• Empathie 

     

     

     Musée de l'empathie à Londres

     

    Mettez-vous à leur place

     

    Imaginez qu’on construise une plateforme pétrolière dans l’embouchure de la Gironde. Imaginez qu’on réintroduise des loups dans le bois de Boulogne. Imaginez qu’on acclimate des ours dans la forêt de Fontainebleau. Imaginez un joli champ d’éoliennes géantes sur le plateau de Saclay. Imaginez un nouvel aéroport à Rambouillet. Et un grand barrage sur la Seine vers Andrésy. Pourquoi pas une Centrale EPR en Vallée de Chevreuse. Imaginez qu’on vende en France les mêmes médicaments qu’en Afrique. Imaginez un total de réfugiés équivalent à 25% de la population autochtone. Imaginez une réduction drastique des agents de police, des services hospitaliers dans votre quartier. Imaginez une classe de primaire avec 70 élèves…

       Pour connaître avec précision la « faisabilité » de tout projet, soyez égoïste, demandez-vous : et si c’était moi ?

     Évidemment, quand les forages pétroliers ne dérangent que quelques Indiens d’Amazonie, ce n’est pas si grave. Un grand barrage hydro-électrique au milieu de l’Auvergne, on s’en fout ! Des médicaments un peu trafiqués pour les Africains, quelle importance ? Mais, si c’était moi ?

       Le PDG qui trouve qu’on gagne correctement sa vie avec un SMIC n’a qu’à essayer. Les partisans du « tout sécuritaire » qui trouvent que 20 ans de prison, ce n’est pas beaucoup, n’ont qu’à y aller voir. Les bourgeois qui considèrent que les pauvres râlent décidément beaucoup devraient prendre plus souvent le RER.

       Nous naissons avec une capacité d’empathie qui est extraordinaire. Avec nos neurones miroirs, nous sommes de vraies éponges. Et puis, nous brouillons les miroirs, nous mettons du verre cathédral sur nos vitres mentales, et le tour est joué. Je ne t’ai pas vu, tu n’existes pas.

      

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Shakespeare 

     

     

     

    Le serviteur honnête

     

    Léonte, pris par la contagion de sa jalousie aveugle, en vient à perdre confiance en tous ceux qui étaient, jusque-là, ses conseillers et ses confidents. Camillo, son fidèle serviteur, se défend du soupçon que le roi fait peser sur lui.

     

    Camillo to Leontes

     

                               My gracious lord,
    I may be negligent, foolish, and fearful.
    In every one of these no man is free,
    But that his negligence, his folly, fear,
    Among the infinite doings of the world,
    Sometime puts forth. In your affairs, my lord,
    If ever I were willful-negligent,
    It was my folly ; if industriously
    I play’d the fool, it was my negligence,
    Not weighing well the end ; if ever fearful
    To do a thing where I the issue doubted,
    Whereof the execution did cry out
    Against the non-performance, ’twas a fear
    Which oft infects the wisest. These, my lord,
    Are such allow’d infirmities that honesty
    Is never free of. But, ’beseech your Grace,
    Be plainer with me : let me know my trespass
    By its own visage. If I then deny it,
    ’T is none of mine.

     

     

    Mon gracieux seigneur,

    Il m’arrive, c’est vrai, d’être négligent, déraisonnable ou peureux.

    De ces défauts, aucun humain n’est jamais affranchi :

    Il se peut que la négligence, la folie et la peur,

    Au milieu de tout ce qui lui arrive en ce monde,

    Viennent l’assaillir quelquefois. Dans vos affaires, monseigneur,

    Si j’ai jamais été négligent volontairement,

    C’était pure folie de ma part. Si dans mon élan,

    Je me suis comporté de manière déraisonnable, c’est par négligence

    Et ignorance des conséquences. Si j’ai jamais craint

    De faire quelque chose dont je doutais de l’efficacité,

    Et s’il m’apparaissait, alors, que je ne devais pas

    L’entreprendre, c’était une crainte semblable

    À celle qui affecte les plus sages. Ce sont là, monseigneur,

    Des faiblesses dont l’honnêteté

    N’est jamais quitte. Je supplie ici votre Grâce

    De me parler plus franchement. Faites-moi connaître ma faute

    Telle qu’elle apparaît. Si je la conteste,

    C’est que je ne l’ai vraiment pas commise.

     

    The Winter’s Tale, act I, sc. 2, l. 249-267. 

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Education 

     

     

     

     

    Empathie et éducation

     

    « Le modèle, celui qui m’apprend, doit se comporter en guide. […] Ma relation à lui se projette sur mon cortex, elle suscite des émotions positives. […] On n’apprend à parler vraiment une langue qu’en discutant avec une autre personne. »

     

    Extrait du dernier livre de Jean-Michel Oughourlian,

    Cet autre qui m’obsède, chez Albin Michel.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Portfolio : Henri Matisse 

     

    Simple comme la couleur

     

     

     

     

     

     

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • L'universel

     

      

    Pluriels

     

    La globalisation récente s’est accompagnée d’une invasion de pluriels. Il n’est question partout que des libertés, des savoirs, des droits, des opinions et des cultures. La pluralité généralisée touche même les religions, avec ce paradoxe presque comique de la mise en concurrence des trois monothéismes. Dieu lui-même, Dieu unique, se fait la guerre…  Le monde globalisé est divisé contre lui-même. L’universel a éclaté en petites dissemblances, comme pour mieux nous cacher notre formidable ressemblance !

       Admettons enfin que l’universel est inévitable. Le monde se resserre et nous n’y pouvons rien. Inconsciemment (ou non), nous y travaillons, nous l’espérons. Les « pluriels » ne sont que des points de résistance à l’extraordinaire mouvement de l’universel qui tend vers lui-même, vers son accomplissement. « Quand les temps seront accomplis… », nous nous étonnerons de notre sottise.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire