• Shakespeare

     

     

    À la recherche du temps perdu 

     

    Dans son Dictionnaire amoureux de Shakespeare*, François Laroque rappelle que le titre de la première traduction en anglais d’À la recherche du temps perdu de Marcel Proust était The Remembrance of Things Past, qui est le deuxième vers du sonnet 30 de Shakespeare. Cette idée lumineuse était celle de l’écrivain écossais Charles Kenneth Scott Moncrieff. Mais la proposition ne plut pas à Marcel Proust qui n’y retrouvait pas la notion de « temps perdu ». Finalement l’œuvre du romancier français fut diffusée chez les Anglo-saxons sous le titre de In Search for Lost Time. Dommage ! 

     

       Occasion de relire le très proustien sonnet 30 :  

     

         ‘When to the Sessions of sweet silent thought,
         
    I summon up remembrance of things past,
         
    I sigh the lack of many a thing I sought,
          And with old woes new wail my dear time’s waste…’
     

     

         « Quand, aux assises secrètes de la pensée,

         Les choses de jadis viennent à comparaître,

         Ce que j’ai désiré me manque, et je soupire,

         Et je souffre à nouveau de mes anciennes peines... »

     

     

    * PLON, 2016.

     

     

     

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  • Le partage

     

     

    « Des tranches entières de ma vie font partie de l’histoire de la vie des autres, de mes parents, de mes amis, de mes compagnons de travail et de loisir. »  

     

                                Paul Ricœur, Soi-même comme un autre.

     

     

     

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  • Portfolio  

    Entraves

     

     

     

     

     

     

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  • Mimétisme

     

     

    « Le plus grand commandement » 

     

    Retour à nos sources.

       Le dixième commandement du Décalogue dit : « Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son esclave, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni quoi que ce soit qui lui appartienne.»

       Dans Matthieu, chapitre 22, versets 34 à 39, on lit : « Les pharisiens apprirent qu’il [Jésus] avait réduit au silence les sadducéens. Ils se rassemblèrent et l’un d’eux, professeur de la loi, lui posa cette question pour le mettre à l’épreuve: ‘‘Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ?’’ Jésus lui répondit : ‘‘Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier commandement et le plus grand. Et voici le deuxième, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’’ »

       L’histoire du christianisme ─ la nôtre donc ─ est enfermée entre ces deux injonctions. Elle commence par une exclusion de la convoitise, c’est-à-dire de la jalousie, c’est-à-dire du mimétisme qu’on appelle aussi rivalité ou envie. L’ordre est négatif : tu ne feras pas ceci… Jésus, en interprétant la loi, inverse la perspective, il invite à aimer son prochain, c’est-à-dire son semblable, celui justement avec lequel nous avons le plus de ressemblance, celui avec lequel nous sommes le plus en rivalité.

       Il s’agit bien du même commandement. Mais puisque nous ne comprenons que les définitions négatives, il nous faut sans cesse revenir au dixième commandement du Décalogue pour accéder au sens du « deuxième » commandement de Jésus ─ en fait le premier, l’équivalent du premier. Notre culture est inscrite dans ce schéma : l’interdiction du mimétisme. Or, le monde moderne, à l’image de son économie, tourne radicalement le dos à ses sources, il ne fonctionne que sur l’injonction au mimétisme, il encourage à la concurrence, à la compétition, à l’antagonisme des égaux, à la dispute, il pousse à la lutte de tous contre tous. Le « progrès », inventé par les Lumières, de ce point de vue, est une immense régression.

       L’Histoire efface toujours les traces de ses origines et oublie ses fondements. Cette règle amnésique est universelle. Teilhard de Chardin l’a abondamment commentée. Le « progrès » passe-t-il nécessairement par un retour de l’archaïque ? En tout cas, un retour par l’archaïque ? Nous le constatons tous les jours. Mais à quel prix ? Pollution, destruction des ressources naturelles, sacrifice des espèces, injustice généralisée (mondialisée), terrorisme… Matthieu ─ mais aussi Luc, et Marc de même ─ rapporte encore ces paroles de Jésus au moment de la Passion, comme un avertissement : « Mon Père, dit-il, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! » (26, 42) Certains esprits modernes prétendent que la coupe est bonne à boire, qu’il n’y a rien de meilleure, qu’il faut l’ingurgiter jusqu’à la lie. Si nous les croyons, tant pis pour nous.

     

     

     

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  • Education

     

     

    Nos « valeurs » 

     

    Les nouvelles générations ne vivent pas sans repères ni valeurs contrairement à ce qu’on craint. Simplement les « valeurs » qu’elles se sont appropriées ne sont pas très reluisantes.

       Quelles sont, en effet, les « valeurs » laissées en héritage  aux êtres les plus influençables de la société ?  En voici une petite liste non-exhaustive :

       - l’argent (il faut être « plus riche que riche ») ;

       - la violence (banalisée par les médias, les jeux vidéo, etc.) ;

       - l’immédiateté (« je veux tout, tout de suite ») ;

       - la facilité (au bout de la télécommande) ;

       - la réussite clinquante (valeur essentielle de la génération StarAc’) ;

       - la compétition aveugle (avec son revers d’injustice) ;

       - l’envie (perversion de l’ambition) ;

       - l’autocongratulation (pudiquement rebaptisée « estime de soi ») ;

       - l’intolérance vis-à-vis des personnes (avec la « vanne » comme mode favori de dialogue).

       Ces substituts de valeurs (ou plutôt ces caricatures de valeurs) sont propagés par la machine marchande qui nous gouverne. Nos enfants sans dieu ni maître, autres que l’argent et l’envie, nous font peur. Nous ne voulons pas nous reconnaître en eux, et pourtant ce sont bien nos enfants ! Et nous entrevoyons, avec effroi, qu’ils nous préparent une forme de mondialisation sur le modèle de Sa majesté des mouches 

     

     

     

    Extrait de mon essai Et mon tout est un homme.

     

     

     

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