• Éducation

     

     

     

    De lien en lien

     

    Examinons les premières heures du dialogue humain. Entre le monde et moi, il y a d’abord ma mère. Dans toutes les langues du monde, le premier mot prononcé par l’enfant est « Maman ». Parler, c’est appeler, supplier, pour refaire le lien. L’apprentissage de la communication commence dans la souffrance de la séparation et dans le manque.

       En même temps qu’elle est la première destinataire de ma parole, ma mère est ma première porte sur le monde, la première « interface ». Immédiatement après, je découvre ma famille, et j’ai de la chance si elle est nombreuse. Un peu plus tard, l’interface est représentée par l’école, qui prolonge la famille et la mère, sans les remplacer complètement.

       Mais l’école est transitoire, elle a pour tâche de mettre l’enfant en relation avec ses origines, sa culture, son environnement et plus encore, avec ses pairs, le monde invisible, les hommes de toute l’espèce, tout ce qui le transcende. L’école laïque arrête son enseignement au moment où l’enjeu devient trop grand pour elle : devant Dieu. Elle laisse à l’homme que l’enfant promet de devenir le soin d’ouvrir tout seul cette dernière porte.

     

     

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  • Portfolio  

     

    Voler  

    La tentation du ciel

     

     

     

     

     

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

      

    Érotisme

     

    ‘Call it not love, for Love to heaven is fled, 

    Since sweating Lust on earth usurp'd his name.’

     

    « N’appelez pas cela de l’amour, car l’amour s’est envolé au ciel

    Depuis que, sur terre, la luxure trempée de sueur a usurpé son nom. »

     

    Venus and Adonis 

     

     

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  • Empathie 

     

     

     Musée de l'empathie à Londres

     

    Mettez-vous à leur place

     

    Imaginez qu’on construise une plateforme pétrolière dans l’embouchure de la Gironde. Imaginez qu’on réintroduise des loups dans le bois de Boulogne. Imaginez qu’on acclimate des ours dans la forêt de Fontainebleau. Imaginez un joli champ d’éoliennes géantes sur le plateau de Saclay. Imaginez un nouvel aéroport à Rambouillet. Et un grand barrage sur la Seine vers Andrésy. Pourquoi pas une Centrale EPR en Vallée de Chevreuse. Imaginez qu’on vende en France les mêmes médicaments qu’en Afrique. Imaginez un total de réfugiés équivalent à 25% de la population autochtone. Imaginez une réduction drastique des agents de police, des services hospitaliers dans votre quartier. Imaginez une classe de primaire avec 70 élèves…

       Pour connaître avec précision la « faisabilité » de tout projet, soyez égoïste, demandez-vous : et si c’était moi ?

     Évidemment, quand les forages pétroliers ne dérangent que quelques Indiens d’Amazonie, ce n’est pas si grave. Un grand barrage hydro-électrique au milieu de l’Auvergne, on s’en fout ! Des médicaments un peu trafiqués pour les Africains, quelle importance ? Mais, si c’était moi ?

       Le PDG qui trouve qu’on gagne correctement sa vie avec un SMIC n’a qu’à essayer. Les partisans du « tout sécuritaire » qui trouvent que 20 ans de prison, ce n’est pas beaucoup, n’ont qu’à y aller voir. Les bourgeois qui considèrent que les pauvres râlent décidément beaucoup devraient prendre plus souvent le RER.

       Nous naissons avec une capacité d’empathie qui est extraordinaire. Avec nos neurones miroirs, nous sommes de vraies éponges. Et puis, nous brouillons les miroirs, nous mettons du verre cathédral sur nos vitres mentales, et le tour est joué. Je ne t’ai pas vu, tu n’existes pas.

      

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  • Notes de lecture

     

     

     

     

    « Andrew Meltzoff* a tenté une expérience avec cinq enfants qu’il a fait entrer dans une pièce vide où étaient posés cinq paquets cadeaux, absolument identiques les uns aux autres. Chaque enfant pouvait prendre un paquet, sans l’ouvrir – donc sans savoir ce qu’il renfermait. Au bout de quelques minutes, bagarre générale : chacun voulait le paquet de l’autre ! »

     

    * spécialiste des neurones miroirs

     

     

    Extrait de Cet autre qui m’obsède de Jean-Michel Oughourlian, chez Albin Michel. Le livre est passionnant. Il fait le point sur les conséquences de la découverte des neurones miroirs, en matière psychiatrique d’abord, et dans tous les domaines qui touchent les neurosciences.

     

     

     

     

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