• Shakespeare : 1+1=1 

     

     

    PETITE MORT, ballet de Jiri Kylian

     

    THE PHOENIX AND THE TURTLE
    A POEM BY WILLIAM SHAKESPEARE
     

    (1601) 

     

    So they loved, as love in twain
    Had the essence but in one;
    Two distincts, division none;
    Number there in love was slain.

    Hearts remote, yet not asunder;
    Distance, and no space was seen
    'Twixt the turtle and his queen:
    But in them it were a Wonder.
     

      

    So between them love did shine,
    That the turtle saw his right
    Flaming in the phoenix' sight;
    Either was the other's mine.

    Property was thus appall'd,
    That the self was not the same;
    Single nature's double name
    Neither two nor one was call'd.

    Reason, in itself confounded,
    Saw division grow together;
    To themselves yet either neither;
    Simple were so well compounded,

      

    That it cried, 'How true a twain
    Seemeth this concordant one!'

      

    Le Phénix et la Tourterelle

    (extrait) 

     

       Ils s’aimaient si bien que leur amour double était comme un être unique. Distincts l’un de l’autre mais jamais divisés. Dans leur amour, le nombre ne comptait pas.

       Cœurs séparés, mais pas désunis ! On voyait la distance, mais jamais le vide, entre la tourterelle et son roi. Et cela tenait du prodige.

       L’amour irradiait tellement entre eux que la tourterelle voyait son propre feu briller dans le regard du phénix. Chacun était le moi de l’autre.

       Le bon sens s’y perdait ! L’identité n’est pas la ressemblance. Leur nature était unique sous un double nom, on n’aurait su dire s’ils étaient un ou deux.

       La raison, confondue, voyait leur union croître avec leur division ; absorbés l’un dans l’autre, et pourtant distincts l’un de l’autre, ces êtres étaient si bien assemblés

       Qu’on se demandait comment leur couple pouvait donner l’impression d’une harmonie aussi singulière.

     

     

     

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  • Portfolio

    Paul Gauguin 

    ou les couleurs du désir

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Citation

     

     

     

     

    « L’Autre n’est pas donné quand on arrive au monde, il faut cheminer vers lui. »  

     

    Boris Cyrulnik, Ivres paradis, bonheurs héroïques. 

     

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  • Shakespeare 

     

     

    Shakespeare, premier girardien 

     

    Nulle part mieux que dans les Sonnets le mécanisme mimétique n’est mis en lumière avec autant de soin. Shakespeare paraît avoir expérimenté sur lui-même les ravages du désir mimétique. Fasciné par son modèle idéal, W.H., jeune homme sublime qui semble accumuler sur sa seule personne toutes les qualités du monde, le poète essaie de comprendre et d’interpréter le pouvoir qu’une telle séduction exerce sur lui. D’où vient-elle ? Quelle est sa force ? Quels sont ses effets ? Shakespeare, bien avant René Girard, perçoit les mirages du désir mimétique, les pièges tendus, la rivalité mimétique, la méconnaissance qui nous cache la vérité sur notre désir. Non seulement il lève le voile sur les mystères du désir mais il parvient à en déceler les artifices et à triompher de ses pièges. Sa découverte des tromperies du désir ne l’a pas poussé, comme beaucoup de « sages », à la désillusion amère mais à la compréhension la plus éclairée qui soit d’un phénomène universel (le désir mimétique) le plus universellement ignoré.

       Nous n’avons pas seulement avec les Sonnets un parfait « traité de mimétisme ordinaire » ce qui serait déjà considérable , nous possédons aussi la transcription, presque pas à pas, du travail de conscience d’un homme seul qui découvre le mimétisme, l’expérimente sur sa personne, cherche à l’interpréter, parvient à le révéler, pour lui-même d’abord, et pour nous enfin, ses lecteurs anonymes. Avant d’être une « théorie », telle que René Girard a pu la construire et l’argumenter, le mimétisme est une expérience, une épreuve. Shakespeare s’exprime en « poète girardien ». On est surpris par l’extraordinaire maîtrise de l’homme qui parvient, après un long travail sur lui-même, à un dépassement de tous ses tourments et obstacles et à une espèce de victoire sur la mimésis. Évitant le sacrifice violent, il approche d’une vision sublime de l’amour à peine imaginable. 

     

    Extrait de la préface de mon essai paru chez L’Harmattan, Le Désir mis à nu.

     

     

     

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  • Etat de conscience

     

     

    Lesbos 2016

     

    Qu’est-ce qu’une victime ? 

     

    Parlant de lui-même, Jésus dit : « Ils m’ont haï sans motif. » (Jean, 15, 25). Déjà annoncée par les Psaumes 35, 19 et 69, 5, la révélation de la victime est limpide et définitive avec Jésus-Christ. Nous ne pouvons pas faire comme si nous ne savions pas reconnaître une victime ─ une vraie, pas un pantin coupable qui, sous les feux des médias, se prétend une victime ! 

     

       Qui sont donc les victimes ? Ceux que nous haïssons sans motif. La liste est longue :

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