• Shakespeare 

     

    Indécision (suite)

     

    L’indécision si caractéristique d’Hamlet* plait beaucoup à nos contemporains. Ils s’y reconnaissent. Ils s’y complaisent. Le doute étant la forme moderne de la lucidité, croient-ils, ils vénèrent ce pauvre Prince de Danemark qui n’en demande pas tant.

       La plupart des analystes de Shakespeare en sont au même point. Ils ne comprennent rien au grand homme qu’ils admirent et ils en concluent – trop vite – que le grand homme n’avait rien à dire... Les voilà tranquilles. L’incompréhension à laquelle ils se heurtent leur semble être une obscurité volontaire de la part du dramaturge. Il voulait sans doute « démontrer » qu’il n’avait rien à dire sur la condition humaine, puisque de la condition humaine, il n’y a rien à dire. La modernité, à bien des égards, se définit par cette béance du sens.

       Parmi les dernières fureteuses de la pensée de Shakespeare, Emma Smith** affirme que son génie est fait de ‘radical uncertainties’, de « doutes définitifs ». La seule certitude que Shakespeare aurait eue est que l’homme ne peut atteindre aucune certitude. Le chiasme est un peu trop subtil : avec un tel raisonnement, tout le monde se retrouve dans sa boîte et il n’y a plus moyen d’en sortir.

       Tout cela, à mes yeux, est complètement faux. Mais allez convaincre des êtres qui ne veulent être convaincus de rien ! Ils auront toujours raison.

     

    * voir page suivante.

    ** Emma Smith, This Is Shakespeare, Pelican.

     

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  • État de la personne

     

     

    Un peu de droit

     

    Article 223-6 du Code pénal

    Modifié par la LOI n°2018-703 du 3 août 2018 - art. 5 

    Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne s’abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. 

    Sera puni des mêmes peines quiconque s’abstient volontairement de porter à une personne en péril l’assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours. 

    Les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende lorsque le crime ou le délit contre l'intégrité corporelle de la personne mentionnée au premier alinéa est commis sur un mineur de quinze ans ou lorsque la personne en péril mentionnée au deuxième alinéa est un mineur de quinze ans. 

    * 

    Par ailleurs, la circulaire du 23 novembre 2009, l’article 622-1 du code d’entrée et de séjour des étrangers sanctionne toute personne facilitant l’entrée, la circulation et le séjour irrégulier d’un étranger dans le cadre d’une filière d’immigration clandestine, mais ne s’applique pas aux actions à caractère humanitaire. En la matière, l’action humanitaire est définie comme « la réponse à une situation d’urgence, à un état de nécessité, à un besoin immédiat et ponctuel de protection et de prise en charge ; ce n’est pas un soutien actif et continu à la clandestinité pour des raisons lucratives ou pour faire délibérément obstacle à la législation ». 

    * 

    En Italie, le gouvernement de M. Matteo Salvini vient de rétablir le délit d’aide à un immigrant en « situation irrégulière ». Traverser la Méditerranée sur un canot crevé est une « situation irrégulière ». Ses occupants peuvent donc mourir en toute légalité. 

    *  

    Les « irréguliers » ne cherchent pas à visiter l’Italie, ils viennent se réfugier en Europe. Y a-t-il une loi Européenne qui impose de « porter assistance à personne en péril » ? Par qui est-elle appliquée ? 

    * 

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  • « L’homme diminué »

     

     

    Authentique bêtise

     

    Ce qu’on appelle l’intelligence artificielle est en réalité une authentique bêtise. Vous imaginer que l’algorithme que vous avez au bout de la souris va apporter, sans défaillance, une réponse intelligente à la question que vous vous posez, est pure folie. La machine ne va « réagir » qu’à un stimulus choisi parmi des milliards de stimuli et vous proposer... n’importe quoi.

       On dirait ma voiture avec son ordinateur de bord. Elle est bête comme ses pneus !

     

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  • 28 juin 1669 

     

    Danse royale

     

    Il y a exactement 350 ans, Louis XIV fondait l’Académie d’opéra appelée, à partir de 1772, Académie royale de Musique ; c’est elle qui est devenue notre Opéra national de Paris. Son premier directeur, nommé par le roi, était Pierre Perrin, remplacé en 1672 par Jean-Baptiste Lully.

       Cette Académie avait été précédée par l’Académie royale de Danse, instituée en mars 1661. Ainsi la danse avait prévalu sur la musique et sur l’opéra. Il faut dire que Louis XIV était danseur. Il avait commencé à apprendre la danse dès l’âge de sept ans. Il s’entraînait deux heures par jour avec Pierre Beauchamps, son maître à danser. Il est l’inventeur de l’entrechat. À douze ans, en 1651, il se donnait en spectacle dans le Ballet de Cassandre.

        Soucieux de perpétuer la danse, Louis XIV créa, en 1713, ce qui est devenu l’École de danse de l’Opéra. Assez bon musicien – il aimait jouer de la guitare –, il a valorisé la danse au point d’en faire un art à la française. On utilise toujours, universellement, le vocabulaire français pour l’enseignement de la danse classique.

       La danse n’est pas seulement royale, elle est universelle !

     

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  • Portfolio

     

    Des plumes

              « Sur la flèche qui l’atteint, l’oiseau reconnaît ses plumes. » 

                               Ésope

     

     

     

     

     

     

     

     

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