• Portfolio

     

    Parures

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Éducation

     

     

     Robert Doisneau

     

    Maître d’école 

     

    « Maître d’école » peut être le métier le plus décourageant du monde. Pourtant, mon désir d’enseigneur ne s’est jamais émoussé. J’ai toujours eu le même amour ardent d’éduquer, de conduire, d’édifier. Il n’y a rien même qui m’exalte davantage. Voilà le but, les yeux grands ouverts. Il s’agit foncièrement de bâtir, pas d’analyser, pas de détruire ni de gentiment « déconstruire », il n’y a rien à sacrifier, il faut d’abord édifier. Le monde n’est pas fini, la Création n’est même pas achevée, et c’est de création justement qu’il est question. Il s’agit du projet multiple, collectif, universel de construire un monde de relations sachant que, prioritairement, ce sont les relations qui nous font.

       « Être une personne » n’est pas un produit, ce n’est pas le résultat d’un processus, c’est un état instable, toujours à conquérir. Jamais acquis, le lien humain est toujours à partager. Celui qui ne partage plus est mort. Il faut que ce lien soit fort, sinon il casse. Il faut aussi que ce lien soit le plus léger, le plus doux possible, sinon il étouffe. Éduquer appartient au domaine de l’amour bien plus qu’à celui de la raison.

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

     

     Camille Claudel : L'Abandon

     

     

    L’obstacle de la beauté

     

    La difficulté principale que nous rencontrons à la lecture des Sonnets tient à leur perfection. Ils sont considérés, à juste titre, comme des chefs-d’œuvre d’écriture poétique et leur splendeur est un obstacle à notre compréhension. Subjugués par tant de beauté, nous ne voyons plus rien ! Shakespeare décrit ainsi la fascination qu’exerce la beauté, au sonnet 70 (vers 3-4) :

              The ornament of beauty is suspect,

              A Crow that flies in heaven’s sweetest air.

              « La beauté est suspecte et cela nous fascine,

              Comme un corbeau qui vole au milieu d’un ciel pur. »

       Éblouis comme nous le sommes par la langue si riche et si dense de Shakespeare, nous en oublions l’essentiel : pourquoi le poète s’est-il lancé dans ce projet singulier ? Souhaitait-il seulement faire de « la belle poésie » et étaler son habileté d’écrivain ? Cela parait douteux. Il avoue au sonnet 21 (vers 13-14) :

              ‘Let them say more that like of hear-say well, 

              I will not praise that purpose not to sell. 

              « Ignorez ces vantards qui aiment par ouï-dire :

              Ma louange est gratuite, et je n’ai rien à vendre. »

       Le dessein de Shakespeare n’est pas d’écrire pour écrire. Ce n’est pas un poète dilettante. « L’art pour l’art » n’est pas sa philosophie. Nous aurions du mal à le percevoir comme un esthète un peu dédaigneux, un aristocrate de la littérature méprisant ses pairs. Si Shakespeare a hésité longtemps à mettre ses Sonnets en avant, c’est parce qu’ils sont infiniment personnels, pour ne pas dire intimes. Et dans l’intimité de sa conscience, il n’était pas sûr d’avoir accompli ce que nous savons être une œuvre exceptionnelle.

     

    Extrait de la préface de mon édition bilingue commentée,

    Les Sonnets de Shakespeare, chez L’Harmattan.

     

        

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  • Sonnets 

     

     

     Chapelle Sixtine

     

     

    Michel-Ange aussi

     

    Sonnet à Tommaso Cavalieri

     

    […] che fie di me ? qual guida o qual scorta

    fie che con teco ma’ mi giovi o vaglia,

    s’appresso m’ardi e nel partir m’uccidi ?

     

    […] que devenir ? Quel guide ou même quelle escorte

    pourra me secourir et me garder de toi

    dont l’’approche me brûle et le départ me broie?

     

                          Extrait du sonnet XXX,

                                traduction de Pierre Leyris.

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

     

     

     

    Ne peut-on désirer trop de ce qui est bon ? 

     

    Orlando. Wilt  thou have me ?

    Rosalind. Ay, and twenty such.

    Orl. What say’st thou ?

    Ros. Are you not good ?

    Orl. I hope so.

    Ros. Why then, can one desire too much of a good thing?

     

    ORLANDO. – Veux-tu de moi ?

    ROSALINDE. – Oui, et de vingt comme vous.

    ORLANDO. – Que dis-tu ?

    ROSALINDE. – N’êtes-vous pas bon ?

    ORLANDO. – J’espère que si.

    ROSALINDE. – Eh bien, ne peut-on désirer trop de ce qui est bon ?

     

     Comme il vous plaira, As You Like It, act IV, sc. 1, l. 117-122

     

     

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