• Shakespeare

     

     

     Crédit : Grégory Colbert

     

    Vanité du désir

     

    Biron. Why, all delights are vain ; but that most vain,

    Which, with pain purchas’d, doth inherit pain.

     

    BIRON. – Ah, tous les plaisirs sont dérisoires ; mais le plus dérisoire de tous,

    C’est celui qu’on s’est procuré dans la souffrance et qui ne rapporte que souffrance.

     

    Peines d’amour perdues, acte I, scène 1, vers 72-73.

     

     

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  • Éducation

     

     

    À quelle source les enfants viennent-ils boire ? 

     

    Enfance empathique

     

    « …l’enfance est l’état naturel où la faculté de se concevoir autre se manifeste avec le plus d’évidence… », dit René Girard commentant Marcel Proust dans Mensonge romantique et vérité romanesque. C’est ce qu’exprime explicitement Marcel Proust quand il dit dans Du côté de chez Swann : « Tout ce qui n’était pas moi, la terre et les êtres, me paraissait plus précieux, plus important, doué d’une existence plus réelle. » Que chacun s’interroge, qu’il replonge dans son enfance, et il comprendra à quel point cela est vrai. Les enfants sont sans défense devant leurs désirs d’identité. Ils sont authentiques. Leurs désirs font « pousser » leur identité, comme un engrais. Quel terreau offrons-nous à nos enfants ?

     

     

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  • Portfolio : les cinq sens 

     

     

    L’ouïe

     

    « De la musique avant toute chose. »

                                                              Verlaine

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Les Sonnets 

     

     

     

     

     

    Shakespeare lecteur de Shakespeare

     

    Les Sonnets parlent d’amour, de séduction, de passion, de jalousie, de joie suffocante et de bonheur impossible, d’espérance et d’insatisfaction perpétuelle, de rivalités, de calomnie, de la précarité de la beauté et du besoin jamais assouvi que nous avons d’être aimés. Tous ces thèmes sont systématiquement repris par Shakespeare au fil du recueil. À chaque relecture, il les déconstruit, il les approfondit. Il est impossible de comprendre les derniers sonnets sans revenir aux premiers, à leur source en quelque sorte. Il faut lire les sonnets comme Shakespeare les a écrits, en les relisant continuellement. C’est ce qu’il dit avoir fait au sonnet 77 (v. 9-14) :

     

                ‘Look what thy memory cannot contain,
                   Commit to these waste blanks, and thou shalt find
                   Those children nurs’d, deliver’d from thy brain,
                   To take a new acquaintance of thy mind.
                   These offices, so oft as thou wilt look,
                   Shall profit thee, and much enrich thy book
    .’

     

                « Tout ce que ne pourra contenir ta mémoire,

                   Tu le retrouveras caché entre ces lignes,

                   Et comme des enfants sortis de ton cerveau,

                   Elles t’apparaîtront sous un angle nouveau.

                   Aussi souvent que tu regarderas ton livre,

                   Il sera enrichi pour ton meilleur profit. »

     

       On voit que le travail de relecture approfondie a été initié par Shakespeare lui-même.

     

     

    Extrait de la préface de mon édition bilingue commentée,

    Les Sonnets de Shakespeare, chez L’Harmattan.

     

     

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  • Sacrificiel

     

     

     

     

    Le meurtre du fils

     

    Michel Serres, dans son dernier ouvrage, c’était mieux avant, rappelle comment des générations de pères ont envoyé à la guerre, c’est-à-dire à l’abattoir, des générations de fils : 1870, 1914, 1940, Indochine, Algérie... Extrait.

     

       Sauf les bombardements civils des villes, et, dans la plupart des cas, décidées, préparées, organisées par des personnes d’âge mûr, les guerres du siècle tuèrent la jeunesse mâle. Autrement dit, dans les ministères, ambassades et quartiers généraux, quelques pères de ladite élite s’adonnaient avec ivresse au meurtre du fils, par dizaines de millions. Peu après, aveuglés sans doute devant ce volume grandiose de tombes, filles et fils rescapés apprirent, dans les amphithéâtres, le « meurtre du père ».

       Morts et mensonge, c’était vraiment mieux.

     

     

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