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    Bienvenue.

     

    Pourquoi ce blog ?

    Simplement pour se frotter aux meilleures intelligences :

    * celle de Shakespeare,

    * celle de René Girard et de ses héritiers,

    * celle des poètes et des enfants,

    * toutes celles venues d’ailleurs. 

     

    Voyez la table des matières.

     

    Retrouvez-moi aussi sur YouTube en copiant ce lien :

    https://www.youtube.com/watch?v=2VbAe16NilI 

     

    Je vous souhaite une bonne visite. 

     

    ¥ ¥ ¥ 

     

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  • Citation 

     

     

    Miracle

     

    « Toute notre existence repose, après tout, pour ainsi dire sur une chaîne de miracles, la naissance de la terre, le développement de la vie organique à sa surface, l’évolution du genre humain. » 

    Hannah Arendt, La crise de la culture. 

     

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  • Illusion et modernité

     

     

    Mobilité (bis)

     

    L’apparition et l’extension du téléphone portable, appelé aussi « mobile », n’a pas élargi le champ d’action des citoyens, loin de là. Les porteurs de messagerie universelle ne sont pas devenus les nomades dont Jacques Attali rêvait il y a vingt ans. À l’inverse, si on veut bien y réfléchir, le territoire des accros du téléphone s’est plutôt rétréci. Ils transportent leur territoire avec eux et n’en explorent que de virtuels. Ils ne vont pas au monde, ils attendent que le monde entre dans leur petite boîte. L’illusion de l’évasion vient de la fascination pour l’image, qui incite à la rêverie. Je devrais dire « les images » : elles sont multiples, instables, éphémères, fugaces, répétitives, obsédantes, exogènes, étrangères, mais elles ne sortent jamais de l’écran. Un rêveur n’est pas un voyageur. Les téléphonistes, même quand ils marchent téléphone en main, ne quittent pas leur environnement. En réalité, ils font du surplace. Pourquoi rester le nez collé sur son portable quand, dans le métro, on est assis devant une fille magnifique ? De toute façon, elle non plus ne vous regarde pas, elle fixe son écran personnel. Chacun dans sa bulle, donc, et paix sur la terre pour les hommes sans volonté.

     

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  • Shakespeare 

     

     Troïlus et Cressida au Globe

     

    Désir captif

     

    Tro. This is the monstruosity in love, lady, – that the will is infinite, and the execution confined ; that the desire is boundless, and the act the slave to limit.

     

    TROÏLUS. – Telle est la monstruosité de l’amour, madame : l’attente est infinie et l’exécution circonscrite ; le désir est sans bornes et l’acte est l’esclave de sa propre limite.

     

                                                       Troïlus et Cressida, III, 2, 80 et s.

     

    La description du désir est encore plus dramatique dans le sonnet 129 :

     

    Enjoy’d no sooner but despisèd straight ;

    Past reason hunted, and no sooner had,

    Past reason hated as a swallowed bait

    On purpose laid to make the taker mad.
     

    Dès le plaisir atteint, déjà on le méprise ;

    Comme un fou, on le traque ; aussitôt qu’on le tient,

    On le hait comme un fou ; on a gobé l’appât

    Qui était posé là pour rendre l’homme fou.

     

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  • Éducation

     

     

    Dans la classe

     

    Une salle de classe est un objet très fermé, un espace clos, pas tout à fait une prison, mais quand même, nous y sommes en détention provisoire. Le sentiment de claustration est très profond. Les élèves attendent la sonnerie comme une libération. Leurs échappatoires sont les fenêtres, parfois opaques, qui donnent, de toute façon, sur le bâtiment d’en face. Comme des condamnés écrivent sur les murs, les enfants rêvent du monde extérieur en griffonnant des messages sur les tables. Les appels y sont désespérés, les revendications véhémentes. 

        De quoi parle-t-on ouvertement dans la classe ? Du monde inaccessible, hors de portée. Le monde réel est ailleurs, objet d’étude sans support. Nous appliquons toute notre énergie à une réalité virtuelle, une théorie de monde, un fantasme d’existence. La vie est loin, très loin de l’école. La classe est vide, très vide.

        S’il y a pourtant une réalité indéniable dans la classe, c’est celle de la présence de l’enseigneur et de ses élèves. Moi et eux, ensemble, nous vivons. Moi avec mon histoire, mon âge, mon expérience, mes espérances et mes désenchantements. Eux avec leur santé, leur vitalité, leurs besoins et leurs illusions. Moi avec mes idées et mes projets. Eux avec leurs attentes confuses, leur enthousiasme déroutant, ou hélas leur lassitude, déjà. Tous ensemble avec nos corps et nos impatiences. Une classe, c’est d’abord un espace dans lequel nous respirons ensemble. Ouvrez la fenêtre, l’oxygène se fait rare. De notre ineffable désir de se sentir vivre pour l’autre, par l’autre, dans l’autre, nous retenons les élans. Toute transgression de cet interdit déchaîne des manifestations intempestives (rires, applaudissements, pleurs plus rarement) qui sont aussitôt réprimées pour reprendre le cours « normal » de la classe, un cours qui ne semble avancer vers aucune embouchure, comme une eau immobile, un fleuve pris par les glaces. Méfiez-vous de la débâcle.

     

    Extraits de mon essai, Le Maître des désirs.

     

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