• Shakespeare 

     

     

    Elizabeth (1533-1603)

     

    Pomp and Circumstance

     

    What have kings, that privates have not too,

    Save ceremony, save general ceremony ?

    And what art thou, thou idol ceremony ?
    What kind of god art thou, that suffer’st more
    Of mortal griefs than do thy worshippers ?

    What are thy rents ? what are thy comings-in ?

    O ceremony, show me but thy worth !

    What is thy soul of adoration ?

    Art thou aught else but place, degree and form,

    Creating awe and fear in other men ?

    Wherein thou art less happy, being fear’d,

    Than they in fearing.

    What drink’st thou oft, instead of homage sweet,

    But poison’d flattery ? O ! be sick, great greatness,

    And bid thy ceremony give thee cure.

     

    Que possèdent donc les rois que les particuliers ne possèdent pas,

    Hormis la pompe, hormis la pompe qui les environne  ?

    Et qu’es-tu donc, toi l’idole protocolaire ?

    Quelle espèce de dieu es-tu, toi qui souffres de plus

    De peines mortelles que tes adorateurs ?

    Quel est ton salaire ? Quels sont tes bénéfices ?

    Ô apparat, montre-moi ta vraie valeur ?

    Qu’y a-t-il dans l’âme de l’adoration ?

    Qu’es-tu d’autre qu’une position, un rang, une forme,

    Qui imposent aux autres hommes la terreur et la crainte ?

    Et tu te retrouves moins heureux, en étant craint,

    Que ceux qui te craignent !

    Que bois-tu d’autre, le plus souvent, au lieu de l’élixir des hommages,

    Que le poison de la flatterie ? Ô ! grandeur grandiose, tombe malade,

    Et demande à ton cérémonial de te guérir.

     

                                                                                 Henry V, act IV, sc. 1, l. 237-251. 

     

     

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  • Autonomie 

     

     

     

     

     

     

    Abandon

     

     

    « Eh bien ! votre demeure va vous être laissée. Oui, je vous le dis, vous ne me verrez plus. »

                                                                Luc, 13, 35.

     

    Bien avant que Nietzsche ait proclamé la mort de Dieu, Celui-ci s’était absenté pour longtemps. Nous voulions nous débrouiller tout seuls, c’est réussi ! Le combat anti-religieux n’a plus lieu d’être, sauf pour ceux qui s’imaginent que Dieu est encore là. À croire qu’ils regrettent qu’Il n’ait pas ressuscité…

     

     

     

     

     

     

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  • Éducation

     

     

      Dead Poets Society

     

    « En m’attachant, je deviens libre. »

     

    L’Enfance, c’est la promesse mêlée au désir ! La pédagogie du lien valorise donc le cœur. Je ne peux apprendre ─ moi, élève, ego, individu ─ que de l’autre ; je ne peux être éduqué que par l’autre. Je ne peux m’élever qu’en me livrant à l’autre ─ qui, à son tour, me délivre de mon ignorance. C’est l’autre qui me délie de mes faiblesses. En m’attachant à lui, je deviens libre. Non pas autonome, mais libre. Apprendre, c’est d’abord découvrir son prochain. C’est aussi être découvert par lui : reconnaître l’autre en soi, l’alter dans mon ego. Être le prochain de son prochain. Le médiateur, l’accoucheur, le révélateur, l’enseigneur, l’autre absolu, est l’agent unique et indispensable de mon hominisation, de mon humanisation. De lui, je dépends corps et âme.

     

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  • Shakespeare 

     

     

    Effet miroir

     

    ORLANDO.

    But, O ! how bitter a thing it is to look into happiness through another man’s eyes !

     

    Ah ! qu’il est cuisant de regarder le bonheur avec les yeux d’un autre !

     

                        As You Like It, Comme il vous plaira, acte V, scène 2, l. 42 et s. 

     

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  • Portfolio 

     

     

    Le garçon qui pleure

     

    Résidu archaïque de l’entrainement obligatoire au combat il fallait bien protéger les femelles et leurs petits dans la horde primitive –, la répression de l’émotion chez les garçons continue d’être considérée comme une vertu. En oubliant la frustration qui l’accompagne et les conséquences néfastes d’une telle censure. On sait aujourd’hui qu’un Q.I. non contrôlé par un Q.E. équilibré gêne à la prise de décision. Pas d’émotions pour un soldat : on lui demande de ne pas penser. Mais s’agissant d’un adulte accompli, la répression des émotions est une cause d’irresponsabilité, aggravée par le fait que cette répression est occulte (elle opère par méconnaissance).

       Le mélodrame et le conte « à l’eau de rose » sont bons pour les filles. Quel mépris pour « le sexe faible » ! Mais le garçon, lui, doit se montrer résistant aux émotions. Quand on dit « se montrer », on révèle qu’il n’est pas exempt d’émotions, mais il doit d’abord les cacher faute de les contenir complètement. Quant aux hommes qui « ne ressentent rien », il faut plutôt les plaindre que les critiquer, voire les craindre. Le « Che » n’éprouvait rien, dit-on, en écoutant de la musique. Il ne faisait pas la différence entre une berceuse et une marche militaire. Il était également capable d’exécuter froidement, dans le stade de La Havane, pendant la Révolution cubaine, les opposants au nouveau régime. Quel homme ! Imagine-t-on le « Che » en larmes ? Imagine-t-on Poutine en train de pleurer ?

       Nous sommes conditionnés à aimer les brutes.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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