• Éducation 

     

     

     

     

     

    Vocation

     

    Au bout de la vocation, nous trouvons une personne, comme la définissait le philosophe Emmanuel Mounier : « De qui relève l’éducation de l’enfant ? […]. Quel est son but ? Il n’est pas de faire mais d’éveiller des personnes. Par définition, une personne se suscite par appel, elle ne se fabrique pas par dressage. »  La personne est un « être-vers », pas seulement un « être-là ». Cet « être-vers » ne demande qu’à advenir. L’enfant est un être voué.

      Le maître n’a pas à se soucier de savoir en quoi son élève est doué, mais à quoi il est voué. Bien que cette vocation soit unique, singulière, l’enfant ne la connaît pas toujours clairement lui-même. C’est alors au maître de faire la lumière. Plus fondamentalement, le maître est cette lumière. J’aime cette idée d’un enseigneur source de lumière. Cette source, extérieure à l’enfant, un peu distante, un peu haute, lui sert d’inspiration. Par nécessité, le modèle est « au-delà ». Qui parle ? D’où parle-t-il ? Le savoir se nourrit de la connaissance que l’on fait lentement de son maître. Bien sûr, il restera toujours lointain, inaccessible ou il paraîtra tel, même après que l’élève laura dépassé. Jai connu nombre d’élèves que jai découverts plus intelligents, plus brillants que moi. Je le savais, eux ne le savaient pas…  Le bout de route que nous avons fait ensemble m’a comblé de bonheur. Eux ne s’en souviennent peut-être pas.

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

    Elizabeth (1533-1603)

     

    Pomp and Circumstance

     

    What have kings, that privates have not too,

    Save ceremony, save general ceremony ?

    And what art thou, thou idol ceremony ?
    What kind of god art thou, that suffer’st more
    Of mortal griefs than do thy worshippers ?

    What are thy rents ? what are thy comings-in ?

    O ceremony, show me but thy worth !

    What is thy soul of adoration ?

    Art thou aught else but place, degree and form,

    Creating awe and fear in other men ?

    Wherein thou art less happy, being fear’d,

    Than they in fearing.

    What drink’st thou oft, instead of homage sweet,

    But poison’d flattery ? O ! be sick, great greatness,

    And bid thy ceremony give thee cure.

     

    Que possèdent donc les rois que les particuliers ne possèdent pas,

    Hormis la pompe, hormis la pompe qui les environne  ?

    Et qu’es-tu donc, toi l’idole protocolaire ?

    Quelle espèce de dieu es-tu, toi qui souffres de plus

    De peines mortelles que tes adorateurs ?

    Quel est ton salaire ? Quels sont tes bénéfices ?

    Ô apparat, montre-moi ta vraie valeur ?

    Qu’y a-t-il dans l’âme de l’adoration ?

    Qu’es-tu d’autre qu’une position, un rang, une forme,

    Qui imposent aux autres hommes la terreur et la crainte ?

    Et tu te retrouves moins heureux, en étant craint,

    Que ceux qui te craignent !

    Que bois-tu d’autre, le plus souvent, au lieu de l’élixir des hommages,

    Que le poison de la flatterie ? Ô ! grandeur grandiose, tombe malade,

    Et demande à ton cérémonial de te guérir.

     

                                                                                 Henry V, act IV, sc. 1, l. 237-251. 

     

     

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  • Autonomie 

     

     

     

     

     

     

    Abandon

     

     

    « Eh bien ! votre demeure va vous être laissée. Oui, je vous le dis, vous ne me verrez plus. »

                                                                Luc, 13, 35.

     

    Bien avant que Nietzsche ait proclamé la mort de Dieu, Celui-ci s’était absenté pour longtemps. Nous voulions nous débrouiller tout seuls, c’est réussi ! Le combat anti-religieux n’a plus lieu d’être, sauf pour ceux qui s’imaginent que Dieu est encore là. À croire qu’ils regrettent qu’Il n’ait pas ressuscité…

     

     

     

     

     

     

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  • Les Sonnets 

     

     

     

     

    Résurrection  

     

    Dans les Sonnets, le but que le poète s’est assigné est de perpétuer la mémoire de W.H., son « bien absolu », son « presque paradis ». Il veut le sauver de la destruction définitive. Il doit trouver un moyen de maintenir la vie :

     

              ‘[…] till the judgement that your self arise,

              You live in this, and dwell in lovers’ eyes.’ 

             

              « En attendant le jour de la résurrection,

              Vous vivez dans les yeux de tous ceux qui vous aiment. »   (Sonnet 55)

     

       Quel moyen la poésie a-t-elle de faire revivre ce qui a disparu ? Le poète a besoin pour cela que ses sonnets soient relus, qu’ils soient réanimés par la lecture. Ceux qui liront ses vers (‘lovers’ eyes’) participeront ainsi à la résurrection de W.H. :

             

                ‘You still shall live (such virtue hath my pen)

                 Where breath most breathes, even in the mouths of men.’

     

                 « Par la vertu de mes écrits, vous vivrez donc

                 Là où souffle la vie : sur les lèvres des hommes. »   (Sonnet 81)

     

       Le souffle qui peut faire revivre W.H. est-il celui de la Genèse, quand Dieu souffla sur le monde pour lui donner vie ? Il est d’abord celui des lecteurs des Sonnets qui, en relisant les vers de Shakespeare, leur donnent vie.

     

     

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  • Citation

     

     

     

     

    L’indifférence

     

    « Descartes l’avait déjà vu avec une admirable clarté : la liberté d’indifférence est le plus bas degré de la liberté. »

     

                                                                           Gabriel Marcel

     

     

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