• État de la personne

     

    Alonzo King LINES Ballet

     

    L’invention du corps 

     

    « Ce qui noue la relation entre Dieu et l’humain, c’est le corps (inventé par saint Jean, puis saint Paul qui parlent de ‘‘la chair’’). » Parole forte de Stéphane Breton dans Qu’est-ce qu’un corps ? Avant de s’incarner, Dieu a commencé par incarner l’homme. Si l’homme est à Son image, c’est par son corps. À l’image exacte du corps de Jésus. Si Dieu ne s’était jamais incarné, l’homme n’aurait jamais été incarné non plus. Ce mystère se répète dans l’eucharistie. Même ceux qui y croient ont du mal à le comprendre. Stéphane Breton dit encore : « Dieu ne s’est pas incarné dans l’esprit. Non, Dieu s’est abîmé dans le corps. […] S’il n’y avait pas le corps, si le corps n’était pas tombé, comment pourrait-on savoir qu’il y a Dieu ? »

       Cette divinisation du corps se retrouve jusque chez les égocentriques qui font de leur corps une idole : en caricaturant leur incarnation, ils se trompent. À l’inverse, toute « morale » qui inflige au corps une pénitence permanente insulte le Créateur. La répression du corps, c’est la négation de Dieu.

     

     

     

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  • Crise du désir 

     

     

    Cie Mourad Merzouki

     

    Ennemi de soi-même 

     

    Saint Augustin dit : « Non hoc est velle, quod posse. », « Vouloir et pouvoir ne sont pas la même chose ». Hannah Arendt commente, dans Crise de la culture : « Il apparaît comme une ‘‘ monstruosité’’ que l’homme puisse commander à soi-même et ne pas être obéi. » La revendication d’autonomie est une vaste illusion.

                                                   

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  • Shakespeare

     

     

     

    Comme les espions de Dieu 

     

    LEAR (answering Cordelia) 

                            Come, let’s away to prison.

    We two alone will sing like birds i’ th’ cage.

    When thou dost ask me blessing, I’ll kneel down

    And ask of thee forgiveness. So we’ll live,

    And pray, and sing, and tell old tales, and laugh

    At gilded butterflies, and hear poor rogues

    Talk of court news, and we’ll talk with them too

    Who loses and who wins, who’s in, who’s out

    And take upon ’s the mystery of things

    As if we were God’s spies. And we’ll wear out

    In a walled prison packs and sects of great ones

    That ebb and flow by the moon. 

     

    LEAR (à Cordélia)

                                                               Viens, partons pour la prison.

    Dans notre solitude, nous chanterons comme des oiseaux en cage.

    Quand tu me demanderas de te bénir, je m’agenouillerai

    Et j’implorerai ton pardon. Ainsi vivrons-nous,

    À prier, à chanter, à nous raconter de vieux contes, nous nous amuserons

    De voir les papillons dorés, et d’entendre tous ces pendards

    Parler des événements de la cour, et nous discuterons avec eux

    Sur qui gagne et qui perd, qui est en grâce, qui ne l’est pas,

    Nous deviserons sur le mystère de choses

    Comme si nous étions les espions de Dieu. Et nous accablerons,

    Entre quatre murs, les coteries et les partis des grands personnages

    Qui se gonflent ou se délitent au gré des marées… 

     

                                                    King Lear, Act V, sc.3, l. 8-19

     

     

     

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  • Mimétisme (peut-être) 

     

     

    Désir d’éternité 

     

    Si le désir est mimétique, d’où nous vient notre désir d’éternité ? Même parmi les plus endurcis de « ceux qui ne croient pas au ciel », combien ne cèderaient à la tentation d’éternité si l’occasion se présentait de vivre au-delà de la limite de leur vie ? La refuseront-ils si elle leur est offerte après leur mort ? J’en doute…

       Cela ne m’explique pas pourquoi ce désir d’éternité est si tenace. D’où vient-il ? Qui nous l’a insufflé ? Où l’avons-nous appris ? Est-ce pendant cette demi-éternité qui a précédé notre naissance ? Comme le dit Jean Cocteau dans Démarche d’un poète : « J’étais aussi mort avant de naitre que je le serai après avoir vécu. J’ai donc de l’abolition de la personnalité une interminable habitude. » La remarque est-elle seulement la griffe d’un poète facétieux, ou bien touche-t-elle à une vérité plus profonde ?

       Bien sûr, avoir le désir ne signifie pas que le désir doit se réaliser. Je continue quand même de m’interroger : d’où nous vient ce merveilleux désir ? 

     

     

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  • Education

     

     

     

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              « L’enfant veut avant tout sortir de l’enfance,

              il veut qu’on l’ élève. » 

     

                                                    Alain

     

     

     

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