• L'émotion créatrice 

     

     

     

     

    Le don du saisissement

     

     

    « Le don du saisissement, […] c’est la faculté de vibrer aux ondes de l’Autre : du Toi », énonce Léopold Sédar Senghor. « Qu’est-ce que ce don du saisissement, qui nous définit si authentiquement ? C’est cette intuition qui, par-delà les apparences, perce l’écorce des faits. C’est ce que j’appelle la raison-étreinte. C’est elle qui plonge jusqu’aux racines humides des faits, jusqu’à leur ébranlement premier, et monte, dans le chant de la sève, vers l’accomplissement de leur fruit. […] Et voilà que l’homme, ému, se met à jouer, à revivre l’Autre par l’art, qu’il soit plante, animal, astre : à le danser, à le sculpter, à le peindre, à le chanter. »

     

     

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  • Grandir 

     

     

     

    Être-vers

     

    « L’homme est celui qui porte en soi plus grand que lui », disait Antoine de Saint-Exupéry. L’éducation n’a d’autre fonction que d’être cette ouverture vers « plus grand que soi », elle n’a d’autre justification que de permettre cette transcendance.

       Cet « être-vers » qu’est l’enfant est l’idéal même de cet « être-plus » que nous aspirons tous à devenir, ou plutôt que nous rêvons d’advenir.

     

     

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  • L'universel 

     

     

     

     

     

    Mêlés les uns aux autres

     

    « Nous sommes devenus, au cours de ce siècle, ouverts les uns aux autres, proches les uns des autres, pressés les uns sur les autres, mêlés les uns aux autres, corps et âmes. […] Il nous faut nous arranger à l’échelle de l’Universel : par et dans la Paix. »

     

    Léopold Sédar Senghor, 22 septembre 1968.

     

     

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  • Portfolio

     

    Parures

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

     

     Camille Claudel : L'Abandon

     

     

    L’obstacle de la beauté

     

    La difficulté principale que nous rencontrons à la lecture des Sonnets tient à leur perfection. Ils sont considérés, à juste titre, comme des chefs-d’œuvre d’écriture poétique et leur splendeur est un obstacle à notre compréhension. Subjugués par tant de beauté, nous ne voyons plus rien ! Shakespeare décrit ainsi la fascination qu’exerce la beauté, au sonnet 70 (vers 3-4) :

              The ornament of beauty is suspect,

              A Crow that flies in heaven’s sweetest air.

              « La beauté est suspecte et cela nous fascine,

              Comme un corbeau qui vole au milieu d’un ciel pur. »

       Éblouis comme nous le sommes par la langue si riche et si dense de Shakespeare, nous en oublions l’essentiel : pourquoi le poète s’est-il lancé dans ce projet singulier ? Souhaitait-il seulement faire de « la belle poésie » et étaler son habileté d’écrivain ? Cela parait douteux. Il avoue au sonnet 21 (vers 13-14) :

              ‘Let them say more that like of hear-say well, 

              I will not praise that purpose not to sell. 

              « Ignorez ces vantards qui aiment par ouï-dire :

              Ma louange est gratuite, et je n’ai rien à vendre. »

       Le dessein de Shakespeare n’est pas d’écrire pour écrire. Ce n’est pas un poète dilettante. « L’art pour l’art » n’est pas sa philosophie. Nous aurions du mal à le percevoir comme un esthète un peu dédaigneux, un aristocrate de la littérature méprisant ses pairs. Si Shakespeare a hésité longtemps à mettre ses Sonnets en avant, c’est parce qu’ils sont infiniment personnels, pour ne pas dire intimes. Et dans l’intimité de sa conscience, il n’était pas sûr d’avoir accompli ce que nous savons être une œuvre exceptionnelle.

     

    Extrait de la préface de mon édition bilingue commentée,

    Les Sonnets de Shakespeare, chez L’Harmattan.

     

        

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