• Mimétisme

     

     

     

    Le bruit mimétique

     

    La mise en concurrence de tous a pour noble but, dit-on, de créer de la diversité. Commercialement, elle est censée favoriser le choix des consommateurs. Socialement, elle pousse à la sélection des meilleurs aux meilleures places. Elle favorise l’initiative et le progrès. Bla, bla, bla.

       La réalité est exactement contraire à l’idéologie. Un seul exemple suffit à le montrer. Dans notre belle démocratie, la multiplicité des médias devrait permettre une expression différenciée, une saine confrontation des opinions, etc. Or, que voit-on ? Qu’entend-on ? À la même heure, sur tous les médias, radio, télévision, les mêmes titres qui « font l’actualité », les mêmes « alertes », les mêmes commentaires, les mêmes « décryptages ». Les journalistes se soufflent-ils le mot ? Inutile, le mimétisme est spontané et inconscient. Il marche tout seul. Il court tout seul. Un bruit est émis et tous les médias servent de chambre d’écho, dans un temps qui dépasse la vitesse du son.

     

     

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  • Citation 

     

     

     

     

    Le désir comme illusion

     

    « Mais tu as tout désaimanté en défaisant ce nœud divin qui noue les choses. Car de voir les hommes foncer vers les puits, tu as cru qu’il s’agissait de puits et tu leur as foré des puits. »

     

                                                           Antoine de Saint-Exupéry, La Citadelle

     

     

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  • Shakespeare

     

     

      

     

     

    La pierre d’achoppement

    The Bastard.

    Mad world ! mad kings ! mad composition !
    […]
    That broker that still breaks the pate of faith,
    That daily break-vow, he that wins of all,
    Of kings, of beggars, old men, young men, maids,

    Who, having no external thing to lose
    But the word ‘maid’, cheats the poor maid of that ;

    That smooth-fac’d gentleman, tickling Commodity,
    Commodity, the bias of the world,
    The world, who of itself is peised well,
    Made to run even upon even ground,
    Till this advantage, this vile-drawing bias,
    This sway of motion, this Commodity,
    Makes it take head from all indifferency,
    From all direction, purpose, course, intent :
    And this same bias, this Commodity,
    This bawd, this broker, this all-changing word,
    […]

    And why rail I on this Commodity ?
    But for because he hath not woo’d me yet.

     

     

    LE BÂTARD. – Le monde est fou ! les rois sont fous ! l’ordre est fou !

    […]

    Ce corrupteur des résolutions, ce démon sournois,

    Ce courtier briseur de têtes les plus fidèles,

    Ce banal faiseur de faux serments qui l’emporte sur tous,

    Les rois, les mendiants, les vieillards, les jeunes gens, les jeunes filles,

    Celui qui n’a rien de plus visible à déshonorer

    Que le mot « vierge » dont il prive la pauvre vierge,

    Ce gentilhomme à la belle figure, c’est l’opportunisme qui se laisse caresser,

    C’est l’aubaine, le profit, ce penchant naturel du monde,

    Un monde naturellement à l’équilibre,

    Fait pour rouler calmement sur un terrain sans obstacle,

    Jusqu’à ce que la chance, cette ignoble pierre d’achoppement,

    Ne bouscule sa marche, et la bonne occasion à saisir

    Lui fasse perdre son sang-froid,

    Sa direction, son but, son ardeur, ses intentions.

    C’est le même penchant, l’opportunisme,

    Cette entremetteuse, ce trafiquant, ce menteur constant, qui…

    […]

    Mais pourquoi ironiser sur l’opportunisme ?

    Tout simplement parce que l’occasion ne m’a pas encore souri.

     

    King John, Le roi Jean, acte II, scène 2, vers 262 et suivants.

     

     

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  • Éducation

     

     

     

     

    Comprendre ou apprendre

     

    Dans une chronique récente*, Michel Serres, allant à l’encontre des préjugés éducatifs, affirmait qu’il est plus important d’apprendre que de comprendre. Et il donnait pour « preuve » l’apprentissage qu’il avait fait, quand il était petit garçon, des fables de La Fontaine qu’il comprenait seulement aujourd’hui, 80 ans plus tard.

       Cette manie de valoriser la compréhension par rapport à l’exercice de mémoire est aveugle et dangereuse. En effet, dès l’instant où l’on se dit « J’ai compris », on ne fait plus le moindre effort pour s’en souvenir, pour mémoriser quelque chose dont on pense avoir fait le tour. Or comprendre n’est pas synonyme de maîtriser. Analyser est une bonne chose, mais s’en tenir là est stupide. Quand vous aurez terminé votre analyse, vous n’aurez fait travailler qu’une partie de votre cerveau celle qui dissèque, qui réduit en petits morceaux et vous n’aurez pas mis en œuvre le reste du cerveau. Une analyse qui n’est pas suivie d’une mémorisation systématique, ne représente qu’un faible pourcentage de votre capacité d’apprentissage. Quelle perte ! En gros, à l’école, on apprend à démonter les lego, rarement à les reconstruire.

       Depuis quelques décennies, les enseignants « modernes » ont banni le par cœur, croyant, naïvement, que ce qui est répété sans hésitation ni réflexion est une forme d’imbécilité. Comme si la mémoire était l’organe privilégié des crétins ! C’est juste l’inverse qui est vrai.  Il n’y a pas de véritable intelligence sans mémoire. La mémoire en elle-même « ne comprend rien », mais elle sert à tout le reste.

     

     

    * Le sens de l’info sur France Info le 26 novembre 2017.

     

     

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  • Le rire africain

     

     

     

    Belachew Girma

     

     

    « Par la plaisanterie, tout peut se dire sans que les liens se brisent ; au contraire, ils se renforcent. »

     

                  Paul N’Da, Alliances à plaisanterie, L’Harmattan, 2017

     

     

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