• Portfolio

    Asymétrie 

     

    « La matière éternellement à la recherche de sa forme, la poussée éternellement mécontente de l’équilibre ! » 

     

                                                           Paul Claudel

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Shakespeare

     

     

    The Acting Company

     

    HAMLET à HORATIO 

     

                                       ‘Give me that man

    That is not passion’s slave, and I will wear him

    In my heart’s core, ay, in my heart of heart,

    As I do thee.’

                                       « Montre-moi un seul homme

    Qui ne soit pas l’esclave de ses passions, et je le porterai

    Au fond de mon cœur, oui, dans le cœur de mon cœur,

    Comme je le fais de toi. » 

     

                                          Hamlet, act III, sc. 2, l. 64-66. 

     

    Non, Hamlet n’est pas amoureux d’Horatio, comme certains metteurs en scène sans imagination se sont permis de les présenter quelquefois. Hamlet aspire à un désir pur, exempt de passion, sans réplique, sans enjeu, sans contrepartie, un désir non mimétique en un mot (un désir impossible sans doute). Il cherche une vérité qui ne soit pas « faite d’emprunts » (sonnet 125). Horatio, avec sa générosité, son désintéressement, son humilité, son absence d’ambition personnelle, est un personnage exemplaire. Il donne et ne réclame rien pour lui-même. Et Shakespeare le met en face d’Hamlet que les corruptions du monde dégoûtent. Horatio est un « modèle ». D’où le désir d’imitation qu’il exerce sur Hamlet. Comme Coriolan le dit d’Aufidius : ‘I would wish me only he’, « Je voudrais n’être personne d’autre que lui. »

       Seul Horatio aura le droit de parler d’Hamlet après sa mort : 

     

    ‘O good Horatio, what a wounded name,

    Things standing thus unknown, shall live behind me !

    If thou didst ever hold me in thy heart,

    Absent thee from felicity awhile,

    And in this harsh world draw thy breath in pain,

    To tell my story.’ 

     

    « Oh, bon Horatio ! mon nom aura reçu un coup fatal,

    Si les choses demeurent mal connues, quand j’aurai cessé de vivre.

    Si j’ai jamais tenu une place dans ton cœur,

    Ne cours pas tout de suite vers ton paradis,

    Et dans ce monde affreux souffre de retenir ton souffle,

    Afin de raconter mon histoire. »      

     

                                          (V, 2, 352-357)

     

     

     

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  • Crise de la couleur

     

     

     

    L’envahissement du noir 

     

    Depuis plusieurs décennies, le noir gagne. Les tenues blanches et beige de la Belle Époque ne sont plus de mise. Les vêtements multicolores des Flower People paraîtraient ringards aujourd’hui. Le vrai chic désormais est noir. À cela s’ajoute le look des mannequins : effroyablement triste, des visages de deuil sur des corps décharnés. Les jeunes ont l’air particulièrement friands du noir. « Suivez le flot des élèves entrant au lycée, un petit matin de janvier, aux heures encore obscures, et vous apercevrez devant vous une colonne sinistre de spectres... », ai-je écrit dans Le Maître des désirs. Pire que des uniformes militaires, leurs tenues sont celles des bagnards.

       S’il n’y avait que la mode ! Le cinéma est tout noir. Même les scènes « de jour » sont sombres. On rêve du Déjeuner sur l’herbe de Renoir. Les films des années 30 n’avaient pas la couleur, ils avaient mieux, ils avaient le soleil. Les séries de la télévision sont plus noires que noires, elles sont invisibles. Ce n’était pas la peine d’inventer la télé en couleur pour tout éteindre ! Quant au théâtre ou au ballet, plus ils sont « modernes », plus ils sont couleur de nuit ─ « décalque de la mort », comme la décrit Shakespeare.

       J’ai connu, enfant, la publicité pour les lessives qui lavaient « plus blanc que blanc ». Aujourd’hui la lessive Mir Black vous assure un noir intense.

       La tristesse est le privilège des riches. Allez au Bangladesh et voyez les femmes revenir du marché ou du fleuve : leurs saris chatoyants enchantent leur pauvreté. Le sourire est-il le luxe des pauvres ?

     

     

     

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  • Méconnaissance

     

     

     

    Le monstrueux 

     

    « Le monstrueux est partout présent dans la mythologie. Il faut en conclure que la mythologie parle sans cesse de la crise sacrificielle, mais elle n’en parle que pour la déguiser. »

                                          René Girard, La Violence et le sacré. 

     

    Qu’en est-il de la mythologie moderne, du fantastique, de la fantasy ? Ils ont la même fonction que les mythes : ils servent à démontrer que la violence est le fait des monstres, des barbares, et qu’elle ne vient surtout pas de nous qui sommes « civilisés ». La littérature fantastique n’a d’autre fonction que de nous cacher que nous sommes responsables de la violence. Qui est capable de reconnaître le mal qu’il fait ? À peu près personne. Il n’y a pourtant pas d’autre moyen d’être libre.

       Comment pouvons-nous revendiquer la liberté si nous ne nous sommes pas affranchis du mal, c’est-à-dire de l’illusion que nous ne sommes pas responsables du mal ? Un pas a été franchi dans la culture occidentale à partir du moment où elle a reconnu que les victimes ne sont pas responsables du malheur qui les accable. Grâce à Henri Dunant et aux ONG humanitaires qui ont suivi son enseignement, nous avons pris conscience de la nécessité de porter secours aux victimes. Y compris les victimes d’elles-mêmes comme les drogués, les alcooliques, les fumeurs. Ce début de compréhension de la source du mal est bon, mais il est insuffisant. Nous pouvons « réparer », mais nous ne pouvons pas « empêcher ». Les secours arrivent toujours après le massacre. Il faut aller plus loin. C’est ce que certains ont compris qui ont mis en scène des manifestations de « repentance ». Mais c’est encore « trop tard ». La ritualisation de ces démonstrations entache le phénomène de sacrificiel. Même « inversée », la ritualisation conserve son poids de méconnaissance. Nous cachons toujours au fond de nous-mêmes un monstre que nous accusons du pire : c’est notre double.

     

     

     

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  • Citation

     

     

    La lumière et la chaleur 

     

    « La lumière joue et rit à la surface des choses, mais, seule, la chaleur pénètre. »

                                                              Gaston Bachelard

     

     

     

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