• Une seule planète 

     

    C’est qui qui pollue ?

     

    Un Français émet en moyenne 11,9 tonnes d’équivalent CO2 par an, soit environ 32,6 kilos de CO2 chaque jour. Si les presque 8 milliards d’habitants de la planète faisaient de même, nous serions déjà suffoqués, nous aurions sans doute disparu depuis un moment.

       Le « rêve de progrès », il n’y a encore pas si longtemps, c’était d’amener la consommation (et le confort) de tous les humains aux normes des pays développés. C’était l’excuse des riches. Ils n’ont plus d’excuse. Nous voyons bien que le « progrès » infini est impossible. Cela ne se fera jamais. Les pauvres n’atteindront pas nos records de pollution. Les riches vont devoir sérieusement mettre un frein à leur folie consumériste si nous voulons tenir tous ensemble.

       Voici quelques suggestions. Une limitation drastique des moyens électroniques que nous utilisons : pas plus de trois textos par jour, par exemple ils prendraient d’un seul coup une importance insoupçonnable ! Les grandes villes sans voiture et desservies par une myriade de transports en commun. Des commerces à proximité et non plus aux périphéries. Des appareils qui ne tombent plus en panne au bout de trois ans. Quoi ? Vous avez le même appareil photo qu’il y a trente ans ? Et alors ? Le minimum d’emballage. Quand j’étais petit, j’allais chercher le lait de la famille dans un pot à lait. C’était facile et personne n’en est mort.

       Au fond, les solutions sont simples puisqu’elles consistent à accepter la simplicité. Mais qui osera les imposer ? Il ne se trouvera jamais un seul homme politique assez audacieux pour présenter un programme de restrictions consenties. Dommage. Les « solutions » s’imposeront donc d’elles-mêmes... et dans la douleur.

     

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  • Nouvelle donne

     

    JAMAIS SANS MON PÉRE 

     

    Tout conspire à ce que le père n’existe pas. Traditionnellement, le seul parent authentique d’un enfant, le « vrai » parent biologique, c’était sa mère. La nature, les coutumes, le code Napoléon, tout pousse à faire du père un pourvoyeur de biens matériels et rien d’autre, à limiter son image parentale, et à renforcer, comme par compensation, son rôle social. Le père est extérieur à la famille, tandis que la mère enfante, élève, accompagne l’enfant jusqu’à sa maturité, quand ce n’est pas au-delà. Elle est la gardienne du foyer, même quand elle n’est pas strictement femme au foyer.

       Les pères d’après 68 ont été amenés à être le moins père possible. En dissociant la sexualité de la procréation, les femmes se sont libérées, et les hommes ont joyeusement perdu leur contrôle sur la famille. La génétique, la contraception, l’avortement (légalement choisi sans le choix du géniteur) ne semblent concerner que la femme pour lui donner un pouvoir exclusif et absolu sur la procréation. On « peut » aujourd’hui faire un enfant sans père, grâce à un donneur de sperme anonyme, ou tout simplement en ne reconnaissant que la mère puisque sa parole suffit pour que le procréateur ne soit pas reconnu. En cas de divorce, il faut que la mère ait été bien coupable pour que les juges (généralement des femmes dans ces affaires délicates) confient la garde des enfants au seul père (12% des cas).

       Parallèlement à la démission des pères, peut-être comme conséquence de cette désertion, les enfants ont évolué vers un statut de plus en plus autosuffisant, auto-référent, hors père, pour ainsi dire. Jean-Claude Guillebaud parle d’« individu désaffilié ». L’enfant porte encore le nom de son père, par habitude sans doute, mais il n’y est même plus obligé par la loi. Si vous perdez le nom de votre père, que vous reste-t-il de lui, surtout quand vous l’avez si peu connu ? Pour un garçon qui, nécessairement, ne s’identifie pas à sa mère, que reste-t-il d’autre que le lien patronymique ?

       Si le résultat d’un tel ordre des choses était au moins utile, c’est-à-dire bénéfique aux enfants, il n’y aurait que demi-mal. Les enfants de divorcés ou de couples aléatoires sont plus d’un sur trois en Europe, un sur deux en Amérique, la quasi-totalité des enfants, dans les milieux noirs et pauvres des États-Unis, sont sans père du tout. Ces enfants délaissés par leur géniteur sont les victimes favorites de la délinquance et de la drogue. Le fait est patent mais, à l’exception notable des pays scandinaves et en dépit de quelques timides avancées en France, aucun législateur n’a pensé à renforcer les droits des pères pour sauver les fils et les filles. Curieuse amnésie... Les enfants sans père ou si peu de père se socialisent sauvagement, tribalement, dans la rue.

       Jusqu’à une période récente, les faibles tentatives de « retour du père » se sont avérées plutôt désastreuses. Le test ADN, qui permet infailliblement de retrouver la trace du père biologique, n’a d’autre but, le plus souvent, que de l’amener à régler une pension à la « famille abandonnée ». Puisqu’on ne peut pas obliger un homme à aimer un enfant, même le sien, on a pris le parti de le rattraper par l’argent. On pardonnera au père déserteur pourvu qu’il paie ! On est allé jusqu’à exhumer quelques cadavres célèbres pour vérifier s’ils ne pouvaient pas encore rapporter quelque chose (Yves Montand).

       Le Père Prodigue, tel que nous l’avons connu au XXème siècle, est un mythe inversé, ou plus exactement l’inversion d’un mythe ― tandis que le « discours » habituel en est encore à la dénonciation du machiste et de la domination des mâles ! Que signifie cette désaffection du Patriarche vis-à-vis de sa descendance ? Elle s’intègre dans la philosophie du « No Future » propre à notre civilisation en panne de désir.

       Pourtant, nous pouvons observer une lente mais irrésistible tendance au « retour du père ». Cela peut prendre deux formes.

       La première est celle du père « doux ». On peut observer cette évolution dans les nouvelles générations, sans rupture brutale, sans cassure qui provoquerait des réactions et des rejets, dans le changement pacifique des mentalités qui montre de plus en plus d’hommes (dans les médias, dans la rue) en position de paternité affective, jamais ridicule. On accepte de mieux en mieux aujourd’hui, semble-t-il, un père qui n’exerce pas une autorité aveugle, un père qui cajole, qui marque sa présence par son corps.

       Le deuxième « retour » du père prend sa source, et trouve sa raison d’être, dans le besoin des enfants. « Le temps des copains », si distrayant pour le père, ne fait pas l’affaire des enfants. Le père est littéralement remis à sa place. Ce sont les fils et les filles qui font les pères et non l’inverse. « Tu seras un Homme, mon Père » pourrait être le nouveau slogan.

       Ce retour du père ressemble à une initiation à rebours ― que l’Homme Moderne doit subir pour reconquérir ses droits. Voyez le combat désespéré des pères divorcés pour retrouver leur place auprès de leurs enfants égarés. On avait chassé le Père comme un voleur, il revient comme un coupable. 

       Faut-il vraiment passer par cette épreuve pour remettre un peu d’ordre dans l’amour ou un peu damour dans lordre ?  

     

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  • Shakespeare / Saint Augustin

     

     

    La flatterie

     

         « Par raffinement de la vanité, on se fait souvent une gloire de mépriser la vaine gloire. »

                                                                      Les Confessions, X, xxxviii, 63. 

       Même faiblesse que Jules César :

     

    Decius. When I tell him [Caesar], he hates flatterers,

    He says, he does, being then most flattered.

     

    DECIUS. – Quand je lui dis qu’il déteste les flatteurs,

    Il répond que oui, et c’est ce qui le flatte le plus.

     

                                                        Jules César, II, 1, 207-208.

     

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  • Menace sur l’homme humain 

     

    Oh, le joli robot ! 

     

    L’homme mécanisé

     

    Bien naïf qui croit que la technologie va nous transformer en « hommes augmentés ». Les « scientifiques » avaient juré que les machines allaient venir au secours des humains, leur faciliter les tâches, les soulager de l’esclavage du travail, et autre utopie. Bien sûr, nous n’allons pas revenir aux travaux des champs « à la main », qui occupaient encore, en France, 80 % de la population il y a seulement un siècle, mais jusqu’où sommes-nous allés dans « la mécanisation du monde » ? Elle s’est accélérée depuis le XIXe siècle, elle arrive en fin de course.

       De même que nous payons par une pollution suffocante les excès de notre consommation d’énergie, de même les machines commencent à se retourner contre leurs concepteurs. Tout se détraque.  Nous passons des heures à « renseigner » des machines, à obéir à leurs algorithmes ; pour leur « permettre » de marcher, nous perdons beaucoup d’énergie et de patience à suivre leurs règles. Commander un simple café à un distributeur automatique consiste désormais à répondre à un long questionnaire aux interrogations binaires sans raccourci possible. Vous ne pouvez passer à la question suivante que si vous avez correctement répondu à la précédente... Tout ça pour un café !

        Si par malheur, vous avez mal suivi le « process » imposé, la machine, sans nuance, se bloque et c’est à vous de tout recommencer ! La voiture autonome qui « n’en fait qu’à sa tête », dans la comédie de Denis Podalydès, Les 2 Alfred (2020), ressemble à la grosse machine qui avalait Charlie Chaplin dans Les Temps modernes (1936), ou à la porte de garage désobéissante de Mon Oncle de Jacques Tati (1958). Nous en avons souri. Combien de temps encore continuerons-nous d’en sourire ?

     

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  •  

    Poésie

       

     

     

         Surprise

     

    C’est arrivé

    Comme un bisou dans le cou

    Comme une caresse furtive

    Comme un câlin d’enfant

    Comme une douceur qui fond en bouche

    Comme une bouffée d’oxygène

    Comme l’eau qui ruisselle

    C’est arrivé avec une botte de renoncules

    Avec une délicate attention

    Un mini pot de fitonia qui s’épanouit

    Avec une autocongratulation

    Une maranta comme clin d’œil

    Des amis aperçus

    Un havre de feuilles et fleurs

    Que je transporte dans ma mémoire

    Que je fais revivre avec un sourire

    J’ai dû me délester sans le savoir

    C’est arrivé en silence

    Comme une douce chaleur

    Sur la pointe des pieds

    C’est arrivé une joie profonde…

     

    By DaKrovy le 13/04/2021 (Tous droits réservés)

     

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