• Hommage à Rodin

     

    Auguste Rodin, décédé le 17 novembre 1917.

     

     

    Danse avec la pierre

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

    Ben Whishaw : Richard II

     

    Immolation

     

    King Richard. What must the king do now ? must he submit ?
    The king shall do it : must he be deposed ?
    The king shall be contented : must he lose
    The name of king ? o’ God’s name, let it go :
    I’ll give my jewels for a set of beads,
    My gorgeous palace for a hermitage,
    My gay apparel for an almsman’s gown,
    My figured goblets for a dish of wood,
    My sceptre for a palmer’s walking staff,
    My subjects for a pair of carved saints
    And my large kingdom for a little grave,
    A little little grave, an obscure grave ;
    Or I’ll be buried in the king’s highway,
    Some way of common trade, where subjects’ feet
    May hourly trample on their sovereign’s head ;
    For on my heart they tread now whilst I live ;
    And buried once, why not upon my head ?

     

    LE ROI RICHARD. – Que doit faire le roi à présent ? Doit-il se soumettre ? 

    Le roi le fera. Doit-il être déposé ?

    Le roi ira jusqu’au bout. Doit-il perdre

    Le nom de roi ? Au nom de Dieu, qu’il s’efface.

    Je donnerai mes bijoux pour les perles d’un chapelet,

    Mon palais resplendissant pour un ermitage,

    Mes séduisants atours pour la robe d’un mendiant,

    Mes timbales ciselées pour un plat en bois,

    Mon sceptre pour un bâton de pèlerin,

    Mes sujets pour une ou deux statues de saints,

    Et mon immense royaume pour une petite tombe,

    Une petite petite tombe, une tombe obscure.

    Je peux même être enterré sur la route royale,

    Un chemin où tout le monde passe ; les pieds de mes sujets pourront ainsi

    À toute heure, fouler la tête de leur souverain ;

    Ils marchent bien sur mon cœur tandis que je suis vivant,

    Pourquoi, une fois enterré, ne marcheraient-ils pas sur ma tête ?

     

                                                                  Richard II, III, 3, 143-159.

     

     

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  • Empathie

     

     

     

    L’Autre comme remède

     

    « C’est en vain, ô hommes, que vous cherchez

    dans vous-mêmes le remède à vos misères. »

                                                                                         Blaise Pascal

     

    Évidemment, Pascal pensait d’abord à Dieu. Il était convaincu que les hommes seraient toujours entraînés sans fin dans leur folie et n’en sortiraient jamais tout seuls. Folie supplémentaire des autonomes et des orgueilleux ! Mais où trouver le remède si Dieu ne nous apparaît pas ? Il reste à regarder son image, celui qui est fait à son image. « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens… » Ça n’est tout de même pas compliqué.

     

     

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  • Poésie

     

     

     

     

    Situation irrégulière 

     

     

    L'arbre qui pousse dans un champ de blé 

    n'est-il pas en situation irrégulière ? 

     

    L'abeille qui traverse un jardin 

    aux fleurs privées 

    n'est-elle pas en situation irrégulière ? 

     

    Le nuage qui pénètre un espace aérien 

    n'est-il pas en situation irrégulière ? 

     

    Il était temps d'instaurer l'ordre des œillères 

    pour réclamer des papiers imaginaires 

    à l'Homme : 

     

    Ce pauvre terrien de passage 

    qui devrait être partout chez lui.

     

                                               Nicolas Blanc

     

     

     

     

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  • Le bruit et la fureur

     

     

     

    Le Plaisir de Max Ophüls 

     

    Narcotique

     

    Le fracas médiatique, la trépidation, les convulsions désordonnées du monde ne viennent pas combler le vide métaphysique de l’époque, ils le créent ! La perspective de s’apercevoir que notre horizon est à portée de main, que notre au-delà est vide, que nous avons définitivement débarrassé le ciel des dieux chatoyants qui l’habitaient, que nous ne valons plus guère que ce que nos banques accumulent dans des coffres jalousement gardés, cette vision est terrifiante. Notre excitation marchande tente « au mieux » de dissimuler cette vacuité. Le trop-plein est un trompe-l’œil qui donne sur un vide béant que nous creusons toujours ! Sous un ciel dont nous avons chassé jusqu’aux derniers anges, la planète vrille sur elle-même, et il y en a que cela amuse. Entendre ici quelques rires préenregistrés… Le scintillement de la bêtise est le masque de l’étourdi qui danse dessous. Revoir ici la première scène du Plaisir de Max Ophüls.

       Peut-on tenir longtemps sans s’en apercevoir ? Jusqu’à la chute finale ?

     

     

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