• Mimétisme

     

     

     

     

     

    Violence mimétique

     

    « La méfiance, le doute que l’autre manifeste, le comportement anticipé, conduisent chacun à recourir à la violence qu’il craint. »  

     

    Paul Dumouchel, Le sacrifice inutile

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • État de la personne

     

     

    Oral 

     

    On croit généralement que les paroles s’envolent tandis que les écrits restent. C’est ce que nous dicte le bon sens et que nous souffle la sagesse populaire. Pourtant, les exemples du contraire pullulent. Le mot écrit est celui qu’on efface le plus vite, on le biffe, on le rature, on le corrige. Ce qui est écrit n’est pas définitif. L’écrit est toujours, d’une certaine façon, un brouillon. La parole, elle, est puissante et irréversible. Comment revenir sur la parole donnée ? Comment effacer l’insulte proférée ? Ce qui est dit est dit. On ne peut pas faire comme si on ne l’avait pas dit. Il vaut mieux s’entendre que se voir. On identifie toujours plus facilement une voix qu’une écriture. Il y a plus de présence dans un appel téléphonique que dans un texto. On ment plus facilement par écrit qu’oralement, la voix est toujours vraie. Un véritable engagement se fait de vive voix. Quel amant, quelle femme amoureuse demanderaient pour preuve d’amour : « Ecris-moi que tu m’aimes » ? Quand nous avons besoin de l’autre, nous demandons toujours : « Dis-moi que tu m’aimes. »  Si l’amour y trouve son compte, c’est que le cœur a ses raisons.  

       On trouve les mêmes rapports entre l’image et le son qu’entre l’écrit et l’oral. On est habitué à l’arrêt sur image, une manière de figer la vie : ce que nous appelons une nature morte, les Anglais l’appellent a still life, une vie immobile, une vie en suspension. Mais qu’est-ce qu’un arrêt sur son ? Est-ce concevable ? L’écrit est un arrêt sur mot. Il faut savoir lire vite pour se donner l’illusion de la langue vivante. Et que dire des voix artificielles, celles des répondeurs automatiques derrière lesquels toute personne vivante a disparu ? La voix du GPS dans la voiture est particulièrement pénible. La malheureuse « créature » a trois intonations qui ont tôt fait de nous exaspérer. L’imitation est si bêtement plate que cela ressemble davantage à une « nature morte » qu’à une voix vivante.

        L’oral, c’est le souffle. Celui de la vie, celui de l’esprit. Comme des paroles en l’air... Laissons-les voler. Il faudrait faire ici l’éloge de la légèreté et de la désinvolture.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Shakespeare

     

     

     

    Effet de panique

     

    Bardolph. ’Faith, I ran when I saw others run.

     

    BARDOLPHE. – Ma foi, j’ai couru quand j’ai vu les autres courir.

     

                                                   Henry IV 1st part, act II, sc. 4, l. 316

     

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Sacrifice

     

     

    Un juste nommé Malesherbes 

     

    Parmi les nombreuses bonnes actions qu’accomplit Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (1721-1794), il faut d’abord compter l’aide et le soutien qu’il apporta à Diderot. Malesherbes était responsable de la censure royale sous Louis XVI. Il se servit de cette position pour défendre l’Encyclopédie. Quand le privilège des éditeurs de l’Encyclopédie fut révoqué et que le parlement ordonna la saisie des papiers de Diderot, Malesherbes le fit avertir secrètement. Diderot, consterné, courut chez lui. « Que devenir ? s’écriait-il ; comment, en vingt-quatre heures, déménager tous mes manuscrits ? Je n’ai pas le temps d’en faire le triage. Et surtout où trouver des gens qui veuillent s’en charger et qui le puissent avec sûreté ? — Envoyez-les tous chez moi, répondit M. de Malesherbes, on ne viendra pas les y chercher. » 

       Il chercha aussi à user de son influence pour faire abolir le système des lettres de cachet. Mais il échoua. 

       Inquiété à cause de ses ascendances nobles, Malesherbes quitta la France quand éclata la Révolution, mais lorsqu’il apprit que la Convention allait juger le Roi, il rentra au mois de juin 1792, et avec courage, il demanda à être le défenseur de son ancien maître. Il fut le seul candidat. « J’ignore si la Convention nationale donnera à Louis XVI un conseil pour le défendre, et si elle lui en laissera le choix. Dans ce cas-là je désire que Louis XVI sache que, s’il me choisit pour cette fonction, je suis prêt à m’y dévouer ».

    Louis XVI répondit : « Votre sacrifice est d’autant plus généreux que vous exposez votre vie et que vous ne sauverez pas la mienne. »

       Après le procès et la mort du Roi, Malesherbes resta à Paris. Lors de la Terreur, au mois de décembre 1793, il fut arrêté avec toute sa famille, à Malesherbes, emprisonné à Port-Libre et guillotiné.

       Son gendre fut guillotiné le 21 avril 1794. Le 22 avril 1794, sa fille Antoinette, sa petite-fille Aline et son mari, et deux de ses secrétaires furent exécutés avec lui. Le 10 mai, sa sœur aînée Anne-Nicole, comtesse de Sénozan, fut exécutée. 

     

     

    Sources : Wikipédia

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Shakespeare

     

     

    Lynn Collins est Portia

     

     

    Les donneurs de leçons 

     

    Portia. I can easier teach twenty what were good to be done, than be one of the twenty to follow mine own teaching. The brain may devise laws for the blood ; but a hot temper leaps o’er a cold decree.

     

    PORTIA. – Je peux plus facilement enseigner à vingt personnes ce qu’il est bon de faire que d’être l’une de ces vingt personnes et suivre mon propre enseignement. La raison a beau concevoir des lois pour la passion, un tempérament bouillant saute facilement par-dessus une froide décision.

     

    Le Marchand de Venise, acte I, scène 1, l. 17-20.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire