• Crise de la couleur

     

     

     

    L’envahissement du noir 

     

    Depuis plusieurs décennies, le noir gagne. Les tenues blanches et beige de la Belle Époque ne sont plus de mise. Les vêtements multicolores des Flower People paraîtraient ringards aujourd’hui. Le vrai chic désormais est noir. À cela s’ajoute le look des mannequins : effroyablement triste, des visages de deuil sur des corps décharnés. Les jeunes ont l’air particulièrement friands du noir. « Suivez le flot des élèves entrant au lycée, un petit matin de janvier, aux heures encore obscures, et vous apercevrez devant vous une colonne sinistre de spectres... », ai-je écrit dans Le Maître des désirs. Pire que des uniformes militaires, leurs tenues sont celles des bagnards.

       S’il n’y avait que la mode ! Le cinéma est tout noir. Même les scènes « de jour » sont sombres. On rêve du Déjeuner sur l’herbe de Renoir. Les films des années 30 n’avaient pas la couleur, ils avaient mieux, ils avaient le soleil. Les séries de la télévision sont plus noires que noires, elles sont invisibles. Ce n’était pas la peine d’inventer la télé en couleur pour tout éteindre ! Quant au théâtre ou au ballet, plus ils sont « modernes », plus ils sont couleur de nuit ─ « décalque de la mort », comme la décrit Shakespeare.

       J’ai connu, enfant, la publicité pour les lessives qui lavaient « plus blanc que blanc ». Aujourd’hui la lessive Mir Black vous assure un noir intense.

       La tristesse est le privilège des riches. Allez au Bangladesh et voyez les femmes revenir du marché ou du fleuve : leurs saris chatoyants enchantent leur pauvreté. Le sourire est-il le luxe des pauvres ?

     

     

     

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  • Citation

     

     

    La lumière et la chaleur 

     

    « La lumière joue et rit à la surface des choses, mais, seule, la chaleur pénètre. »

                                                              Gaston Bachelard

     

     

     

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  • Shakespeare : 1+1=1 

     

     

    PETITE MORT, ballet de Jiri Kylian

     

    THE PHOENIX AND THE TURTLE
    A POEM BY WILLIAM SHAKESPEARE
     

    (1601) 

     

    So they loved, as love in twain
    Had the essence but in one;
    Two distincts, division none;
    Number there in love was slain.

    Hearts remote, yet not asunder;
    Distance, and no space was seen
    'Twixt the turtle and his queen:
    But in them it were a Wonder.
     

      

    So between them love did shine,
    That the turtle saw his right
    Flaming in the phoenix' sight;
    Either was the other's mine.

    Property was thus appall'd,
    That the self was not the same;
    Single nature's double name
    Neither two nor one was call'd.

    Reason, in itself confounded,
    Saw division grow together;
    To themselves yet either neither;
    Simple were so well compounded,

      

    That it cried, 'How true a twain
    Seemeth this concordant one!'

      

    Le Phénix et la Tourterelle

    (extrait) 

     

       Ils s’aimaient si bien que leur amour double était comme un être unique. Distincts l’un de l’autre mais jamais divisés. Dans leur amour, le nombre ne comptait pas.

       Cœurs séparés, mais pas désunis ! On voyait la distance, mais jamais le vide, entre la tourterelle et son roi. Et cela tenait du prodige.

       L’amour irradiait tellement entre eux que la tourterelle voyait son propre feu briller dans le regard du phénix. Chacun était le moi de l’autre.

       Le bon sens s’y perdait ! L’identité n’est pas la ressemblance. Leur nature était unique sous un double nom, on n’aurait su dire s’ils étaient un ou deux.

       La raison, confondue, voyait leur union croître avec leur division ; absorbés l’un dans l’autre, et pourtant distincts l’un de l’autre, ces êtres étaient si bien assemblés

       Qu’on se demandait comment leur couple pouvait donner l’impression d’une harmonie aussi singulière.

     

     

     

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  • Portfolio

    Paul Gauguin 

    ou les couleurs du désir

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Citation

     

     

     

     

    « L’Autre n’est pas donné quand on arrive au monde, il faut cheminer vers lui. »  

     

    Boris Cyrulnik, Ivres paradis, bonheurs héroïques. 

     

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