• Éducation

     

     

    À quelle source les enfants viennent-ils boire ? 

     

    Enfance empathique

     

    « …l’enfance est l’état naturel où la faculté de se concevoir autre se manifeste avec le plus d’évidence… », dit René Girard commentant Marcel Proust dans Mensonge romantique et vérité romanesque. C’est ce qu’exprime explicitement Marcel Proust quand il dit dans Du côté de chez Swann : « Tout ce qui n’était pas moi, la terre et les êtres, me paraissait plus précieux, plus important, doué d’une existence plus réelle. » Que chacun s’interroge, qu’il replonge dans son enfance, et il comprendra à quel point cela est vrai. Les enfants sont sans défense devant leurs désirs d’identité. Ils sont authentiques. Leurs désirs font « pousser » leur identité, comme un engrais. Quel terreau offrons-nous à nos enfants ?

     

     

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  • Poésie

     

     

     

     

     

    frères précaires

     

         Ne sommes-nous que des frères précaires

         unis et seuls face à notre nuit ?

         Ou sommes-nous plus profondément

         des frères d’éternité sans le savoir ?

     

                               Nicolas Blanc, Le calme dans la tempête

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

    Le Viol de Lucrèce par Le Tintoret

     

    Les circonstances

     

    ‘O Opportunity ! thy guilt is great !’

     

    « O circonstances, votre faute est grande ! »

     

                                         Le Viol de Lucrèce

     

    Les circonstances ont toujours été le prétexte, le refuge, la « bonne excuse » des lâches, des tricheurs et des hypocrites. Pour éviter d’être accusé, il suffit d’accuser… les circonstances. C’est facile.

     

     

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  • Autonomie absolue 

     

     

     

     

     

    L’enfer de soi

     

     

         ‘What potions have I drunk of Siren tears
         Distill’d from Limbecks foul as hell within…


         « J’en ai bu des potions de larmes de sirènes,

         Provenant d’alambics infects comme l’enfer… »

     

                                                   Sonnet 119

     

       Shakespeare parle de ‘hell within’, c’est l’enfer de soi, l’enfer enfermement.

     

    *

     

    L’individu qui « choisit » sa drogue est persuadé d’exercer sa liberté. Délié du monde, il croit être affranchi de « l’enfer des autres » et il se retrouve dans « l’enfer de soi ». De tous les produits qui magnifient la solitude tout en irradiant le Moi imaginaire, la drogue est évidemment le plus efficace. Ce qui explique son succès, sa diffusion facile, les profits insensés qu’elle génère… La drogue est le plus court chemin de soi à soi. C’est l’enfermement intégral, c’est le retour à l’utérus prénatal. Sous l’effet des stupéfiants, le cerveau génère ses propres images, le drogué se consomme lui-même. Je n’est plus un Autre, Je est Je. ‘I am I ’, hurle Richard III comme un drogué. Dans sa détresse extrême, il n’a plus qu’autre recours que lui-même. Le triomphe éblouissant du MOI-JE est l’apothéose de sa déchéance. Cet être sublimé proche du non-être, le drogué, est un suicidé en sursis. Pas toujours en sursis. 

     

     

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  • Shakespeare

     

     

     

     

    Le lait de la tendresse humaine

        

        ‘Yet do I fear thy nature ;

         It is too full o’ the milk of human kindness,

         To catch the nearest way.’

     

         « Ah, je redoute ta nature :

         Elle est trop pleine du lait de la tendresse humaine

         Pour que tu choisisses le plus court chemin. »

     

    Lettre à Lady Macbeth, Acte I, Scène 5, vers 16-18.

     

     

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