•  Shakespeare

     

     

     

     

    Les mots qui tuent

     

    PISANIO

    What shall I need to draw my sword ? the paper

    Hath cut her throat already. – No, 'tis slander,
    Whose edge is sharper than the sword, whose tongue
    Outvenoms all the worms of Nile, whose breath
    Rides on the posting winds and doth belie
    All corners of the world ; kings, queens and states,
    Maids, matrons, nay, the secrets of the grave
    This viperous slander enters.

     

    Qu’ai-je besoin de tirer l’épée ? Cette lettre

    Lui a déjà tranché la gorge… Car c’est la calomnie qui tue,

    Elle dont la langue est plus venimeuse que les serpents du Nil,

    Elle dont l’haleine se sert du vent comme coursier,

    Et qui trompe sous tous les horizons : les rois, les reines, les États,

    Les filles innocentes, les matrones, que dis-je ? Dans les secrets de la tombe

    La calomnie pénètre comme une vipère.

     

    Cymbeline, act III sc. 4, l. 33-40.

     

     

    Aujourd’hui, Shakespeare remplacerait-il ‘slander’ par Facebook, Twitter, Fake News, Wikileaks ?

     

     

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  • Méconnaissance 

     

     

     

     

     

    L’empathie

     

    L’empathie est à la mode. Boris Cyrulnik nous a familiarisé avec cette notion, en même temps qu’avec la résilience. Les psychologues, les « spécialistes » de la com., les scientifiques qui se consacrent aux neurosciences , les « coaches » en programmation neurolinguistique, et autres gourous, nous servent de l’empathie à toutes les sauces. La découverte des neurones miroirs, dans les années 1990, a confirmé la tendance.  Aujourd’hui, tout le monde parle de l’empathie comme si elle avait toujours existé.

       En fait, elle a toujours existé. Il y a déjà 2000 ans, un certain Jésus, vivant non loin de Jérusalem, l’avait décrite de la façon suivante : « Aime ton prochain comme toi-même. » Évidemment, personne n’y a jamais rien compris. Pourtant, « comme toi-même », c’est assez explicite ! Allons-nous progresser dans notre connaissance à présent que la notion d’empathie a été vulgarisée ? A-t-on vraiment besoin d’un mot savant pour en venir enfin à « aimer son prochain comme soi-même » ? J’en doute. Je crains même que le mot savant ne dissimule un peu plus la chose qu’il ne la révèle. Mais peut-être aussi nous laisserons-nous plus facilement convaincre par une vérité que nous croyons avoir inventée. L’amour du prochain passe peut-être par cet égoïsme-là.

     

     

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  • Citation

     

     

     

     

     

    « N’oublie jamais le lieu d’où tu pars, mais laisse-le, et rejoins l’universel. »

     

    Michel Serres

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

     

    Black is beautiful

     

    Étrange défense de la couleur noire dans la bouche d’un personnage sombre et cruel comme Aaron, le Maure dans Titus Andronicus. Aaron est décrit, pendant toute la pièce, comme un sauvage violent, un traitre, un monstre froid, un démon. Mais voici comment il se décrit lui-même :

     

    Aaron. Coal-black is better than another hue,

    In that it scorns to bear another hue.

     

    AARON. – Le noir profond est plus beau que toute autre couleur,

    Par la raison qu’il dédaigne prendre toute autre couleur.

     

    Titus Andronicus, Act IV, sc. 2, l. 100-101.

     

     

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  • Réconciliation

     

     

     

     

     

    Le loup habite avec l’agneau,

    la panthère se couche près du chevreau,

    veau et lionceau paissent ensemble

    sous la conduite d’un petit garçon.

    La vache et l’ourse lient amitié,

    leurs petits gîtent ensemble.

    Le lion mange de la paille comme le bœuf.

    Le nourrisson s’amuse sur le trou du cobra,

    sur le repaire de la vipère

    l’enfant met la main.

    On ne fait plus de mal ni de ravages

    sur toute ma sainte montagne, car le pays est rempli de la

    connaissance de Yahvé

    comme les eaux comblent la mer.

     

                                                      ISAÏE 11, 6-9.

     

     

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