• Shakespeare 

     

     

     

     

     

    L’ordre et l’harmonie

     

    Portia. Nothing is good, I see, without respect.

    […]

    How many things by season season’d are

    To their right praise, and true perfection !

     

    PORTIA. – Rien n’est parfait, je le vois, qu’à sa bonne place.

    […]

    Tant de choses doivent à leur position d’être

    Louées justement pour leur vraie perfection !

     

     

    The Merchant of Venice, V, 1, 101-108.

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  • Felix Culpa

     

     

     

     

     

    Empathie inversée

     

    Nous ne sommes pas empathiques avec les animaux, ce n’est pas leur image qui se reflète en nous, c’est nous qui nous projetons en eux. Comment nous voient-ils ? Nous n’en avons aucune idée.

       Par mimétisme anthropomorphique, nous leur prêtons des sentiments proches des nôtres, nous sommes sûrs de nous reconnaître en eux, mais c’est pure illusion.

       « Les droits des animaux » reposent sur l’idée que les animaux sont comme nous « parce qu’ils souffrent » (dixit Peter Singer). Avant une époque récente, leur souffrance ne nous importait guère. Prédateurs comme les autres, nous les chassions, nous les mangions, et puis c’est tout. Mais la grande vague de Victimisation a submergé la planète, et nous voilà tout émus. Désormais, les animaux nous apparaissent comme des victimes, ils sont nos victimes. Belle culpabilité !

       Les animaux, « qui ont des droits comme nous », ont-ils, pour autant, la moindre chance d’être jamais « coupables » ? Il ne manquerait plus que ça !  Mais alors, s’ils ne peuvent pas être coupables, ils ne peuvent pas non plus être innocents. Dans notre belle fraternité avec les animaux, nos critères ne collent pas. Nous confondons empathie et pitié. Nous n’avons pas d’empathie avec les animaux, nous avons de la compassion… C’est bien, mais ce n’est pas la même chose.

       Quand, dans leurs expérimentations, les scientifiques ont découvert que certains animaux (les chimpanzés, les dauphins, les éléphants) sont capables de « se reconnaitre » dans le test du miroir, ils ont un peu vite conclu que les animaux ont une conscience, une forme de conscience. Précipitation dommageable. Simplification étourdie. Quand les bonobos copulent « librement » en public, en quoi leur comportement se rapproche-t-il d’un comportement humain ? Qu’arriverait-il au malheureux humain qui tenterait de copuler tout nu, en public, comme un bonobo ? Rien de bon. La conscience, c’est autre chose que « le test du miroir ». L’image de l’autre en moi, le regard de l’autre, son jugement changent tout. Les animaux ne jugent pas (d’où l’air d’innocence qu’on leur prête), mais ils ne savent pas non plus qu’ils sont jugés. Même quand ils sont ridiculisés dans un cirque…

        L’humanité de l’homme vient de sa culpabilité ! C’est difficile à admettre pour un individu moderne, autonome et déchristianisé. La culpabilité, c’est ce sentiment merveilleux des humains vraiment humains qui les retient dans leur pulsion violente à faire des victimes, au moment sublime où ils se demandent : « Et si c’était moi ? ». Tristes bourreaux, effroyables tyrans qui n’ont jamais souffert d’avoir fait souffrir les autres ! Le renoncement à leur humanité fait peine à voir. Qu’ils naient pas été empêchés dans leur violence aveugle est affligeant. Que les bourreaux-tyrans toujours vivants ne soient pas honnis, poursuivis par l’humanité toute entière, tend à prouver que l’humanité toute entière n’est pas encore atteinte.

       En attendant, on peut s’occuper du bonheur des bonobos.

     

     ⊶ ⊶ ⊶ ⊶ ⊶ ⊶  

     

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  • Portrfolio : les cinq sens

     

    Le toucher

     

                                                            « Nous accédons à tout sauf au corps bien-aimé. »

     

                                                                                                       Michel Serres

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Parution

     

     

     

     

     

    Après trois précédents ouvrages – Le Maître des désirs, La Génération virtuelle et Et mon tout est un homme –, je viens d’achever un nouvel essai qui complète et approfondit ma recherche dans le domaine de l’éducation.

     

    Son titre : L’alter de mon ego, Empathie, mimétisme et éducation.

     

    Il est publié aux éditions de L’Harmattan.

     

    L’empathie n’est pas un concept nouveau, ni une mode, c’est une caractéristique normale du fonctionnement du cerveau, mise en lumière dans les années 1990 par la découverte des neurones miroirs. Assez proche de mes recherches sur le mimétisme et l’éducation, je peux dire que j’ai « pratiqué » l’empathie pendant près de 40 ans. Le présent essai récapitule mon expérience originale, il fait le point sur les apports de l’empathie dans l’éducation et ouvre, je l’espère, de nouvelles perspectives qui entraînent l’École sur les chemins inédits du XXIe siècle.

     

    Disponible directement sur le site de L’Harmattan en version papier et en version numérique :

     

    http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=58265

     

    Vous pouvez également me le commander pour dédicace, contre un chèque de 17,50 € à mon adresse :

     

    Joël HILLION

    13 rue de Sèvres

    91540 MENNECY

     

     

     

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  • Devoir d’intelligence

     

     

    Logique commerciale

     

    Face aux problèmes (au pluriel) de la pollution globale, il va falloir imaginer des quantités de solutions. Or que voyons-nous le plus souvent ? Les petits malins qui ont étudié dans les Écoles de commerce, les ingénieurs qui se sont convertis au marketing, les « décideurs », nous proposent tous des solutions… marchandes. La dépollution non seulement ne doit rien coûter, mais si elle peut rapporter (selon la logique du profit), c’est mieux !

       Il y a danger à suivre cette pente. À un problème multiple et complexe, n’appliquer qu’une seule logique (ici la logique commercialo-marchande), c’est se condamner à échouer. La cause de la pollution généralisée est évidemment marchande : c’est la surconsommation. Mais résoudre le problème avec la même logique que ce qui l’a causé, c’est perdu d’avance. Il a été démontré que pour résoudre une question, il faut sortir de la question. La réponse vient toujours de l’extérieur.

       Nous allons devoir être intelligents ou bien nous sommes condamnés à sombrer sous les ordures. Cela signifie que nous devons faire appel à toutes les logiques : l’analyse, la synthèse, la composition, l’association, l’intuition, la mémoire sous toutes ses formes, les émotions, la déduction, l’induction, l’invention poétique, la fiction tout aussi bien. S’en tenir à une seule logique, c’est être proche d’aucune ! C’est là que nous emmènent les forts en maths qui nous gouvernent, avec leurs gros ordinateurs et leur petite imagination.

       Tristesse.

     

     

     

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