• Education 

     

     

    On n’apprend bien qu’avec le cœur 

     

        Éduquer ne relève pas d’un simple cahier des charges, il ne saurait y être question de rendement, d’efficacité et encore moins de croissance et de profit. Éduquer, c’est d’abord entrer en relation avec. L’éducation « fonctionne » bien plus avec le cœur qu’avec la tête apprendre dépend davantage du désir que de la raison. Mais comment valoriser l’affectif, le sentiment et l’émotion, à une époque où, plus que jamais, l’antique séparation opérée par les Grecs entre l’esprit et le corps fige toutes les approches humaines ? D’un côté, nous faisons travailler l’intellect, le plus abstrait possible, par exemple sous forme de chiffres. Les chiffres sont neutres, ils sont froids, ils sont sûrs (enfin, presque toujours). Ils sont tangibles et permettent de comparer les résultats, c’est-à-dire de sélectionner les individus qui les manipulent. De l’autre côté, nous exploitons le corps, le plus détaché possible de la personne, le corps objectif  ou le corps modèle : corps d’athlète qu’on travaille et qu’on dope, un corps réduit à ses performances, ou corps consommateur. Corps d’exhibition, corps objet, mais pas un « sujet » !

       Comment puis-je m’y prendre à présent, moi simple enseigneur, devant un être coupé en deux ? Pire que cela, je dois prendre en charge une personne dont la tête est censée mériter une attention publique, tête sociale en quelque sorte, et un corps rétréci et limité au domaine privé, corps interdit dans la classe, corps présent comme s’il n’existait pas.

       Entre l’intellect survalorisé et le corps intouchable, j’ai la faiblesse de croire qu’il y a un cœur et c’est lui qui m’intéresse prioritairement, c’est lui que je place « au cœur » de l’éducation. Ce cœur-là se manifeste chez les meilleurs artistes autant que chez les enfants. Lié aux passions, il est accusé de nuire au bon fonctionnement de la raison. C’est « l’erreur de Descartes ». Bien qu’étouffé par la culture, il est reconnaissable pour qui sait en déceler les signes délicats, les symptômes discrets. Je ne prise rien tant, personnellement, que les émotions intelligentes et les idées belles et sensibles. Elles brillent chez les artistes, elles scintillent chez les enfants.  

     

    Extrait de mon essai sur l’éducation,

    Et mon tout est un homme.

     

     

     

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  • Parution

     

     

     

    Les Sonnets en version audio 

     

    Je viens d’achever l’enregistrement des 154 sonnets de Shakespeare, dans ma traduction originale. L’édition se présente sous forme d’une double CD audio vendu au prix de 16 €. Vous pouvez passer commande en cliquant sur Contact en haut à gauche de cette page et en me laissant vos coordonnées. Merci.

     

     

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  • L'universel

     

    Walkabout by Nicolas Roeg

     

    Qui sommes-nous tous ensemble ? 

     

    « Ce sont les hommes, et non pas l’homme,

    qui vivent sur terre et habitent le monde. » 

     

                                                                                                       Hannah Arendt 

     

    Qui suis-je ? Qui sommes-nous ? Et d’abord, qui sommes-nous tous ensemble ? La culture qui soude les groupes humains, par laquelle les hommes se reconnaissent, en sous-ensembles, a pour fonction première de distinguer, de différencier, de séparer. La culture affirme, mais surtout divise, sélectionne, retranche, écarte, interdit. Avec la modernité, les contours des sociétés tendent pourtant à devenir de plus en plus flous, tandis que les cultures se fondent doucement et finissent par se confondre. Sous la pression de la globalisation, il ne reste plus aux individus qu’à se différencier tout seuls.

        Persuadé qu’il est urgent pour lui de désappartenir, l’individu contemporain s’isole et s’étiole dans son petit moi sécurisé. Tandis que l’universel confirme la ressemblance entre les humains et proclame l’unité de l’Homme, l’égoïste se réfugie dans son « droit à la différence » et s’inquiète du « choc des cultures ». Quel épouvantail est donc ce choc des cultures ? Un enfant qui meurt à Beverley Hill ne ressemble-t-il pas à un enfant qui meurt au Darfour ? Ma protestation n’est pas ici celle d’un Occidental blanc aisé, en bonne santé. Je dis cela parce que je suis Africain, je suis Amérindien, je suis Aborigène. Ne puis-je pas être aussi bien l’un que l’autre ? Je reprends à mon compte les paroles du poète haïtien Léon Laleau, et j’essaie, comme lui,

             « d’apprivoiser avec des mots de France

             ce cœur qui m’est venu du Sénégal. »

       Que m’importe ma culture d’origine si elle m’aveugle sur mon hominisation, si elle me dissimule l’essentiel !  

     

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  •  Portfolio

    Partir 

     

    Entre le touriste et l’émigré, quelle différence ?  

     

    Le touriste est celui qui commence par acheter son billet de retour.

     

     

     

     

     

     

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  • Enfance

     

     

    Sa Majesté des Mouches par Peter Brook

     

    Les enfants considérés

    comme une minorité opprimée 

     

    « [Le] processus d’émancipation, qui justement pour les femmes et les travailleurs avait signifié une véritable libération […], fut un abandon et une trahison dans le cas des enfants. […] Les méthodes modernes d’éducation ont effectivement essayé de mettre en pratique cette absurdité qui consiste à traiter les enfants comme une minorité opprimée qui a besoin de se libérer. L’autorité a été abolie par les adultes et cela ne peut que signifier une chose : que les adultes refusent d’assumer la responsabilité du monde dans lequel ils ont placé les enfants. »    

     

                                Hannah Arendt, La crise de la culture, 1961.

     

     

     

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