• Enfance 

     

     

    Il y a toujours en nous « un désir instinctif de regagner l’abri des vieilles habitudes ». (Albert Camus, Carnets, 1936) C’est aussi pourquoi l’enfance est merveilleuse.

     

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  • Shakespeare 

     

    Le mimétisme absolu dans la violence absolue 

     

    Donalbain.                     The near’ in blood,

    The nearer blooby.

     

    DONALBAIN. –             Plus près par le sang,

    Plus près de faire couler le sang.

     

                                        Macbeth, II, 3, 142-143.

     

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  • Éducation 

     

    La théorie de l’attachement  3/3  

    En panne d’attachement

     

    Selon John Bowlby, l’attachement connaît une certaine évolution au fil des âges. En fait, c’est un processus qui n’arrête jamais.

       À l’adolescence par exemple, ce sont souvent les pairs qui servent de modèles. C’est l’âge des amitiés éternelles. Tout au long de la vie, le phénomène se prolonge, avec des évolutions heureuses (choix de modèles de vie, admiration pour des « maîtres à penser ») ou catastrophiques (pouvoir des gourous, des tyrans qui transforment l’attachement en aliénation aveugle).

       John Bowlby estime qu’après 36 mois, l’enfant est capable d’accepter l’autonomie de la figure d’attachement, l’enfant se différencie, il devient plus autonome lui-même. Mais de quelle autonomie parle-t-on ? Notre culture selfique du « Moi-je d’abord » est souvent une entrave dramatique à l’empathie (qui, de fait, n’est pas si naturelle que ça). La fausse autonomie des selfiques est un enferment dans une bulle, leur bulle, quelque chose qui ressemble à un retour à l’utérus. Il n’y a pas développement mais régression.

       Notre culture selfique est fortement liée à l’obsession de l’autonomie du sujet. Plus l’enfant est rapidement autonome, donc détaché, mieux cela paraît aux yeux des adultes. Cet effacement des adultes peut être une rupture trop brutale, sans substitution affective réelle. « Va jouer dans ta chambre ! », dit-on à l’enfant, mais il n’a pas de « frère de case ». L’enfant « moderne » passe plus de temps avec sa tablette que dans les bras de ses parents. Il est proprement « largué », en panne d’attachement. Et l’on s’étonne ensuite d’avoir affaire à des électrons libres, des gosses instables, des agités (qu’on appelle pudiquement des « hyperactifs »). L’enfant insupportable est un enfant en manque d’attachement sécure. « Pourtant, on lui achète tout ce qu’il désire ! » soupire ses géniteurs. Il y a surdose de doudous. Plus l’enfant s’agite, plus il demande une figure adulte auprès de lui, mais évidemment celui-ci n’est pas près de se rapprocher d’un gosse violent ! Il est dramatique que la demande d’attachement se manifeste chez ces enfants par des comportements de rupture... quelquefois violents. Mais leur a-t-on jamais appris à s’exprimer autrement ? Un enfant agressif est, en fait, un enfant qui réclame qu’on l’aime. Hélas, l’expression de sa demande est pire que paradoxale, elle est toxique. Il ne s’isole pas dans sa « désobéissance », il casse seulement son environnement. C’est la politique de Gribouille.

       À noter, là aussi, que la crise d’adolescence est un phénomène très occidental. Elle est rare en Afrique. Encore qu’avec l’occidentalisation des comportements, elle apparaisse à présent, dans les milieux urbains. Traditionnellement, l’initiation des ados en Afrique avaient pour fonction de faire passer l’enfant au statut d’adulte. Les rites en soi n’avaient aucune spécificité, il suffisait d’avoir passé les tests pour être admis dans la caste supérieure. Un peu comme le baccalauréat chez nous, strictement symbolique.

     

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  • Poésie 

    Toine de Guy de Maupassant.

     

    LES FEMMES ET LE SECRET

    Jean de La Fontaine 

                   Rien ne pèse tant qu’un secret ;
          Le porter loin est difficile aux Dames :
                   Et je sais même sur ce fait
                   Bon nombre d’hommes qui sont femmes.
    Pour éprouver la sienne un Mari s’écria
    La nuit étant près d’elle : Ô Dieux ! qu’est-ce cela ?
                   Je n’en puis plus ; on me déchire ;
    Quoi  ! j’accouche d’un œuf ! D’un œuf ? Oui, le voilà
    Frais et nouveau pondu. Gardez bien de le dire :
    On m’appellerait Poule. Enfin n’en parlez pas.
                   La femme neuve sur ce cas,
                   Ainsi que sur mainte autre affaire,
    Crut la chose, et promit ses grands dieux de se taire.
                   Mais ce serment s’évanouit
                
       Avec les ombres de la nuit.
                   L’Épouse indiscrète et peu fine,
    Sort du lit quand le jour fut à peine levé :
                   Et de courir chez sa voisine.
    Ma commère, dit-elle, un cas est arrivé :
    N’en dites rien surtout, car vous me feriez battre.
    Mon mari vient de pondre un œuf gros comme quatre.
                   Au nom de Dieu gardez-vous bien
                   D’aller publier ce mystère.
    Vous moquez-vous ? dit l’autre : Ah ! vous ne savez guère
          Quelle je suis. Allez, ne craignez rien.
    La femme du pondeur s’en retourne chez elle.
    L’autre grille déjà de conter la nouvelle :
    Elle va la répandre en plus de dix endroits.
                   Au lieu d’un œuf elle en dit trois.
    Ce n’est pas encore tout, car une autre commère
    En dit quatre, et raconte à l’oreille le fait,
                   Précaution peu nécessaire,
                   Car ce n’était plus un secret.
    Comme le nombre d’œufs, grâce à la renommée,
                   De bouche en bouche allait croissant,
                   Avant la fin de la journée
                   Ils se montaient à plus d’un cent.

     

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  • L’Homme-espèce

     

     

    Nomades

     

    Si nos ancêtres, il y a 200.000 ans, étaient restés dans leur niche écologique en Afrique, ils auraient disparu depuis longtemps, probablement par consanguinité. L’espèce humaine a cette caractéristique première d’être nomade. C’est la raison de sa survie. Empêcher les humains de se déplacer par des frontières, par des murailles, par des passeports, par du racisme est proprement inhumain. Toutes les formes d’ostracisme sont barbares.

     

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