• Shakespeare 

     

     

     

    Le fléau de la balance

     

    La défense de Shylock désamorce toute forme de miséricorde. Il répond au mimétisme par un autre mimétisme. Devant le Tribunal qui l’accuse, il ne veut pas se justifier :

     

    Shy.                      Now, for your answer.

    As there is no firm reason to be render’d,

    Why he […] but of force

    Must yield to such inevitable shame,

    As to offend himself, being offended ;

    So can I give no reason, nor I will not,

    More than a lodg’d hate, and a certain loathing,

    I bear Antonio, that I follow thus

    A losing suit against him.

     

    SHYLOCK. –                  Voici pour vous répondre :

    De même qu’il y a aucune raison sérieuse

    Qui [...] obligerait

    À céder à cette inévitable humiliation

    Qui consiste à se faire du mal après qu’on vous a fait du mal,

    De même je ne peux ni ne veux donner aucune raison

    Autre qu’une haine indéfectible, et un mépris définitif

    Envers Antonio, et qui me le font poursuivre

    En justice, et à fonds perdu.

     

                                The Merchant of Venice, act IV, scene 1, lines 51-61.

     

    Face au Doge, Shylock se cramponne à la loi :

     

    Duke. How shalt thou hope for mercy, rendering none ?

    Shy. What judgement shall I dread, doing no wrong ?

     

    LE DOGE. – Quelle miséricorde espères-tu si tu n’en manifestes aucune ?

    SHYLOCK. – Quel jugement devrais-je redouter si je ne fais aucun mal ?

     

                                                     Act IV, sc. 1, l.88-89.

     

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  • Poète

     

     

     

    L’accoutumance

     

    Lors de l’attribution du prix Nobel de littérature en 1960, Saint-John Perse déclara : « L’inertie seule est menaçante. Poète est celui-là qui rompt pour nous avec l’accoutumance. » 

     

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  • Victimisation

     

     

     

     

    Phobies

     

    La nouvelle parade des coupables pris en faute, c’est de traiter leurs adversaires de « phobiques ». La mode existe depuis longtemps qui consiste à se « défendre » en se faisant passer pour une victime. S’il n’y a aucun fondement à votre victimisation, vous pouvez toujours protester que vous êtes victime d’acharnement médiatique… La moindre accusation, le moindre soupçon font de vous une victime. Les prisons sont pleines de victimes, ne le saviez-vous pas ?

        Le « complexe de victimisation » est rarement exprimé de façon explicite. Pour cacher le mauvais argument, il faut un vocabulaire qui embrouille bien la chose. Le moyen le plus commode est l’emploi du suffixe phobie. Le gouvernement russe n’est pas net-net dans ses rapports avec le monde, on l’accuse d’ingérence plus ou moins occulte, il s’insurge contre la russophobie dont il est victime. Pauvre Poutine, il est bien à plaindre ! De même pour l’islamophobie. Pourquoi pas la richophobie ? C’est vrai, ça, les riches ne sont pas suffisamment aimés !

       S’agissant de l’homophobie, la notion était (est encore) pertinente. En quoi un homosexuel empêche-t-il un hétérosexuel de satisfaire ses désirs propres ? En rien. La haine des homosexuels est parfaitement inepte. Par symétrie – délicieusement mimétique – on risque de me taxer… d’hétérophobie.

       Assimiler les « phobies » à une forme de victimisation injuste est injuste. Tricher avec les mots est une stratégie grossière qui risque toujours de se retourner contre vous : phobie contre phobie, on finit toujours par être « stigmatisé ».

     

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  • Shakespeare

     

     

     Hal

     

    The Making of William Shakespeare

     

    Pièce très personnelle, Henry V, écrite en 1598, est bien de la main de Shakespeare. Le doute n’est pas permis. Il s’offre, dès la première scène, une petite allusion autobiographique assez savoureuse.

     

    Cant. Which is a wonder, how his grace should glean it,

    Since his addiction was to courses vain ;

    His companies unletter’d, rude, and shallow,

    His hours filled up with riots, banquets, sports ;

    And never noted in him any study,

    Any retirement, any sequestration

    From open haunts and popularity.

     

    CANTORBERY. – C’est à se demander comment sa Majesté a pu glaner tout ça,

    Alors qu’il s’adonnait à des occupations vaines ;

    Il fréquentait des illettrés, des rustauds, des niais,

    Ses heures étaient pleines de disputes, de ripailles et de divertissements ;

    On ne l’a jamais vu se consacrer à l’étude,

    À la réflexion, à la solitude,

    Loin de la cohue et de la foule.

     

                                                 Henry V, act I, sc. 1,  l. 53-59.

     

       En décrivant un « autodidacte » typique, le Prince Hal devenu Henry V, à qui Shakespeare pense-t-il sinon à lui-même ? Que ne lui a-t-on reproché son manque d’études ! En a-t-il souffert ? Sans doute au début de sa carrière londonienne. La critique de son « inculture », déjà lourde à son époque et qui dure quatre siècles après lui, a dû lui peser terriblement. Est-ce pour cela qu’il cite les mythologies pour un oui pour un non, jusque dans la bouche des manants comme Pistol ?  Il devait faire ses preuves. Il les a d’ailleurs faites amplement. Dans le personnage du roi Henry il a mis beaucoup de lui-même.

     

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  • Violence médiatique

     

     

     

     

    Appauvrissement cérébral

     

    « Des études menées au cours des dix dernières années révèlent une tendance alarmante chez les jeunes qui grandissent en face de l’écran. Leur vocabulaire s’effondre, et avec lui leur aisance de lecture et leur aptitude à communiquer efficacement. »

     

    Jeremy Rifkin, Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Vers une civilisation de l’empathie.

     

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