                     Antoine de Saint-Exupéry, La Citadelle 

     

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