• Portfolio 

     

    Passion de lire 

     

    Se découvrir soi-même dans un autre.

     

    Se découvrir pluriel dans beaucoup d’autres.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • État de la conscience

     

     

     

     

     

     

    À l’assaut du Royaume

     

    Le « Royaume de Dieu » est celui de la paix, de la réconciliation, de l’entente entre les hommes. Certains l’appellent utopie, d’autres « grand soir », d’autres encore l’appellent chimère. Ils l’ont placé très loin devant eux. Ils s’imaginent parfois qu’ils l’ont inventé et ils en sont fiers. Ils ont juste oublié que ça fait 2000 ans qu’on en parle.

     

                        « Le Royaume de Dieu est annoncé, et tous

                        s’efforcent d’y entrer par la violence. »

                                                                                                Luc, 16, 16.

     

    Contradiction fatale !

     

     

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  • Mimétisme 

     

     

     

     

     

     

    Humain, forcément humain

     

    Il n’y a rien que nous percevons que nous n’assimilions à de l’humain. Montaigne le savait. « Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition », disait-il. Mais la proposition ne s’arrête pas là. Elle ne s’arrête même pas du tout. Tout ce que nous touchons, nous l’humanisons. Tout ce que nous pensons, ressentons, jugeons, admirons, est « enrobé » d’humain. Tout ce que nous savons de la nature, c’est grâce à notre culture que nous le savons. Même ce que nous croyons n’avoir pas appris passe par notre culture. Il n’y a pas de savoir sans apprentissage, façonné par le langage. Nous parlons tous une langue humaine. Tout ce que nous regardons est filtré par nos représentations. Ce que nous appelons rouge n’est rouge que parce qu’on nous a appris à reconnaître le rouge. Il n’y a pas plus de vérité entre le dessin de l’atome et l’atome lui-même qu’entre Roméo et Juliette et l’amour. 

       Notre empathie naturelle, notre mimétisme spontané, font que   nous voyons de l’humain partout autour de nous. Nous parlons à notre téléphone comme s’il pouvait nous répondre personnellement. Hélas, les marchands ont fabriqué des téléphones qui enregistrent notre voix et qui « répondent ». Souvent n’importe quoi, mais ils répondent ! Nous insultons notre GPS quand il nous donne une mauvaise indication, en fait, une direction que nous ne voulions pas : nous lui prêtons des intentions. Les nouveaux robots sont conçus avec des « yeux », des « bras » et des « jambes », non pas parce qu’ils en ont besoin, mais pour nous rassurer, pour les rendre familiers. Sinon, nous verrions aussitôt que ce sont des machines, et plutôt bêtes dans l’ensemble…

       Ce réflexe, c’est ce que nous appelons de l’animisme. Nous rejetons l’animisme comme appartenant aux cultures primitives, or, nous faisons la même chose. En pire, évidemment, puisque nous sommes convaincus d’être objectifs, rationnels, matérialistes. Telle est la grande illusion des post-modernes ! Les découvertes récentes sur l’empathie nous apprennent que le petit d’homme, à peine né, imite son environnement, il se focalise exclusivement sur son environnement humain. Et heureusement pour lui. Comment s’humaniserait-il autrement ?

       Les étonnements naïfs des éthologues et autres défenseurs de la cause animale reposent sur la reconnaissance, chez les animaux, de comportements qui ressemblent aux nôtres. Et comment ces doctes observateurs reconnaîtraient-ils des comportements qui ne ressemblent pas aux nôtres ? Ils ne le pourraient pas. Ils passeraient simplement à côté. Leur observation est faussée par leur science même. Les animaux que nous observons ne sont pas des animaux naturels, ce sont des animaux observés, passés au crible de notre intelligence.

       Dans un avenir pas si lointain, les enfants « hors sol » qui seront conçus in vitro et naîtront après une gestation « hors utérus », ne seront certainement pas nostalgiques du lien originel qui unissait leurs lointains ancêtres à leur mère. Élevés par des petits robots gentils qui ne les contrarieront jamais, débarrassés de leur « environnement humain », à quoi ressembleront-ils ? Quand ce temps arrivera, j’espère qu’il restera quelques grands singes pour les prendre en charge et recommencer le long processus d’hominisation qui aura été interrompu.

     

     

     

     

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  • État de la personne 

     

     

    Ma part de camembert 

     

    Si la démocratie est rarement d’expression directe (la planète n’est pas assimilable à un canton suisse), on peut avantageusement substituer le sondage d’opinion au suffrage universel. Rassemblée en catégories mesurables, contrôlables, remodelée en « grandes tendances », la masse devient gérable. Il y a de la place pour tout le monde dans le grand « camembert » des sondeurs. Que chacun prenne donc place dans le camembert. Comment se reconnaît-on dans un camembert ? Justement, on ne s’y reconnaît pas. Toute pensée originale, toute expérience singulière doivent être ramenées à des « opinions », à des « tendances » – et ensuite, on les compte… Peut-on s’identifier à une part de camembert ? Précisément, non. Les règles sacrées de l’anonymat restent inviolées.

       Voilà un paradoxe criant : la mondialisation ne rassemble pas les individus, elle les sépare, elle les atomise, elle les éloigne les uns des autres. La masse est une masse, chaque unité qui la compose demeure une unité. De la cellule unique au corps complet, il n’y a pas place pour des alliances ou des affiliations durables. Disparaissez. Un réseau social (Facebook, Twitter) n’est pas un club. Les fichiers informatiques contiennent des listes immenses de noms de personnes inconnues entre elles. Avant d’entrer dans le système, tapez votre pseudo : vous n’êtes pas tenu d’apporter votre âme.

     

     

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  • Éducation 

     

     The runaway by Norman Rockwell

     

    Comment le petit d’homme

    devient-il un homme ?

     

    L’émergence du petit d’homme en tant que personne est une chose merveilleuse et complexe. Pour s’affranchir, il doit partir. Mais il ne peut partir seul. « Je » veut atteindre « tu », mais pour cela il a besoin d’un « il », ou d’un « elle », c’est-à-dire d’un maître, d’un guide, d’un modèle. À qui veut-il ressembler ? La première personne veut s’incarner dans la deuxième personne, mais ne le peut pas sans l’aide (l’appui, la main, le souffle) d’une troisième personne. La personne humaine ne « se » construit pas, à proprement parler, elle « se » conjugue. Advenir à l’humanité n’est pas un petit jeu binaire, c’est un grand mystère trinitaire.

     

     

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