• Citations croisées

     

     

     

    La beauté stérile

     

    Romeo. For beauty, starv’d with her severity,

    Cuts beauty off from all posterity. 

     

    ROMEO. – La beauté affamée par sa frugalité

    Ôte à la beauté toute postérité.

     

                                      Romeo and Juliet, I, 1, 224-225. 

     

    Thy unus’d beauty must be tomb’d with thee,
    Which usèd lives th’ executor to be.
     

     

    Ta beauté dédaignée te suivra dans la tombe,

    Quand un meilleur usage assoit ta succession.

     

                                                            Sonnet 4

     

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  • Enfance

     

     

    Un enfant pauvre

     

    « Comment faire comprendre qu’un enfant pauvre puisse avoir parfois honte sans jamais rien envier ? » 

                 Albert Camus, Le Premier homme.

     

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  • Méconnaissance

     

     

     

    La religion numérique

     

    L’idée que nos machines numériques, dites « intelligentes », soient plus fortes que les humains qui les ont fabriquées est une pure fiction, très proche d’une superstition.

       Quand Garry Kasparov a été « battu » aux échecs par Deep Blue le 11 mai 1997, à la sixième partie, en 19 coups, tous les médias du monde ont sottement célébré la victoire de la machine contre l’homme. Dorénavant, affirmaient-ils avec la certitude des catéchumènes récemment convertis, l’homme a perdu sa place prédominante dans l’organisation du monde. Le dieu machine l’avait emporté définitivement, et irréversiblement, sur le pauvre esprit humain. Et autres niaiseries.

       Rien n’était plus faux que cette affirmation. Ce n’est pas UN ordinateur qui a battu Garry Kasparov, mais des milliers d’ordinateurs. Et encore ! pas des ordinateurs tout seuls. Comme les algorithmes de nos machines dites « intelligentes », Deep Blue avait été programmée en rassemblant les données de milliards de parties précédentes jouées par des dizaines de milliers de joueurs d’échec – y compris Kasparov lui-même !

       Inversons le regard. Que Kasparov ait réussi, pendant un temps non négligeable, à tenir tête à la masse de joueurs ligués contre lui, est mieux qu’un exploit, c’est un miracle. Ce miracle révèle l’extraordinaire capacité de l’homme, d’un seul homme, son immense, son incommensurable supériorité sur la machine !

       Mais les crétins n’ont rien vu. Ou pire, ils n’ont rien voulu voir. Un nouveau Mammon s’était dressé devant eux et ils se sont prosternés comme des esclaves écervelés. Comme leurs ancêtres devant la foudre... il y a 200 000 ans. Bonjour le progrès !

     

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  • Revenir à Michel Serres 

     

    Qui suis-je ?

     

    « Qui suis-je ? L’inverse même de l’assurance ; une crainte qui tremble entre être et non-être ; bref, une conscience. » 

                     Michel Serres, Rameaux.

     

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  • Vers l’universel 

     

     

    In or out ?

     

    La marche vers l’universel est douloureuse. Les atermoiements des Britanniques sur le Brexit sont particulièrement instructifs. Voilà une nation à l’identité très forte – être British vous distingue à jamais du reste de l’humanité – qui doit choisir, à l’heure de la mondialisation forcée, si elle préfère conserver à tout prix son identité, et se couper du monde, ou avancer vers un inconnu qui brouille ses références. Doit-elle conserver ses « valeurs », aussi désuètes soient-elles – et Dieu sait si les valeurs britanniques sont désuètes –, ou se risquer à les confondre avec tous les hommes dans le bouillon culturel du XXIe siècle ? Caractéristiquement, les Britanniques rejettent en bloc l’Europe (dont leur territoire dépend économiquement), les émigrés (qui la font vivre au quotidien) et la globalisation (dont la City profite de façon scandaleuse).

       Refuser l’universel est aussi stupide que risible. Par certains côtés, les négociations perpétuellement reportées pour le Brexit sont un des traits les plus savoureux de l’humour britannique. Par d’autres côtés, le scénario est catastrophique, c’est une tragédie, au sens le plus classique : comment éviter l’inévitable ?

       Ironie de l’Histoire : les Britanniques ont largement contribué, par le rayonnement de leur puissance impériale, depuis le XIXe siècle, à agrandir et renforcer la mondialisation. Mais tel l’arroseur arrosé, ils refusent d’assumer les conséquences de leurs désirs passés. Ils croient en être les victimes, alors qu’ils en sont très largement les précurseurs ! Trop fiers, autrefois, que le soleil ne se couchât jamais sur leur Empire, ils grelotent aujourd’hui à l’idée de traverser la Manche...

       Comment un Lord de bonne lignée peut-il se sentir semblable en droit à un Papou de Nouvelle Guinée ? Par son éducation, par toute son histoire, il ne le peut pas. Hélas, pour lui, ils sont semblables.

       Avant de nous moquer, ou de nous apitoyer, sur ces pauvres Anglais, préparons-nous à passer par les mêmes dilemmes !

     

     

     

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