• État de la conscience

     

     

    Le racisme*

     

         Se souvenir que le racisme est une des formes aiguës de la bêtise.

     

    * Le mot « race » a disparu de la législation française le 16 mai dernier. Le racisme, lui, n’a pas disparu pour autant.

     

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  • Méconnaissance

     

     

    « Le théorème du chauffard »

     

    La « haine » du radar, par les automobilistes irascibles, est l’exemple même de la substitution mimétique, voire de sa perversion. Au départ, il y a la haine du gendarme, parfait bouc émissaire, puisqu’il est là pour désigner le coupable, c’est-à-dire vous-même, c’est donc un être mauvais et mal intentionné ! Du bouc émissaire vivant et incarné, on passe à la machine qui dénonce, le radar qui relève l’infraction. Haro sur l’automate ! À chaque étape, la culpabilité change de sens. Ce n’est pas la faute du conducteur s’il s’est mal conduit, c’est la faute de celui, de cela qui révèlent le coupable. Dans les temps archaïques, on tuait le porteur de mauvaise nouvelle. Aujourd’hui, on s’en prend à « la chose » qui dénonce la faute. L’enfant qui se pince les doigts dans la porte la frappe méchamment « pour la punir ». Même comportement. Même absence de reconnaissance de responsabilité. Victimisation abusive. Tricherie. Conscience en faillite. Pour un adulte, on peut appeler cela de la « pensée bête » puisque le raisonnement, rudimentaire, consiste à penser à côté de la réalité, à nier la vérité, il s’agit d’un effort cérébral pour dissimuler l’évidence. La culpabilisation a raison de la raison, elle inhibe la conscience. Ou plutôt, la panique devant la culpabilisation amène le fautif à déraisonner.

       Tel est le comportement du chauffard. Appelons cet exemple « le théorème du chauffard ». La théorie est applicable à une quantité infinie de situations.

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  • Partir

     

     Partir pour de faux

     

    Le voyage

     

    « Le voyage est un mot noble et se réfère seulement à ceux qui le font à pied. Nos billets d’aller-retour vers des lieux plus ou moins éloignés doivent être appelés des déplacements. Le voyage est un chemin sans billetterie ni date de retour. Les migrants voyagent, eux qui traversent à pied l’Afrique et l’Asie. »

     

                                                                          Erri De Luca, Le plus et le moins

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  • Shakespeare

     

     

    Iago macho

     

    Iago. She that was ever fair, and never proud ;

    Had tongue at will and yet was never loud,

    Never lack’d gold and yet went never gay ;

    Fled from her wish, and yet said, “Now I may,”

    She that, being anger’d, her revenge being nigh,

    Bade her wrong stay and her displeasure fly ;

    She that in wisdom never was so frail,

    To change the cod’s head for the salmon’s tail ;

    She that could think, and ne’er disclose her mind,

    See suitors following, and not look behind :

    She was a wight, – if ever such wights were, –

    Desdemona. To do what ?

    Iago. To suckle fools and chronicle small beer.

    Desdemona. O most lame and impotent conclusion !

     

    IAGO. – Celle qui a toujours été belle sans être jamais prétentieuse,

    Qui, ayant la parole facile, a toujours su tenir sa langue,

    Qui, n’ayant jamais manqué d’argent, ne s’est jamais montrée frivole,

    Qui s’est détournée de son désir en disant « je pourrais bien » ;

    Celle qui, en colère et tenant sa vengeance à portée de main,

    A su faire taire son offense et son déplaisir ;

    Celle qui n’a jamais failli à sa sagesse

    Pour échanger une morue contre un saumon ;

    Celle qui ne manquait pas d’idées et les a gardées pour elle ;

    Qui, suivie par ses soupirants, n’a jamais regardé derrière elle :

    Celle-là était une femme bonne à nulle autre pareille…

    DESDEMONE. – Bonne à quoi ?

    IAGO. – À donner la tétée et à tenir sa maison.

    DESDEMONE. – Ah, la conclusion est boiteuse et débile !

     

                                Othello, II, 1, 149- 162

     

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  • Théorie mimétique 

     

     James et David Kelly, jumeaux.

     

    Nos similitudes

     

    « Il ne faut pas s’accrocher à l’illusion selon laquelle, derrière les similitudes trompeuses et grossières, seules les différences sont réelles ; c’est l’inverse qui est vrai. Seules les similitudes sont réelles. »

     

                                                                        René Girard

     

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