• Mimétisme

     

     

     

    Du bon usage de l’empathie

     

    Éthologie : Jeremy Rifkin* fait de l’épouillage et du toilettage des grands singes un signe d’empathie et un support de la communication. Il y voit même l’origine du langage humain. Quid du pique-bœuf à bec rouge, quid du « pou de la baleine » (crustacé qui vit sur le dos des cétacés), quid des « poissons nettoyeurs » que les requins tolèrent ? Quelle communication y a-t-il entre ces espèces ? Les parasites et les symbiotes manifestent la complémentarité des espèces au sein de la nature, mais leur « dialogue » doit être bien mince. En quoi le pique-bœuf se soucie-t-il du buffle qu’il picore ? Quel dialogue avons-nous nous-mêmes avec les bactéries qui « travaillent » dans notre intestin ? Les virus ont besoin des organismes pour survivre. Est-ce de l’entraide, de la solidarité, de l’altruisme ? Je me permets d’exprimer un petit doute.

       L’empathie, découverte récemment, alors qu’elle a toujours existé, est tellement à la mode qu’on la retrouve désormais partout. Et on la trouve partout parce qu’on la cherche partout. Cette nouvelle manie n’a rien à voir avec l’empathie, mais tout avec le mimétisme… Et en « bon » mimétique, il ne faut pas dire que c’est du mimétisme.

       Tant pis si je l’ai dit. « Pratiquer » l’empathie sans en connaître les fondements mimétiques n’est pas seulement insuffisant, c’est faux. J’ai essayé de le démontrer dans mon dernier essai**. L’éthologie observe que « l’entraide » entre espèces est un besoin vital. Nuance : chez les humains, les besoins (empathiques) sont largement bousculés par les désirs (mimétiques). L’anthropomorphisme exacerbé vis-à-vis des organismes vivants (animaux et plantes) est une forme d’aveuglement rassurant – puisque nous en revenons toujours, égoïstement, à nous-mêmes, à notre image : parce que « cela nous ressemble », nous pensons que c’est vrai.

       Cette vogue – vaguement compassionnelle – n’est pas sans rapport avec les progrès du doux sur le dur, comme dirait Michel Serres***. Et il faut s’en réjouir. Mais si nous en venons à réduire la morale à la seule recommandation qu’il « faut être gentil », nous n’irons pas très loin.

     

    * Jeremy Rifkin, Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Les Liens qui libèrent, 2011.

    ** L’alter de mon ego. L’Harmattan, 2017.

    *** Relire utilement Le Parasite de Michel Serres. Grasset, 1980.

     

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  • Paix sur le terre

     

     

     

     

    JO d’hiver 2018 à Pyeongchang. Un geste minuscule qui vaut bien plus que des déclarations tonitruantes. Une petite porte ouverte sur une humanité banale. Et si c’était vraiment banal…

     

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  • Shakespeare

     

     

     

    Shakespeare vu par Pablo Lobato

     

    Cliché

     

    Matthieu Garrigou-Lagrange, présentant sur France Culture son émission La Compagnie des auteurs consacrée à Shakespeare*, annonce d’emblée : « L’adjectif ‘‘shakespearien’’ renvoie d’abord à des scènes de cruauté, de torture, de viols, à des abus de pouvoir, à des drames familiaux, […] de jalousie et de vengeance. Explorer Shakespeare, c’est voyager dans les noirceurs de l’âme humaine. »

       D’où sort-il ça ? Il y a dans le théâtre de Shakespeare autant de bonheur, de lumière, de douceur, d’amour, de grâce… que de noirceur et de violence. Hélas, une fois pour toute, dans l’opinion commune, Shakespeare est un « auteur maudit ». Combien de conflits et de catastrophes humaines sont-ils qualifiés de « shakespeariens » ! Ainsi se fabrique une légende sombre… par ouï-dire. Or, Shakespeare ne détestait rien tant que la rumeur.

     

    * 29 janvier 2018.

     

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  • Portfolio 

    Effet miroir 

     « Je viens à la rencontre de mon image, et mon image vient à ma rencontre. » 

                                                                               Salomon

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Shakespeare

      

     

    Festival du Livre de Mennecy, 4 février. 

    Enzo, 8 ans, écoute attentivement la lecture d’un sonnet de Shakespeare. Un futur grand lecteur ?

     

     

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