• Education

     

     

    Nos « valeurs » 

     

    Les nouvelles générations ne vivent pas sans repères ni valeurs contrairement à ce qu’on craint. Simplement les « valeurs » qu’elles se sont appropriées ne sont pas très reluisantes.

       Quelles sont, en effet, les « valeurs » laissées en héritage  aux êtres les plus influençables de la société ?  En voici une petite liste non-exhaustive :

       - l’argent (il faut être « plus riche que riche ») ;

       - la violence (banalisée par les médias, les jeux vidéo, etc.) ;

       - l’immédiateté (« je veux tout, tout de suite ») ;

       - la facilité (au bout de la télécommande) ;

       - la réussite clinquante (valeur essentielle de la génération StarAc’) ;

       - la compétition aveugle (avec son revers d’injustice) ;

       - l’envie (perversion de l’ambition) ;

       - l’autocongratulation (pudiquement rebaptisée « estime de soi ») ;

       - l’intolérance vis-à-vis des personnes (avec la « vanne » comme mode favori de dialogue).

       Ces substituts de valeurs (ou plutôt ces caricatures de valeurs) sont propagés par la machine marchande qui nous gouverne. Nos enfants sans dieu ni maître, autres que l’argent et l’envie, nous font peur. Nous ne voulons pas nous reconnaître en eux, et pourtant ce sont bien nos enfants ! Et nous entrevoyons, avec effroi, qu’ils nous préparent une forme de mondialisation sur le modèle de Sa majesté des mouches 

     

     

     

    Extrait de mon essai Et mon tout est un homme.

     

     

     

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  • Citation

     

     

     

    « L’intelligence ne peut être menée que par le désir. »

     

                           Simone Weil, Attente de Dieu.

     

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  • Shakespeare

     

    Romeo + Juliet

     

     Des « sonnets sucrés » ?

     

    Une tradition bien accrochée veut que Shakespeare ait été connu à son époque comme l’auteur de « sonnets sucrés », parallèlement à sa réputation de dramaturge. Les sonnets que nous connaissons sont tout sauf « sucrés ». Ils peuvent être précieux parfois, mais le plus souvent ils sont violents, amers, déchirants. Réduire Shakespeare à un auteur de compliments pour la Saint Valentin est une ineptie : « Ah ! te comparerai-je à un beau jour d’été ? » Il n’a quand même pas écrit que ça !

       Le malentendu remonte à 1598. Cette année-là, un certain Francis Meres, ami de Shakespeare, a publié un ouvrage, Palladis Tamia : Wit’s Treasury, ouvrage qui pour nous est d’un immense intérêt : il présente la première chronologie des pièces de Shakespeare, celle de la dernière décennie du XVIe siècle. Dans le même livre, Meres parle de ‘the witty soul of Ovid lives in mellifluous and honey-tongued Shakespeare’, « l’âme spirituelle des vies d’Ovide [qu’on retrouve] dans la langue doucereuse et mielleuse de Shakespeare ». Il n’évoque pas seulement Vénus et Adonis et Le Viol de Lucrèce, qui avaient connu un beau succès dans les années 1593-1594, il dit clairement qu’ont circulé ‘his sugred sonnets among his private friends’, « ses sonnets sucrés parmi ses amis privés ».

       L’information est passionnante… dans ce qu’elle ne dit pas. Il paraît évidemment que Shakespeare a fait lire à ses amis, à ses amis seulement, quelques-uns des sonnets qu’il était en train d’écrire. Mais lesquels ? Il est tout aussi évident qu’il a choisi ses « sonnets sucrés » de préférence à d’autres, ceux qui révèlent son talent et ne disent rien de sa personnalité intime. Pour les plus « secrets », il a fallu attendre encore plus de dix ans pour qu’il accepte (peut-être) de les voir publier.  Cela en dit long sur ce qu’il savait de sa création. Elle n’était pas à mettre entre toutes les mains.

       Nouveau malentendu ! Avait-il peur des « révélations » que ses Sonnets contenaient ? S’était-il trop « livré » en les écrivant ? Avait-il honte de son homosexualité ? Toutes ces hypothèses sont sans fondement. La réalité est probablement plus subtile et plus profonde. Shakespeare craignait d’abord d’être incompris. Mieux encore, il savait qu’il serait mal compris. Sa recherche de la vérité et son interrogation inquiète de la conscience sont un cheminement difficile qu’un « lecteur de poésie » ordinaire ne s’attend pas à trouver dans un recueil de poèmes. Ayant découvert tout seul toutes les vanités du désir, le mimétisme, la méconnaissance, Shakespeare avait deviné que « cela ne passerait pas ». D’ailleurs, « cela » ne passe toujours pas. Les Sonnets sont largement incompris encore aujourd’hui ─ au moins autant que la théorie mimétique est contestée…

       Était-ce orgueil de sa part de sous-estimer la capacité de ses lecteurs à saisir toute sa pensée ? Non, il s’agissait seulement de clairvoyance. Quand on constate la masse de sottises qui ont pu être dites, notamment sur Les Sonnets, on comprend qu’il avait raison de prendre des précautions. La merveille, c’est qu’il ait consenti, en fin de carrière, à voir ses Sonnets publier ─ malgré tout. Quel niveau de conscience, quelle sérénité, quelle maîtrise de lui-même avait-il atteints alors ? Voilà bien le mystère le plus grand que Shakespeare a emporté avec lui…

     

     

     

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  • État de la personne

     

    Alonzo King LINES Ballet

     

    L’invention du corps 

     

    « Ce qui noue la relation entre Dieu et l’humain, c’est le corps (inventé par saint Jean, puis saint Paul qui parlent de ‘‘la chair’’). » Parole forte de Stéphane Breton dans Qu’est-ce qu’un corps ? Avant de s’incarner, Dieu a commencé par incarner l’homme. Si l’homme est à Son image, c’est par son corps. À l’image exacte du corps de Jésus. Si Dieu ne s’était jamais incarné, l’homme n’aurait jamais été incarné non plus. Ce mystère se répète dans l’eucharistie. Même ceux qui y croient ont du mal à le comprendre. Stéphane Breton dit encore : « Dieu ne s’est pas incarné dans l’esprit. Non, Dieu s’est abîmé dans le corps. […] S’il n’y avait pas le corps, si le corps n’était pas tombé, comment pourrait-on savoir qu’il y a Dieu ? »

       Cette divinisation du corps se retrouve jusque chez les égocentriques qui font de leur corps une idole : en caricaturant leur incarnation, ils se trompent. À l’inverse, toute « morale » qui inflige au corps une pénitence permanente insulte le Créateur. La répression du corps, c’est la négation de Dieu.

     

     

     

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  • Crise du désir 

     

     

    Cie Mourad Merzouki

     

    Ennemi de soi-même 

     

    Saint Augustin dit : « Non hoc est velle, quod posse. », « Vouloir et pouvoir ne sont pas la même chose ». Hannah Arendt commente, dans Crise de la culture : « Il apparaît comme une ‘‘ monstruosité’’ que l’homme puisse commander à soi-même et ne pas être obéi. » La revendication d’autonomie est une vaste illusion.

                                                   

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