• Citation

     

     

     

    « L’homme se croyait un fils de famille. Il s’aperçoit qu’il n’est que le descendant de singes qui ont eu de la chance. C’est pour ça qu’il a l’arrogance et les angoisses des parvenus. »  

     

                                 Gaston Berger

     

     

     

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  • Shakespeare

     

     

     

    Comme une cerise double 

     

    Héléna, parlant d’Hermia : 

     

                                       ‘We grew together,

    Like to a double cherry, seeming parted ;

    But yet a union in partition,

    Two lovely berries moulded on one stem :

    So, with two seeming bodies, but one heart ;

    Two of the first, like coats in heraldry,

    Due but to one, and crowned with one crest.’ 

     

                                       « Nous avons grandi ensemble :

    On aurait dit une cerise double, apparemment séparée ;

    Nous étions unies par notre division même,

    Deux jolies baies accrochées à la même tige :

    Avec apparemment deux corps, mais un seul cœur ;

    Deux jumelles héraldiques unies

    Sur un même écusson, couronnées d’un unique cimier. »  

     

     

                                   A Midsummer Night’s Dream, Le Songe d’une nuit d’été,

                            acte III, scène 2, vers 208-214.

     

     

     

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  • Education  

     

     

    Sur le chemin de l'école,

    documentaire de Pascal Plisson

     

    École et modernité 

     

    Entre mémoire et projection vers l’avenir, l’école n’est jamais moderne.  L’école est la plus vieille institution du monde, pas la plus récente. Nous savons que sans transmission des savoirs, les cultures s’éteignent. Sans nos maîtres anciens, nous ne serions plus là. Nous savons aussi que les civilisations sont mortelles. Sommes-nous forcés de collaborer à cette déchéance ou bien devons-nous tout faire pour l’empêcher ?

       Le passé soutient l’avenir. La mémoire est source d’invention. D’une certaine façon, l’enfant doit refaire tout le chemin parcouru par l’humanité jusqu’à lui : il doit recommencer l’histoire du monde ! Sinon, l’histoire du monde s’arrête. Comment aidons-nous l’enfant à refaire tout le chemin ?

       L’école n’a pas pour mission de former des enfants adaptés au monde contemporain, elle doit d’abord les accompagner vers le monde futur. Quelles compétences attendre pour les cinq décennies où l’élève sera acteur et citoyen du monde ? Les « décideurs » d’aujourd’hui n’ont aucune idée de ce à quoi le monde ressemblera dans dix ans. Alors, dans cinquante ans, pensez-donc ! Ce n’est pas aux « décideurs » qu’il faut s’en remettre pour savoir de quoi l’enseignement doit être fait. Il vaut mieux faire appel aux rêveurs, aux utopistes, aux  poètes…

       Éduquer c’est conduire, c’est prendre un pari sur l’avenir. Et cela fait peur. Devant le risque, ou simplement l’incertitude, il y a plusieurs méthodes de renoncement :

     

    • ne pas faire d’enfant !

    • instrumentaliser, techniciser l’éducation : silence dans les rangs, chacun derrière son terminal d’Internet ou sa tablette ;

    • ramener tout apprentissage à un strict comportement individuel : chacun pioche, comme il veut, dans le grand sac de la culture… et advienne que pourra !

     

       Hannah Arendt rappelle : « C’est […] avec l’éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-mêmes. » Le futur sera fait de ce que nous aurons fait de nos enfants.

     

     

     

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  • Portfolio 

    Le baiser 

     

    « Bonheur fané, cheveux au vent
    Baisers volés, rêves mouvants…
     »
                     

     

                                 Charles Trenet

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

    Lire ou entendre Shakespeare 

     

    Dans une chronique récente sur France Info, Michel Serres déclarait : « La langue orale est un média chaud et la chaleur permet de comprendre, mais l’écrit est un média froid. À l’écrit, on est moins compréhensible que quand on parle. »

       L’écrit est certainement plus riche Shakespeare possédait plus de 20 000 mots de vocabulaire en réserve. Mais l’oral est porté par la présence chaude du locuteur… D’une certaine façon, c’est l’écrit qui est handicapé : ne pouvant pas montrer, ni faire vibrer l’auditeur en même temps qu’il s’exprime, l’écrivain doit avoir recours à des trésors de vocabulaire, de locutions, pour dire tout ce qu’il a à dire. Privée du corps, la parole est amoindrie.

       Il est reconnu que Shakespeare est souvent plus accessible quand on l’entend que quand on le lit. L’expérience est révélatrice. Un discours obscur sur la page du livre devient lumineux quand il est interprété devant nous par un acteur en scène.

       Shakespeare, manifestement, n’était pas impatient de voir imprimer ses œuvres. De son vivant, moins de la moitié de son corpus a été publiée. Il est mort sans se préoccuper de transcrire pour la postérité les chefs-d’œuvre qu’il savait qu’il avait écrits. Comment se fait-il qu’il faille des armées d’universitaires, d’experts du langage, d’exégètes, d’analystes pour « expliquer » Hamlet, quand la pièce était jouée, avec succès, devant un parterre de petites gens des faubourgs de Londres ? Il n’est même pas sûr que les « spécialistes » viennent jamais à bout de la signification de toutes les œuvres de Shakespeare. Accrocher du freudisme, du marxisme, du structuralisme et autre –isme au poète revient le plus souvent à le noyer sous des tombereaux de commentaires  et des monceaux de sottises. On n’« ajoute » rien à Shakespeare en l’expliquant. Aussi me suis-je bien gardé de « l’expliquer », je me suis contenté de l’interpréter, tout en sachant que 774 pages de notes ne remplacent pas une seule lecture publique.

       À Londres, en 1600, on ne disait pas qu’on allait « voir » une pièce de théâtre, on disait qu’on allait « l’entendre ». Shakespeare nous parle-t-il encore aujourd’hui ?

     

     

     

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