• Shakespeare

     

     

     

     

    Sensualité

     

    Demetrius.                 O, how ripe in show 

    Thy lips, those kissing cherries, tempting grow.

     

    DEMETRIUS.                        Tes lèvres sont mûres

    Comme des cerises à embrasser, et comme elles sont tentantes !

     

    A Midsummer Night’s Dream, act III, scene 2. 

     

     

     

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  • Apocalypse

     

     

     

     

    Et si…

     

    Les neuro-chercheurs qui prédisent qu’à l’horizon de 2100 toute la connaissance du monde sera passée dans les machines, ces transhumanistes qui croient pouvoir vivre éternellement en « ressuscitant » dans un ordinateur hyper-ultra-sophistiqué, ces mathématiciens sérieux comme la mort qui s’imaginent que l’esprit n’est qu’une longue série d’algorithmes, qu’ils finiront d’ailleurs par enregistrer et à conserver quelque part, tous ces « futurologues » sont les prophètes de notre temps désacralisé. Inutile de les écouter, ils passent complètement à côté de leur cible.

       Ramener toute activité humaine à l’intelligence cérébrale, puis la réduire à des calculs mathématiques, c’est aussi bête que 2 + 2 = 4. C’est aussi génial, mais ça ne va pas plus loin. Après cela, croire que tout ce qui est humain est « écrit » physiquement dans le cerveau, c’est carrément comique. Si ça se trouve, le cerveau lui-même n’est pas entièrement matériel. Ce qui passe entre les neurones n’est peut-être pas seulement fait de micro-décharges électriques. Il y a autre chose. Autre chose qui n’est sûrement pas mesurable par nos grosses machines.

       Toute la mémoire humaine (la connaissance, l’art, les religions, etc.) est avant tout immatérielle. Ce ne sont pas les couleurs et les techniques qui sont remarquables à Lascaux, c’est l’esprit des humains, nos ancêtres, qui s’y manifeste et qui a permis ces chefs-d’œuvre extraordinaires. Le plus beau de Lascaux est totalement invisible.

       Et si notre petite carcasse n’était que le faible reflet, l’image minuscule de ce que nous sommes vraiment ? Et si nous étions un peu plus grand que ce que nous croyons être ? « Que nous manque-t-il ? » demandait Saint-Exupéry. C’est probablement dans ce qui nous manque – et que nous possédons sans le savoir – que nous sommes vraiment grands !

     

     

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  • Sacrificiel

     

     Jacques-Louis David, Léonidas aux Thermopyles

     

    L’alibi culturel

     

    Hans Frank a été Reichsleiter du parti nazi et Gouverneur de la Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fut surnommé le « bourreau de la Pologne », ou le « boucher de Varsovie », pour ses méthodes sanglantes. C’était un grand pianiste, spécialiste de Chopin, il se produisait dans des concerts publics. Collectionneur d’art, il a possédé un temps La Dame à l’hermine de Léonard de Vinci… Homme de culture et en même temps tortionnaire ? Oui, il pouvait jouer du Chopin avec talent le samedi soir en concert et se distraire le dimanche en « faisant un carton » sur les enfants du Ghetto de Varsovie.

       La culture ne nous protège de rien. Bien souvent, elle est le relai du sacrifice, dans les opéras, les tragédies, les scènes de massacres complaisamment reproduites en peinture. La culture a partie liée avec la violence, elle en est le masque, le reflet, ou l’expression même, comme dans le théâtre contemporain.

       Tant qu’on en reste aux représentations…

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

     

    Azincourt

     

    Quel salut pour le combattant ?

     

    Williams.  I am afeard there are few die well that die in a battle ; for how can they charitably dispose of anything, when blood is their argument?

     

    WILLIAMS. – J’ai bien peur qu’il y en ait peu qui meurent dans de bonnes dispositions quand ils meurent en pleine une bataille : quel salut espèrent-ils quand leur dessein est le massacre ?

     

                                                    Henry V, acte IV, scène 1.

     

     

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  • Mimétisme

     

     

     

    Le bruit mimétique

     

    La mise en concurrence de tous a pour noble but, dit-on, de créer de la diversité. Commercialement, elle est censée favoriser le choix des consommateurs. Socialement, elle pousse à la sélection des meilleurs aux meilleures places. Elle favorise l’initiative et le progrès. Bla, bla, bla.

       La réalité est exactement contraire à l’idéologie. Un seul exemple suffit à le montrer. Dans notre belle démocratie, la multiplicité des médias devrait permettre une expression différenciée, une saine confrontation des opinions, etc. Or, que voit-on ? Qu’entend-on ? À la même heure, sur tous les médias, radio, télévision, les mêmes titres qui « font l’actualité », les mêmes « alertes », les mêmes commentaires, les mêmes « décryptages ». Les journalistes se soufflent-ils le mot ? Inutile, le mimétisme est spontané et inconscient. Il marche tout seul. Il court tout seul. Un bruit est émis et tous les médias servent de chambre d’écho, dans un temps qui dépasse la vitesse du son.

     

     

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