• Shakespeare 

     

     

     

     

     

    Pleurer de joie

     

     

    MESSENGER 

    I have already delivered him letters, and there appears much joy in him ; even so much that joy could not show itself modest enough without a badge of bitterness.

    LEONATO 

    Did he break out into tears?

    MESSENGER 

    In great measure.

    LEONATO 

    A kind overflow of kindness. There are no faces truer than those that are so washed. How much better is it to weep at joy than to joy at weeping !

     

    LE MESSAGER. Je lui ai remis les lettres, et il en a paru transporté de joyeux ; à tel point que sa joie a perdu toute retenue et qu’il a montré des signes de tristesse.

    LÉONATO. Il s’est mis à pleurer ?

    LE MESSAGER. Abondamment.

    LÉONATO. C’est là un tendre débordement de la tendresse. Il n’y a pas de visages plus vrais que ceux qui sont ainsi débarbouillés. Il vaut tellement mieux pleurer de joie que de se réjouir de voir pleurer !

     

    Much Ado About Nothing, Beaucoup de bruit pour rien, acte I, sc. 1, l. 22-31.

     

     

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  • Mon blog

      

     

     

     

    « Voilà ce que je vous suggère. Si cela vous convient, faites-le. »                                                    

                                                                 Bouddha

     

    Mon blog ne prétend à rien d’autre. Si mes réflexions, mes analyses, mes enthousiasmes et mes colères font écho en vous, faites-en votre profit. Sinon… ce n’est pas grave.

     

     

     

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  • 1 + 1 + 1 

     

     

     

     

     

     

    ET plutôt que OU

    L’éloge du mélange

     

    Le « juste » est dans le mélange. Comment rencontrer autrui, mon semblable, l’« autre moi-même » ? Un TU avec lequel je dialogue plutôt qu’un LUI sur lequel je monologue ! Comment « co-exister » ? Non pas exister les uns à côté des autres, en condescendant à ce que ma liberté s’arrête là où commence celle d’autrui : tolérance minimum, statu quo, respect des frontières, paix armée. Plutôt vivre les uns PAR les autres. Nous ne sommes pas unis par défaut de diversité, nous sommes divers par défaut d’unité. L’important n’est pas de respecter nos différences mais d’accepter nos ressemblances. Entre une femme et un homme, il n’y a pas de différence, entre un noir et un blanc, il n’y a pas de différence, entre un hétérosexuel et un homosexuel, il n’y a pas de différence, entre un trisomique et moi, il n’y a pas de différence. Ceci est une certitude. Et ceux qui y voient un problème répondent toujours à côté de la question.

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

     

     

     

    Shakespeare in Love 

     

     

    Le désir et la conscience

     

    Globalement, Les Sonnets « parlent » d’amour, de séduction, de passion, de jalousie, de joie suffocante et de bonheur impossible, d’espérance et d’insatisfaction perpétuelle, de rivalités, de calomnie, de la précarité de la beauté et du besoin jamais assouvi que nous avons d’être aimés. Le thème majeur est celui du désir. Le désir est l’énergie de notre existence, son combustible (Shakespeare parle de ‘substantial fuel’ au sonnet 1, v. 6). En même temps, le désir est ce qui nous pousse dans toutes les impasses, vers tous les échecs, d’où ce cri final au sonnet 147 (v. 8) : ‘Desire is death’, « Le désir c’est la mort ». En à peine plus de 150 sonnets, Shakespeare parcourt tout le chemin qui va de l’éblouissement aveugle (ce qu’en terme girardien on appelle la méconnaissance) à la compréhension tragique de la vérité sur le désir, une révélation qui est le produit de la conscience, tel que Shakespeare le proclame au sonnet 151 (v. 2) :

                Who knows not conscience is born of love ?

                « [Qui ne sait que] la conscience est enfant de l’amour ? »

     

     

    Extrait de la Préface de l’édition bilingue commentée que j’ai réalisée pour L’Harmattan.

     

     

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  • Sacrificiel 

     

     

     

     

     

     

    Le sacrifice inutile

     

                   « La souffrance n’a pas plus de sens que le bonheur. »

     

                                                           Albert Camus, L’homme révolté (1951)

     

     

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