• Shakespeare 

     

     

     

    Azincourt

     

    Quel salut pour le combattant ?

     

    Williams.  I am afeard there are few die well that die in a battle ; for how can they charitably dispose of anything, when blood is their argument?

     

    WILLIAMS. – J’ai bien peur qu’il y en ait peu qui meurent dans de bonnes dispositions quand ils meurent en pleine une bataille : quel salut espèrent-ils quand leur dessein est le massacre ?

     

                                                    Henry V, acte IV, scène 1.

     

     

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  • Vocabulaire

     

     

     

     

    Masculine

     

    Cela ne me dérange pas de dire « Madame la ministre », « la prof de ma fille », pas plus que de parler d’un « sage-femme »… Mais de là à sexualiser tout le vocabulaire, il y a un saut assez difficile à franchir. Le genre des mots est arbitraire. La mort, chez Shakespeare, est masculin/e. Faudrait-il dire « le mort » plutôt que « la mort » pour ne pas entacher le genre d’une connotation trop négative ? Être puni pour « délit de connotation », c’est un comble !

       Le « masculin grammatical », en français, est en fait du neutre. Quand je dis « il pleut », je ne sache pas que la pluie soit au masculin ! Devrais-je plutôt dire « elle pleut » ? Que le masculin soit du neutre, c’est plutôt humiliant pour les machos ! Dire que le masculin « l’emporte » sur le féminin dans une énonciation est simplement une idiotie. Il n’y a aucune victoire des mâles à dire « les enseignants » pour désigner une profession féminisée à plus de 80%. Avant de changer la grammaire, on pourrait déjà faire en sorte de renforcer la parité à l’école, côté prof…

       S’il faut corriger toute la littérature pour se mettre en conformité avec les nouvelles exigences du genre, ça va être dur. Pauvre Rimbaud ! Voilà à présent que « Je est UNE Autre ». S’il faut doubler, dans la conversation, « les militants » par « les militantes », « les adhérents » par « les adhérentes », « les citoyens » par « les citoyennes », etc., on ne s’en sortira plus. Le temps de finir sa phrase, on ne saura plus ce qu’on voulait dire. L’accord des participes passés est déjà assez compliqué comme cela !

       Quid de la ponctuation ? N’est-il choquant que la virgule soit féminine quand le point est masculin ? N’y a-t-il pas là une hiérarchie insidieuse et culpabilisante ?

       Que faire, dans l’armée, des « sentinelles », des « ordonnances » qui sont généralement des hommes ? Est-il humiliant pour un homme d’être « une vedette », « une star » ? Et que faire d’homo sapiens ? Faudra-t-il introduire le vocable femina sapiensa ? Combien de corrections à apporter dans les livres scientifiques, les manuels scolaires ?

       Je me convertirai à la nouvelle grammaire le jour où je serai sûr que l’ancienne est respectée. Commençons par une espèce plutôt qu’un espèce.

       Le mot le plus beau qui désigne l’être humain, c’est le mot « personne », et en français, il est grammaticalement féminin. Je le trouve admirable. Il vaut mille fois « individu ». Je suis extrêmement fier d’être UNE personne. Qu’on ne me retire pas ça !

     

     

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  • Psaume

     

     

     

     Photo : Kris Micallef

     

    Psaume 31

     

    2. Mon âme est en moi comme un enfant sevré.

     

     

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  • Les Sonnets

     

     

    ‘I myself ’

     

    Les Sonnets offrent, par rapport aux œuvres dramatiques, l’avantage exceptionnel de nous montrer Shakespeare au travail, ils nous permettent d’avoir une idée du regard qu’il porte sur l’écriture, sur l’acte poétique lui-même, sur sa création. Son attention et sa réflexion sur lui-même y sont omniprésentes. Les Sonnets ne sont pas une œuvre ordinaire dans la mesure où, pour la première fois sans doute dans l’histoire de la poésie, on y voit un auteur qui se décrit écrivant et qui prend la poésie comme miroir de lui-même. Il n’y évoque pas seulement ses sentiments et ses pensées, il s’y observe et s’examine en tant qu’écrivain. De là à en faire une œuvre autobiographique, la tentation est grande, et nombre de lecteurs, experts ou non de Shakespeare, ont cédé, sans arrière-pensée, à cette tentation.

       Pour comprendre les Sonnets, il faut d’abord savoir de quoi ils parlent, ce qu’ils veulent dire. Et pour cela, il faut bien prendre en compte, d’une manière ou d’une autre, celui qui parle. Pour René Girard, l’implication de Shakespeare dans son œuvre, et singulièrement dans ses Sonnets, est égale à l’implication de Proust dans la Recherche. Évidemment, les Sonnets ne sont pas, à strictement parler, une biographie ─ loin de là même ─, mais « s’imaginer qu’un écrivain comme Shakespeare ait pu passer sa vie entière à représenter un désir totalement étranger à sa propre expérience est d’une absurdité criante. »

     

    Extrait de Shakespeare et son double, L’Harmattan, 2011.

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

     

    Répétition 

     

    Shylock. Why, Jessica, I say !

    Launcelot. Why, Jessica !

    Shylock. Who bids thee call ? I do not bid thee call.

    Launcelot. Your worship was wont to tell me that I could do nothing without bidding.

     

    SHYLOCK. – Oh là, Jessica, j’appelle !

    LANCELOT. – Oh là, Jessica !

    SHYLOCK. – Qui te demande d’appeler ? Je ne te demande pas d’appeler.

    LANCELOT. – Votre Honneur m’a souvent dit que je ne savais rien faire sans qu’on me le dise !

     

    Le Marchand de Venise, acte II, scène 5, l. 6-9.

     

     

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