• Archaïque 

     

     

     

     

    Le progrès

     

    Quand nous faisons défiler un texte sur un écran, nous reproduisons ce que faisaient les anciens qui lisaient sur des rouleaux. L’invention du livre, qui remonte au IIe ou IIIe siècles de notre ère, sous forme de codex, semblait un progrès irréversible, définitif. Or, nous sommes retournés au rouleau. Quand nous écrivons avec notre doigt sur une tablette, nous ressemblons aux Babyloniens qui agissait de même il y a 3700 ans !

       Ce que nous appelons la révolution numérique n’est-elle qu’un recommencement ? Absolument pas. Le « mythe de l’éternel retour » ne repose sur aucun fondement. C’est un mythe archaïque. On aura beau faire, la pendule ne tourne pas à l’envers.

       S’il y a du progrès quelque part, il faut le chercher ailleurs.

     

     

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  • Portfolio : les cinq sens 

     

     

    L’ouïe

     

    « De la musique avant toute chose. »

                                                              Verlaine

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Citation

     

     

      

    La nature contredite

     

    « L’homme est peut-être le premier objet naturel où la nature essaie de se contredire. »

     

    Gaston Bachelard

      

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  • Les Sonnets 

     

     

     

     

     

    Shakespeare lecteur de Shakespeare

     

    Les Sonnets parlent d’amour, de séduction, de passion, de jalousie, de joie suffocante et de bonheur impossible, d’espérance et d’insatisfaction perpétuelle, de rivalités, de calomnie, de la précarité de la beauté et du besoin jamais assouvi que nous avons d’être aimés. Tous ces thèmes sont systématiquement repris par Shakespeare au fil du recueil. À chaque relecture, il les déconstruit, il les approfondit. Il est impossible de comprendre les derniers sonnets sans revenir aux premiers, à leur source en quelque sorte. Il faut lire les sonnets comme Shakespeare les a écrits, en les relisant continuellement. C’est ce qu’il dit avoir fait au sonnet 77 (v. 9-14) :

     

                ‘Look what thy memory cannot contain,
                   Commit to these waste blanks, and thou shalt find
                   Those children nurs’d, deliver’d from thy brain,
                   To take a new acquaintance of thy mind.
                   These offices, so oft as thou wilt look,
                   Shall profit thee, and much enrich thy book
    .’

     

                « Tout ce que ne pourra contenir ta mémoire,

                   Tu le retrouveras caché entre ces lignes,

                   Et comme des enfants sortis de ton cerveau,

                   Elles t’apparaîtront sous un angle nouveau.

                   Aussi souvent que tu regarderas ton livre,

                   Il sera enrichi pour ton meilleur profit. »

     

       On voit que le travail de relecture approfondie a été initié par Shakespeare lui-même.

     

     

    Extrait de la préface de mon édition bilingue commentée,

    Les Sonnets de Shakespeare, chez L’Harmattan.

     

     

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  • Sacrificiel

     

     

     

     

    Le meurtre du fils

     

    Michel Serres, dans son dernier ouvrage, c’était mieux avant, rappelle comment des générations de pères ont envoyé à la guerre, c’est-à-dire à l’abattoir, des générations de fils : 1870, 1914, 1940, Indochine, Algérie... Extrait.

     

       Sauf les bombardements civils des villes, et, dans la plupart des cas, décidées, préparées, organisées par des personnes d’âge mûr, les guerres du siècle tuèrent la jeunesse mâle. Autrement dit, dans les ministères, ambassades et quartiers généraux, quelques pères de ladite élite s’adonnaient avec ivresse au meurtre du fils, par dizaines de millions. Peu après, aveuglés sans doute devant ce volume grandiose de tombes, filles et fils rescapés apprirent, dans les amphithéâtres, le « meurtre du père ».

       Morts et mensonge, c’était vraiment mieux.

     

     

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