• Shakespeare

     

     

     

    Troïlus et Cressida,

    par la Hillcrest High School, 2013.

     

    Le désir comme la guerre 

     

    TROILUS, attendant la venue de Cressida : 

     

    ‘I am giddy ; expectation whirls me round.
     The imaginary relish is so sweet
     That it enchants my sense.  What will it be,
     When that the watery palate tastes indeed
     Love’s thrice reputed nectar ? death, I fear me ;
     
    Swooning destruction, or some joy too fine, 
     
    Too subtle-potent, tuned too sharp in sweetness,
     For the capacity of my ruder powers.
     
    I fear it much ; and I do fear besides,
     That I shall lose distinction in my joys ;
     As doth a battle, when they charge on heaps
     The enemy flying.
     

     

    « Je suis comme ivre, l’attente me fait tourner la tête.

    Ce que j’imagine de la jouissance est tellement délicieux

    Que cela enchante tous mes sens. Qu’adviendra-t-il

    Quand mon palais humide goûtera pour de vrai

    Ce nectar qu’on dit qu’est l’amour ? La mort, je le crains ;

    Une destruction à n’en plus finir, une joie trop pointue,

    Trop forte et trop subtile, trop fine et trop douce

    Pour mes capacités grossières.

    Je crains cela absolument ; et par-dessus tout,

    De perdre tout discernement au milieu de l’extase,

    Comme dans une bataille où l’on charge, sans faire le détail,

    Les ennemis en fuite… » 

     

                                                Troilus and Cressida,  act III, sc. 2, l. 18-29

     

     

     

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  • Mimétisme

     

     

              Y a pas qu’ moi                        

     

    C’est curieux comme les « individus autonomes et sans attache », que tous prétendent être, nos contemporains, se retranchent derrière le mimétisme le plus ordinaire dès qu’ils se savent pris en faute ! Au lieu de se justifier, ou simplement de demander pardon, ils se réfugient « dans le groupe », pour se faire oublier croient-ils. Et ils lancent cette supplique, comme un sésame : « Y a pas qu’ moi… » La belle affaire ! J’ai souvent entendu mes élèves protester contre une sanction, qu’ils trouvaient évidemment injuste, en disant : « Je ne suis pas le seul dans la classe… » J’avais coutume de leur répondre : « Celui qui a tué quelqu’un sur la route et qui prétend ‘‘qu’il n’est pas le seul’’ a sûrement raison. On compte plusieurs milliers de morts sur les routes chaque année. Mais pour autant, cela ne le débarrasse pas de sa responsabilité. »

       Ce recours à l’anonymat est un réflexe révélateur. Il signifie : j’ai peur du jugement, je n’existe plus… Et pour disparaître, le meilleur moyen est de se noyer dans la masse. Le but est de renoncer à son identité, qui fait que l’on est soi et pas un autre. Dans la panique, on rêve d’être n’importe qui, absolument quelconque. Pourtant, s’il y a bien une chose devant laquelle on est seul, foncièrement seul, c’est bien sa culpabilité ! Alors, pour la fuir, on est prêt à abandonner sa personnalité, sa différence sacrée, on se met à adorer le mimétisme, jusqu’au caméléonisme.

       Devant sa mort comme devant sa faute, l’homme est seul. C’est pourquoi, sans doute, on parle de « jugement dernier ». Le christianisme, en « inventant » la culpabilité, n’a pas nui à l’homme, il l’a exalté dans ce qu’il a d’unique ; il l’a poussé jusqu’au dernier retranchement de la personne. Dommage pour les psychanalystes et leurs épigones plus ou moins talentueux, la culpabilité est un « chef-d’œuvre » de la civilisation. Ajoutons, pour être complet, que le christianisme a aussi « inventé » le pardon.  Deuxième principe difficile à appliquer.

     

                                                                                        

     

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  • Citation

     

     

     

    « L’homme se croyait un fils de famille. Il s’aperçoit qu’il n’est que le descendant de singes qui ont eu de la chance. C’est pour ça qu’il a l’arrogance et les angoisses des parvenus. »  

     

                                 Gaston Berger

     

     

     

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  • Shakespeare

     

     

     

    Comme une cerise double 

     

    Héléna, parlant d’Hermia : 

     

                                       ‘We grew together,

    Like to a double cherry, seeming parted ;

    But yet a union in partition,

    Two lovely berries moulded on one stem :

    So, with two seeming bodies, but one heart ;

    Two of the first, like coats in heraldry,

    Due but to one, and crowned with one crest.’ 

     

                                       « Nous avons grandi ensemble :

    On aurait dit une cerise double, apparemment séparée ;

    Nous étions unies par notre division même,

    Deux jolies baies accrochées à la même tige :

    Avec apparemment deux corps, mais un seul cœur ;

    Deux jumelles héraldiques unies

    Sur un même écusson, couronnées d’un unique cimier. »  

     

     

                                   A Midsummer Night’s Dream, Le Songe d’une nuit d’été,

                            acte III, scène 2, vers 208-214.

     

     

     

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  • Portfolio 

    Le baiser 

     

    « Bonheur fané, cheveux au vent
    Baisers volés, rêves mouvants…
     »
                     

     

                                 Charles Trenet

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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