• Sacrificiel 

     

     

     

     

    Voir des gens mourir

     

    C’est la distraction préférée des téléspectateurs. Thrillers, Fantasy, policiers, films noirs, toutes les séries offrent leur lot de cadavres tous les soirs, tous les jours, à toute heure. On mesure pour les besoins de la publicité, les marchands sont à l’affût le taux d’audience, le volume d’hémoglobine répandue, le nombre de décès violents, et les chaines rivalisent dans les mises en scène macabres bien sanglantes, bien spectaculaires. Comme disait Boris Vian : « Faut qu’ça saigne… »

       Par intervalles, nous avons droit à l’info, « l’actualité », c’est-à-dire à la rengaine des attentats, des accidents, des rapts, des assassinats. On appelle ça « les nouvelles ». Il n’y a rien de plus banal et répétitif.

       Si l’on retirait des médias le temps accordé aux voyous, aux malfrats, aux assassins en tous genres, aux violents, il y aurait beaucoup de place… pour la publicité. Mais il n’y aurait plus personne pour la regarder.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Éducation

     

      

     

    « Construire une personne humaine »

     

    Il n’y a pas que les déchets nucléaires et nos résidus plastiques que nos enfants devenus adultes devront gérer. Il y a aussi l’état dans lequel nous aurons laissé les relations humaines. En éduquant nos héritiers, comment construisons-nous les liens qui les feront tenir en société ? C’est-à-dire : en bonne intelligence.

       Rien n’est moins facile que de construire une personne humaine. Personne ET humaine. C’est pourtant l’unique entreprise digne de l’éducation. Je parle de construire « une personne humaine », pas un individu, pas un consommateur, pas un ayant-droit, pas même un citoyen, mais bien une personne à part entière. Il s’agit d’ailleurs moins de « construire » (de toutes pièces) que d’amener à l’existence, de faire surgir l’humanité de la personne que chacun porte en soi, comme une promesse. Nous ne sommes pas « humains » de naissance. L’humanité n’est pas innée, elle s’acquiert et elle passe par l’éducation.

       Comme si Dieu, en se reposant le septième jour, avait pris ses congés trop tôt. Le travail n’était manifestement pas fini. En prenant le relais de Dieu, en avons-nous suffisamment conscience ? En avons-nous la force ? Et surtout avons-nous la ferveur nécessaire ?

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Méconnaissance 

     

     

     

     

     

    L’empathie

     

    L’empathie est à la mode. Boris Cyrulnik nous a familiarisé avec cette notion, en même temps qu’avec la résilience. Les psychologues, les « spécialistes » de la com., les scientifiques qui se consacrent aux neurosciences , les « coaches » en programmation neurolinguistique, et autres gourous, nous servent de l’empathie à toutes les sauces. La découverte des neurones miroirs, dans les années 1990, a confirmé la tendance.  Aujourd’hui, tout le monde parle de l’empathie comme si elle avait toujours existé.

       En fait, elle a toujours existé. Il y a déjà 2000 ans, un certain Jésus, vivant non loin de Jérusalem, l’avait décrite de la façon suivante : « Aime ton prochain comme toi-même. » Évidemment, personne n’y a jamais rien compris. Pourtant, « comme toi-même », c’est assez explicite ! Allons-nous progresser dans notre connaissance à présent que la notion d’empathie a été vulgarisée ? A-t-on vraiment besoin d’un mot savant pour en venir enfin à « aimer son prochain comme soi-même » ? J’en doute. Je crains même que le mot savant ne dissimule un peu plus la chose qu’il ne la révèle. Mais peut-être aussi nous laisserons-nous plus facilement convaincre par une vérité que nous croyons avoir inventée. L’amour du prochain passe peut-être par cet égoïsme-là.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Shakespeare 

     

     

     

    Black is beautiful

     

    Étrange défense de la couleur noire dans la bouche d’un personnage sombre et cruel comme Aaron, le Maure dans Titus Andronicus. Aaron est décrit, pendant toute la pièce, comme un sauvage violent, un traitre, un monstre froid, un démon. Mais voici comment il se décrit lui-même :

     

    Aaron. Coal-black is better than another hue,

    In that it scorns to bear another hue.

     

    AARON. – Le noir profond est plus beau que toute autre couleur,

    Par la raison qu’il dédaigne prendre toute autre couleur.

     

    Titus Andronicus, Act IV, sc. 2, l. 100-101.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Réconciliation

     

     

     

     

     

    Le loup habite avec l’agneau,

    la panthère se couche près du chevreau,

    veau et lionceau paissent ensemble

    sous la conduite d’un petit garçon.

    La vache et l’ourse lient amitié,

    leurs petits gîtent ensemble.

    Le lion mange de la paille comme le bœuf.

    Le nourrisson s’amuse sur le trou du cobra,

    sur le repaire de la vipère

    l’enfant met la main.

    On ne fait plus de mal ni de ravages

    sur toute ma sainte montagne, car le pays est rempli de la

    connaissance de Yahvé

    comme les eaux comblent la mer.

     

                                                      ISAÏE 11, 6-9.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire