• Rites modernes

     

     

    Commémorations

     

    La multiplication des commémorations en tout genre et des « journées de ci, journées de ça » est le signe d’une demande de rites dans une culture qui a cherché à abolir les rites religieux anciens. Il y a manifestement un manque, une demande. Mais par quoi remplace-t-on les rites disparus ?

       Un rite païen peut être un piège à méconnaissance. La célébration des saints ou des événements bibliques avait un sens – ou donnait du sens à notre condition d’homme. Noël, fête de l’Incarnation, célèbre la vie. Pâques, fête de la Résurrection, célèbre l’immortalité. L’information globalisée, médiatisée, « célèbre » littéralement n’importe quoi. À quoi peut correspondre « la journée internationale de l’asthme » le 7 mai ?

       Notre culture a conservé les formes des rites et a perdu la compréhension de leur usage, ou « l’intelligence » de cette pratique. Elle ne sait plus pourquoi elle fait ce qu’elle fait. Pourquoi alors conserver les formes si elles sont si peu chargées de sens ? Simplement parce que notre cerveau « évolué » fonctionne toujours sur des schémas archaïques, ancestraux. C’est l’éternelle histoire de l’allumeur de réverbère du Petit Prince qui ne sait plus pourquoi il allume et éteint son réverbère une fois par minute, mais qui continue inlassablement à le faire.

       Quelle méconnaissance ce comportement cache-t-il ? Sans doute ce besoin atavique de se soumettre à des règles, même absurdes, car l’absence de règle est ressentie comme un vertige. Nous ne savons pas quoi désirer tant qu’on ne nous a pas montré un objet désirable. Le rite obéit à ce même mécanisme, et il est très mimétique, au sens où il est très répétitif.

     

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  • Shakespeare 

     

    La Nuit des Rois vue par Man Ray 

     

    Mystérieuse identité

     

    Olivia. What are you ? what would you ?

    Viola. The rudeness that hath appear’d in me, have I learn’d from my entertainment. What I am, and what I would, are as secret as maiden-head : to your ears,  divinity ; to any other’s, profanation.

     

    OLIVIA. – Qui êtes-vous ? Que désirez-vous ?

    VIOLA*. – Si j’ai paru discourtois, cela fait partie de mon rôle. Ce que je suis et ce que je désire, sont des choses aussi secrètes que la virginité. Elles sont sacrées pour votre oreille, elles sont triviales pour toute autre personne.

     

                                                 La Nuit des rois, I, 5, 210-215.

     

    * Elle se présente habillée en garçon, sous le nom de Césario.

     

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  • Sacrificiel

     

     

    Obsolescence

     

     « Mortel il ne peut produire de ses mains impies qu’une œuvre morte ; ─ encore vaut-il mieux que les objets de son adoration : lui, il a reçu la vie, mais eux ne l’auront jamais. »

    Livre de la Sagesse (15, 17)

     

    Depuis la Renaissance, le nouveau créateur du monde, ayant décidé qu’il n’y avait pas eu de Créateur à la merveille qu’il a sous les yeux, s’est gonflé d’orgueil et prétend régir le monde comme s’il en était propriétaire. Que crée-t-il, en effet ? Des objets dont la « durée de vie » est dérisoire, ou pire, des objets dont il a programmé lui-même l’obsolescence ! Il a même inventé – mauvaise excuse – la notion de « destruction créatrice ». A-t-il bien vu en quoi consistait sa « création » ? Sur tout ce qu’il touche, il laisse l’empreinte de la mort... C’est sa signature.

     

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  • « L’homme diminué »

     

     

    Le labyrinthe

    Nous sommes dans les réseaux sociaux comme des rats dans un labyrinthe... Nous servons de cobayes pareillement.

     

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  • Crise de la paix 

    Le Fils de Caïn, bronze de Paul Landowski 

     

    75 ans de paix

     

    Depuis 1945, l’Europe n’a quasiment pas connu la guerre. Il y a eu l’exception de la guerre d’Algérie, mais cela ne concernait que la France. Il y a eu les guerres des Balkans, elles aussi localisées. Mais depuis trois-quarts de siècle, les Européens ne se sont pas entredéchirés. Ceci ne s’était jamais produit auparavant dans l’histoire.

       Ce qui est un progrès inégalé de l’humanité est tellement nouveau qu’il conduit les hommes qui en jouissent au désarroi le plus complet. Les hommes ne savent pas vivre en paix... Aucune génération – comme la nôtre – n’avait été élevée dans la paix, pour la paix. Nous avons arrêté la marche inéluctable des fils de Caïn.

       Le problème des crises que nous traversons (économique, démocratique, morale, etc.) s’aggrave du fait que nous ne savons pas les résoudre autrement que par la guerre, la violence, le chaos qui « permet » de reconstruire les lois, la culture, le vivre ensemble. Après 200 000 ans (ou un peu plus) de civilisation guerrière, il va falloir bifurquer vers autre chose. Ça va sûrement être difficile. Mais cela vaut certainement la peine d’y aller voir.

       75 ans, ce n’est qu’un début, continuons la concorde !

     

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