• Shakespeare / Steinbeck 

     

     

     

    Mourir sans être aimé

     

     

    When a man comes to die, no matter what his talents and influence and genius, if he dies unloved his life must be a failure to him and his dying a cold horror.

     

    « Quand un homme vient à mourir, quels qu’aient été son talent, son pouvoir et son génie, s’il meurt sans être aimé, sa vie représente une faillite et sa mort une horreur glacée. »

     

                       John Steinbeck, À l’est d’Eden, Chapitre 34.

     

     

    K. Rich. –              There is no creature loves me ;

    And if I die, no soul shall pity me : –

    Nay, wherefore should they ? since that I myself

    Find in myself no pity to myself.

     

    LE ROI RICHARD. –               Pas une créature ne m’aime ;

    Si je meurs, pas une âme n’aura pitié de moi ;

    Et pourquoi aurait-on pitié d’ailleurs ? Puisque moi-même

    Je ne trouve en moi aucune pitié pour moi-même.

     

    W. Shakespeare, Richard III, acte V, scène 3, vers 202-205.

     

     

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  • Notes de lecture

     

     

     

     

    « Andrew Meltzoff* a tenté une expérience avec cinq enfants qu’il a fait entrer dans une pièce vide où étaient posés cinq paquets cadeaux, absolument identiques les uns aux autres. Chaque enfant pouvait prendre un paquet, sans l’ouvrir – donc sans savoir ce qu’il renfermait. Au bout de quelques minutes, bagarre générale : chacun voulait le paquet de l’autre ! »

     

    * spécialiste des neurones miroirs

     

     

    Extrait de Cet autre qui m’obsède de Jean-Michel Oughourlian, chez Albin Michel. Le livre est passionnant. Il fait le point sur les conséquences de la découverte des neurones miroirs, en matière psychiatrique d’abord, et dans tous les domaines qui touchent les neurosciences.

     

     

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

     

    Séduction, perversion

     

    HAMLET 

    Ha, ha, are you honest?

    OPHELIA 

    My lord?

    HAMLET 

    Are you fair?

    OPHELIA 

    What means your lordship?

    HAMLET 

    That if you be honest and fair, your honesty should admit no discourse to your beauty.

    OPHELIA 

    Could beauty, my lord, have better commerce than with honesty?

    HAMLET 

    Ay, truly, for the power of beauty will sooner transform honesty from what it is to a bawd than the force of honesty can translate beauty into his likeness. This was sometime a paradox, but now the time gives it proof. I did love you once.

     

    Hamlet. Ah, voyons ! Êtes-vous honnête ?

    Ophélie. Monseigneur ?

    Hamlet .  Êtes-vous belle ?

    Ophélie. Que veut dire votre Seigneurie ?

    Hamlet. Que si vous êtes à la fois honnête et belle, votre honnêteté ne devrait pas être mise en doute par votre beauté.

    Ophélie. La beauté, monseigneur, ne pourrait-elle avoir meilleure commerce quavec l’honnêteté ?

    Hamlet. En effet. Le pouvoir de la beauté a plus vite fait de changer l’honnêteté en une putain que la force de l’honnêteté ne peut convertir la beauté à sa ressemblance. Cela a pu paraître un paradoxe, mais à présent les événements en donnent la preuve. Je vous ai aimée, jadis…

     

                                                       Hamlet, acte III, sc. 1, v. 102-114.

     

     

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  • Relire Steinbeck 

     

     

     

    East of Eden, À l’est d’Eden* (1952)

     

    * Traduction maladroite. La référence est à La Genèse, 3, 23, quand Adam et Ève furent chassés du jardin d’Eden à cause du « péché originel ». Traditionnellement, on dit qu’ils fuirent vers l’est. Le titre du livre de Steinbeck pourrait être Les Bannis, ou Après la faute. Il est question de culpabilité tout au long du roman.

     

    À la première lecture – j’étais encore adolescent –, j’avais évidemment été frappé par le contenu chrétien du texte de John Steinbeck. En relisant ce magnifique roman cinquante ans plus tard, je découvre combien l’auteur a une vision très « girardienne » du christianisme. Cette lecture renouvelée augmente encore mon plaisir et ouvre un peu plus mon intelligence.

     

    Adam thought how a man doing an ugly or a brutal thing has hurt himself and must punish someone for the hurt.’

     

    « Adam comprenait que l’homme qui a commis un acte odieux et brutal se blesse lui-même et qu’il doit punir quelqu’un pour sa blessure. »

     

    John Steinbeck, À l’est d’Eden, Chapitre 13

     

     

     

     

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  • Shakespeare 

     

     Jeremy Irons & Joseph Fiennes

     

    Une âme mauvaise 

     

    ANTONIO. 

            Mark you this, Bassanio,

    The devil can cite Scripture for his purpose.

    An evil soul producing holy witness,

    Is like a villain with a smiling cheek,

    A goodly apple rotten at the heart.

    Oh, what a goodly outside falsehood hath !

     

    Notez ceci, Bassanio :

    Le diable peut citer les Écritures intentionnellement.

    Une âme mauvaise proférant des témoignages sacrés

    Est comme un méchant le sourire aux lèvres,

    Comme une belle pomme pourrie à l’intérieur.

    Ah, comme la fausseté a bel aspect !

     

    The Merchant of Venice, Act I, sc. 3, l. 96-101.

     

     

     

     

     

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