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          Bonjour et bienvenue. Pourquoi ce blog ?

          Simplement pour se frotter aux meilleures

       intelligences :

          * celle de Shakespeare,

          * celle de René Girard et de ses héritiers,

          * celle des poètes et des enfants

          * les voix de la mémoire,

          * et celles venues d’ailleurs.

          Je vous souhaite une bonne visite.

     

     

     

     

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  • Citations

     

     

     

    « Il est interdit de copier ! »

     

    L’ordre est catégorique et n’appelle pas de réplique. À l’école, c’est sans doute la faute la plus grave qu’un élève puisse commettre. C’est une cause d’élimination à un examen. On ne rigole pas avec la tricherie. Or, qu’est-ce qu’apprendre sinon recopier ce qui a déjà été énoncé, démontré, et estampillé comme authentique ? On ne demande pas aux élèves de redécouvrir le théorème de Pythagore tous les matins ! Mais dans un contrôle, copier est strictement prohibé et il ne faut pas se faire prendre. On peut citer les bons auteurs, certes, mais comme s’ils avaient justement formulé leurs belles phrases pour illustrer notre propos. C’est décourageant. Surtout si l’on veut « être soi-même » !

       D’abord, personne n’est elle-même sans être constituée de milliards de petits emprunts. C’est le mélange qui est original, pas les ingrédients. Le génie est celui qui a le mieux copié ses Pères pour donner un bon fruit.

       Dans mes cours, j’encourageais la copie, j’en faisais même des exercices : ce que j’appelais un hijacking, ou « détournement de texte ». À partir d’un texte court, j’invitais l’élève à changer le plus grand nombre de mots en gardant le plus grand nombre de structures du texte-source. L’essai produit était en parfait anglais et il était, en même temps, d’une originalité totale, et parfois d’une singularité troublante. La « copie » était méconnaissable.

       Après tout, je partage le même ADN avec des milliards d’autres humains, et pourtant, il n’est pas question de me confondre avec aucun. Le mélange est réussi si je ne me confonds à personne.

       La morale de cette petite leçon, c’est qu’il est seulement interdit de copier et de se faire prendre.

     

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  • Shakespeare 

    Inoubliable Tempête.

     

    Hommage à Peter Brook

     

    Il est bien possible que sans Peter Brook, je n’aurais jamais compris Shakespeare.  Les émotions uniques que m’ont procurées ses mises en scène aux Bouffes du Nord, ses écrits aussi, et ses interviews que j’ai entendues et réentendues sur Internet, ses dialogues avec Jean-Claude Carrière, m’ont guidé, patiemment, tranquillement, à l’image de l’homme qu’il était. De Shakespeare (entre autres) il a retiré tout le superflu tandis que les autres metteurs en scène croient nécessaire d’en rajouter... pour faire les malins ! Ramenée à l’essentiel, sous sa direction timide, la parole de Shakespeare devenait brûlante, incandescente, lumineuse. Toute l’émotion de Shakespeare était rendue avec une intelligence unique.

       Peter Brook est parti retrouver son auteur préféré. J’imagine leur dialogue désormais éternel et j’en éprouve une immense joie.

     

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  • Shakespeare

     

    Shakespeare hors de lui

     

    Toutes les théories qui cherchent à expliquer l’œuvre de Shakespeare, et notamment ses Sonnets, au moyen de la psychanalyse, de la numérologie, de la perspective historique, de la mythologie et autres investigations vaguement occultes sont vouées à ne jamais aboutir. Les Sonnets sont déjà assez difficiles comme ils sont, inutile de leur ajouter un crypto-codage qui embrouille tout. On peut considérer comme négligeables tous les sous-entendus et jeux de mots érotiques qui trufferaient, dit-on, le recueil, transformant celui-ci en un petit ouvrage licencieux pour initiés et Shakespeare en un libertin vaguement obsédé sexuel. Tout ce charabia n’ajoute rien au génie du maître. Il s’en serait sûrement moqué. Enfin, on ne doit pas chercher à expliquer les Sonnets à partir de ce que les autres poètes de l’époque ont pu produire et ils étaient prolifiques ! Ce ne sont pas les contemporains de Shakespeare qui peuvent nous guider vers une meilleure compréhension de Shakespeare, pour la raison que celui-ci cherchait à ne pas les imiter. En relisant les sonnets 21, 76, 78 et 85, on voit à quel point Shakespeare voulait prendre ses distances avec son époque, et combien il était conscient de la singularité de sa production, de sa manière, de son art. Les Sonnets ne s’expliquent donc pas à partir de l’époque où a vécu Shakespeare, ni à partir de son environnement social, de ses fréquentions (dont nous ignorons tout), de ses lectures (dont nous n’avons pas la moindre idée, ou si peu). Shakespeare n’est pas le produit de son temps. Il est très exactement hors de son temps, à part, éternellement contemporain. C’est une entreprise sans espoir d’aller chercher chez ses pairs des sources pour son inspiration. Ce qui fait sans doute l’originalité absolue des Sonnets c’est justement qu’ils n’ont d’autre source que Shakespeare lui-même. Et les spéculations habituelles sur W.H., sur la dame sombre, et le reste, y compris les miennes, pèsent de peu de poids par rapport à la parole de Shakespeare qui supplie du début à la fin de l’ouvrage qu’on le croie sur parole.

     

    O let me true in love but truly write,
    And then believe me.

     

    Mon amour est sincère et j’écris comme j’aime,

    Alors, croyez-moi !

     

    Sonnet 21

     

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  • Mimétisme aggravé

     

     

     

    Au suivant

     

    Cette chanson de Jacques Brel est une illustration magnifiquement dramatisée de la théorie mimétique. En faisant défiler tous les humains à la queue leu leu, dans une armée d’opérette, le chanteur nous dessine une humanité réduite à rien par l’imitation, chaque être étant la copie de son voisin, répétitivement. C’est Le Meilleur des mondes, version apocalyptique. La crise va s’accélérant tout au long du « récit » dans un tourbillon vibrionnant d’indifférenciation, jusqu’au délire.

       Jacques Brel a tout compris à la crise mimétique mais il ne sait pas en sortir. Il choisit la solitude, l’isolement, et succombe à sa fièvre de liberté, jusqu’à vouloir ressembler à un cul-de-jatte ou à un pendu. On peut dire que sa « sortie de crise » est sacrificielle. Et malgré le panache et la verve de l’expression, nous restons dans le mensonge romantique et n’atteignons jamais la vérité romanesque.

     

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