• Éternel retour 

     

     

     

     Marat interprété par Antonin Artaud

    dans le Napoléon d'Abel Gance (1927)

     

     

    Justice assassine

     

    « On me conteste le titre de philanthrope, s’écrie Marat. Ah ! quelle injustice ! Qui ne voit que je veux couper un petit nombre de têtes pour en sauver un grand nombre ? »

     

                                                     Cité par Albert Camus dans L’Homme révolté.

     

    Caïphe, le grand prêtre au procès de Jésus, disait la même chose, dix-huit siècles auparavant : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure… » (saint Jean, 11, 50)

     

     

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  • Grandir 

     

     

     

    Être-vers

     

    « L’homme est celui qui porte en soi plus grand que lui », disait Antoine de Saint-Exupéry. L’éducation n’a d’autre fonction que d’être cette ouverture vers « plus grand que soi », elle n’a d’autre justification que de permettre cette transcendance.

       Cet « être-vers » qu’est l’enfant est l’idéal même de cet « être-plus » que nous aspirons tous à devenir, ou plutôt que nous rêvons d’advenir.

     

     

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  • Poésie

     

     

     

     

              « L’éphémère est la racine de l’éternel. »

     

                                   Marie-Lise Corneille, L’or du désir

     

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

     

     

     

    La violence joue faux

     

    Emilia. Cassio, my lord, has kill’d a young Venetian

    Call’d Roderigo.

    Othello.                Roderigo kill’d !

    And Cassio kill’d !

    Emilia.                   No, Cassio is not kill’d.

    Othello. Not Cassio kill’d ? Then murder’s out of tune, 

    And sweet revenge grows harsh.

     

    ÉMILIA. – Cassio, Monseigneur, a tué un jeune Vénitien

    Nommé Roderigo.

    OTHELLO. –            Roderigo tué ?

    Et Cassio tué ?

    ÉMILIA. –          Non, Cassio n’est pas tué.

    OTHELLO. – Cassio n’est pas tué ? Quel couac !  Le meurtre

    Et la vengeance ne sont plus en harmonie.

     

    Othello, act V, scene 2, lines 115-119.

     

     

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  • Victimisation 

     

     

     

    Si tu l’oses !

     

    Partons du postulat du Moi autonome. Ce Moi, par définition, doit être vierge, candide, imputrescible. Nous sommes modernes, nest-ce pas, et nous avons rejeté la notion absolument ridicule de « péché originel ». Sil y a du mal, il ne peut pas venir de Moi, individu singulier et pur, il vient du groupe, du nombre, du collectif, des autres, de « l’enfer ». L’être isolé est bon, la société est mauvaise, une fois pour toutes. Qu’advient-il dès lors qu’un individu commet une faute manifeste ? Eh bien, elle ne lui est pas imputable, puisqu’il est innocent, cela est arrêté d’avance. La faute n’est donc jamais commise, elle est subie. L’individu est nécessairement une victime du collectif, de l’ordre établi, de la morale ambiante, de son éducation et de son environnement. Même les gros poissons, les financiers véreux et les politiciens corrompus, pris la main dans le sac, ne manquent pas de dénoncer le lynchage médiatique dont ils sont l’objet ; ils se plaignent amèrement d’être pris pour des boucs émissaires (depuis quelques décennies, le terme fait florès). La présomption d’innocence a été dévoyée, les coupables de flagrants délits ont d’abord droit au statut de victime.

       Nous vivons une époque vraiment extraordinaire où les victimes se sentent si fortes qu’elles sont capables de provoquer leurs contemporains sans vergogne. Il en est ainsi du piéton ou du cycliste en situation dangereuse au milieu de la chaussée et qui fixent l’automobiliste dans les yeux pour lui signifier : tu es plus puissant que moi mais tu n’as aucun moyen de me faire céder le pas, c’est moi le faible, j’ai prééminence sur toi, j’ai gagné. Nietzsche doit en trembler de toutes ses cendres…

     

     

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