• Éducation

     

     

      Dead Poets Society

     

    « En m’attachant, je deviens libre. »

     

    L’Enfance, c’est la promesse mêlée au désir ! La pédagogie du lien valorise donc le cœur. Je ne peux apprendre ─ moi, élève, ego, individu ─ que de l’autre ; je ne peux être éduqué que par l’autre. Je ne peux m’élever qu’en me livrant à l’autre ─ qui, à son tour, me délivre de mon ignorance. C’est l’autre qui me délie de mes faiblesses. En m’attachant à lui, je deviens libre. Non pas autonome, mais libre. Apprendre, c’est d’abord découvrir son prochain. C’est aussi être découvert par lui : reconnaître l’autre en soi, l’alter dans mon ego. Être le prochain de son prochain. Le médiateur, l’accoucheur, le révélateur, l’enseigneur, l’autre absolu, est l’agent unique et indispensable de mon hominisation, de mon humanisation. De lui, je dépends corps et âme.

     

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  • État de conscience 

     

     

     

     

    Progrès

     

    Au siècle des Lumières, illuminés par leur optimisme tout neuf, les philosophes ne doutaient pas que le progrès scientifique était indissociable du progrès moral. La science et la sagesse devaient avancer de concert. Deux siècles plus tard, nous pouvons nous interroger.

       Nous constatons qu’effectivement le progrès scientifique, exponentiel, spectaculaire, que nous avons connu depuis la fin du XVIIIe siècle, a été accompagné de bouleversements sociaux et comportementaux considérables. Pour autant, le progrès moral est-il à la hauteur des espérances ? À bien des égards, nous pouvons répondre oui. Malgré le sentiment général, à contre-courant de la réalité vécue, nos sociétés avancées sont largement plus pacifiées qu’elles n’étaient, les violences urbaines, civiles, ont diminué extraordinairement, la tolérance pour les minorités (ethniques, sexuelles ou autres) est sans comparaison avec ce qu’il en était encore ne serait-ce qu’il y a 50 ans ! Mais cela ne nous satisfait pas entièrement.

       Proportionnellement mais est-ce chiffrable ? , nous avons le sentiment que le comportement moral des citoyens d’aujourd’hui n’est pas aussi « avancé » que la science. Nous craignons même qu’il ait régressé. La science, justement, est accusée de notre dégénérescence morale : le transgénisme, la GPA, le clonage représentent-ils moralement un progrès ?

       Il semble que ce qui a manqué dans la progression parallèle de la science et de la morale, c’est le développement de la responsabilité. Ce qui a été engrangé collectivement n’a, contre toutes apparences, pas été le cas individuellement.  Il semble même que le « principe responsabilité » pour parler comme Hans Jonas , au lieu de s’accroître, a plutôt diminué, sous l’effet de l’expansion de l’égoïsme individuel, largement encouragé par le confort accru que la technologie issue des progrès scientifiques nous a apporté. Le relâchement de la morale sexuelle en est l’exemple le plus criant. L’objet du désir, réduit à n’être qu’un objet sexuel, n’est plus rien d’autre qu’un objet. Que reste-t-il de la personne ? Le constat est triste.

       Qu’a-t-il manqué finalement ? Simplement un progrès de la conscience au moins égal au progrès de la science. Nous avons privilégié l’esprit aux dépens de l’âme (quand nous n’avons pas irréparablement congédié l’âme). Mais rien n’est perdu. Avec la décroissance, avec la perception de plus en plus claire de la finitude du monde et des limites de la connaissance, nous approchons, je crois, d’une ère nouvelle où l’âme prendra le dessus sur l’esprit. Ceci est une utopie, c’est-à-dire un lieu inconnu vers lequel nous avançons sans le voir encore… Mais nous avançons quand même. Ce progrès-là n’est pas inéluctable. Et tant mieux. Nous devons tenir pour certain que le progrès moral ne dépendra pas seulement de nos savoirs, mais bien davantage de notre conscience, de notre volonté, et de nos désirs communs de nos désirs mis en commun. J’ai hâte de vivre en 2100…

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

    Effet miroir

     

    ORLANDO.

    But, O ! how bitter a thing it is to look into happiness through another man’s eyes !

     

    Ah ! qu’il est cuisant de regarder le bonheur avec les yeux d’un autre !

     

                        As You Like It, Comme il vous plaira, acte V, scène 2, l. 42 et s. 

     

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  • Citation

     

     

    Francisco Serrano 

     

    « La parole n’est qu’une forme spécialisée du geste corporel. »

     

                                                                            Anthony Burgess

     

     

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  • Portfolio 

     

     

    Le garçon qui pleure

     

    Résidu archaïque de l’entrainement obligatoire au combat il fallait bien protéger les femelles et leurs petits dans la horde primitive –, la répression de l’émotion chez les garçons continue d’être considérée comme une vertu. En oubliant la frustration qui l’accompagne et les conséquences néfastes d’une telle censure. On sait aujourd’hui qu’un Q.I. non contrôlé par un Q.E. équilibré gêne à la prise de décision. Pas d’émotions pour un soldat : on lui demande de ne pas penser. Mais s’agissant d’un adulte accompli, la répression des émotions est une cause d’irresponsabilité, aggravée par le fait que cette répression est occulte (elle opère par méconnaissance).

       Le mélodrame et le conte « à l’eau de rose » sont bons pour les filles. Quel mépris pour « le sexe faible » ! Mais le garçon, lui, doit se montrer résistant aux émotions. Quand on dit « se montrer », on révèle qu’il n’est pas exempt d’émotions, mais il doit d’abord les cacher faute de les contenir complètement. Quant aux hommes qui « ne ressentent rien », il faut plutôt les plaindre que les critiquer, voire les craindre. Le « Che » n’éprouvait rien, dit-on, en écoutant de la musique. Il ne faisait pas la différence entre une berceuse et une marche militaire. Il était également capable d’exécuter froidement, dans le stade de La Havane, pendant la Révolution cubaine, les opposants au nouveau régime. Quel homme ! Imagine-t-on le « Che » en larmes ? Imagine-t-on Poutine en train de pleurer ?

       Nous sommes conditionnés à aimer les brutes.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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