• État de la conscience

     

     

     

    « Faire payer les riches »

     

    Le slogan fait encore florès, mais est-il pertinent ? Les riches ne sont plus là. Le luxe est encore visible mais les fortunes sont ailleurs. Où est l’argent ? Il a disparu ! Il s’est envolé. La richesse s’est évadée… aux Îles Caïmans, à Singapour, à Monaco, à Luxembourg, ou en cryptomonnaie. Elle est littéralement insaisissable. De fait, l’argent ne circule plus. Il n’y a plus de circuit de l’argent, du boulanger au boucher, du boucher au coiffeur, du coiffeur au cordonnier, du cordonnier au boulanger. Tout le monde paie par carte et l’argent virtuel s’envole, pour de vrai, dans les paradis fiscaux sans « passer par la case départ ». Jouer au Monopoly aujourd’hui n’a aucun sens.

       Ce n’est pas rassurant. Comment redistribuer les richesses ? Les gouvernants, les « responsables » politiques, les élus en sont incapables. Les banques et les multinationales n’y sont pas disposées, et encore moins contraintes. C’est l’impasse. Toute loi locale, favorisant un peu de justice sociale ou financière, est vouée à l’inefficacité, ou pire, elle va à l’encontre de son propre objectif. En surtaxant ici, vous poussez l’argent à se réfugier là-bas. Les milliards de bénéfices d’Amazon dans un pays sont immédiatement perçus dans un autre. Commandez. Cliquez. Vous avez perdu !

       Évidemment, on peut rêver d’une gouvernance mondiale qui répondrait immédiatement au problème. L’argent taxé ici le serait aussi . Les protestataires, sincères et naïfs, qui veulent défendre leur souveraineté, ne défendent que du vent : il n’y a plus de souveraineté. Il n’y a plus que la propriété privée et elle est privée de tout contrôle, privée de droit de regard. Littéralement, les riches font exactement ce qu’ils veulent ! Les « souverainistes », sans le savoir, je l’espère, font partie du problème, pas de la solution. Ils ont peur des « États-Unis d’Europe » tandis que les requins de la finance fonctionnent depuis longtemps avec les « États-Unis du monde » et ont fait main basse sur tout ce qui vaut quelque chose. Même votre opinion vaut de l’argent. Vive la démocratie ! Mais les souverainistes n’ont rien vu. Je ne blâme pas plus les gros requins que le menu fretin, je suis seulement triste de l’inconscience du monde.

     

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  • Autonomie

     

     

     

    Art brut,

    art spontané,

    art des fous,

    art des enfants… 

     

    … ou délire.

     

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  • Shakespeare 

     

     

    La fin de Lear

     

         LEAR 

         And my poor fool is hanged. No, no, no life ?

         Why should a dog, a horse, a rat have life,

         And thou no breath at all ? Oh, thou'lt come no more,

         Never, never, never, never, never.  

         Pray you, undo this button. Thank you, sir.

         Do you see this ? Look on her. Look, her lips.

         Look there, look there. O, O, O, O.

         (dies)

     

         LEAR.

         Ma petite, l’innocente, pendue… Rien, rien, plus de vie ?

         Pourquoi un chien, un cheval, un rat vivraient-ils,

         Et toi, tu n’as plus le souffle ? Ah, tu ne reviendras plus,

         Jamais, jamais, jamais, jamais, jamais…

         S’il vous plaît, défaites-moi ce bouton. Merci, monsieur.

         Vous voyez çà ? Regardez-la. Regardez ses lèvres.

         Mais regardez ! Regardez ! Oh, oh, oh, oh…

         (il meurt) 

     

    King Lear, V, 3, 306-312.

     

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  • Plus loin 

     

     

     

    « Cela fait si mal d’être né pour adorer et de n’avoir rien à se mettre sous le cœur sinon de tristes idoles et des idéologies. »  

                                                                                Stan Rougier

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  • État de la conscience 

    Le consentement

     

    Faute de morale chrétienne, républicaine ou autre, faute de loi commune acceptée, bon gré mal gré, par tous, quel repère nous reste-t-il pour décider si ce que nous faisons est bon ou mauvais ? Il reste… le consentement, qui est devenu une règle juridique dans certains cas indécidables. Des pratiques sadomasochistes ? Rien à dire, si elles sont entre « adultes consentants ». Louer le ventre d’une Philippine pour permettre à une maman américaine d’avoir un enfant ? Rien à dire, si la Philippine est consentante (à quel prix est-elle exactement consentante ?). Des « rapports non protégés » ? Impeccable, si vous êtes consentant(e). Une petite expérience de pédophilie ? Demandez d’abord à la gamine si elle est consentante.

       Le consentement comme limite légitime tend à remplacer le droit commun dans une civilisation d’individus autonomes. Ce n’est pas à proprement parler un nouveau droit, c’est la démission des droits collectifs, ce qu’on appelait, autrefois, la loi !

     

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