• Comique pas comique

     

     

    Ne riez pas

     

     « Ne riez pas, parce que votre rire n’est pas le mien. Votre rire blesse, condamne, méprise, un rire plein de vilaines humeurs ! tandis que moi, mon rire, il nous rapproche. Lorsque je m’esclaffe, je ne juge pas, je ne dénonce pas, je compatis, je m’attendris. Je ris de nous, des pauvres êtres maladroits et bornés que nous sommes. Mon rire ne m’exclut pas de l’humanité, il m’y plonge. C’est un rire plein d’affection. Il y a de la sagesse et de l’amour dans mon rire, dans le vôtre seulement de la distance et du mépris. »

     

    Eric-Emmanuel Schmitt, Un Homme trop facile ?

     

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  • Mon double 

    Ka*

     

    Du temps que j'étais écolier,
    Je restais un soir à veiller
    Dans notre salle solitaire.
    Devant ma table vint s'asseoir
    Un pauvre enfant vêtu de noir,
    Qui me ressemblait comme un frère.


    Son visage était triste et beau :
    A la lueur de mon flambeau,
    Dans mon livre ouvert il vint lire.
    Il pencha son front sur sa main,
    Et resta jusqu'au lendemain,
    Pensif, avec un doux sourire.

     

                      Extrait de La nuit de décembre, d’Alfred de Musset. 

     

    * Chez les Égyptiens anciens, le ka représente l’énergie vitale, il est le double spirituel qui naît en même temps que l’humain. Il accompagne la personne humaine jusqu’à sa tombe et lui survit.

     

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  • Shakespeare

     

    Shakespeare et les neurones miroirs

     

    Évidemment, Shakespeare ne savait rien des neurones miroirs, découverts en 1996. Encore que nous disions couramment que le théâtre de Shakespeare est un miroir qu’il nous tend. Lui-même utilise très souvent la métaphore du miroir – l’idée l’obsédait, à une époque où les miroirs étaient rares, ils étaient des objets de luxe.

       Il n’y a pas de « thèse » chez Shakespeare. Son théâtre est une « monstration », plutôt qu’une « démonstration ». Le dramaturge donne à voir, il donne à penser, il donne aussi à sentir. « L’effet miroir » se produit, et nous nous reconnaissons. Shakespeare sait que ce qu’il montre résonne en nous, nous émeut, et nous met en mouvement. Il fait fonctionner nos neurones miroirs à merveille ! L’effet attendu n’est pas seulement de répétition. Au-delà du réflexe-miroir, Shakespeare espère déclencher le bon désir. On passe ainsi de l’empathie naturelle au désir mimétique – processus spontané dont j’ai démontré l’efficacité dans mon dernier ouvrage1 sur l’empathie.

       Tout ce cheminement ne serait encore que hasardeux si Shakespeare ne comptait pas sur la conscience du spectateur. Le désir a à voir avec la conscience, il « monte » jusqu’à la conscience – thème récurrent dans ses pièces comme dans ses Sonnets. Pourquoi Shakespeare est-il universel ? Justement parce que la conscience est universelle, elle est humainement universelle, comme le désir.  

       J’ai intitulé mon premier essai sur les Sonnets : Shakespeare et son double 2. Ce n’est pas que Shakespeare joue double jeu, c’est qu’il faut toujours chercher le double de ce que Shakespeare nous montre, et ce double est en nous-mêmes.

     

     

    1 L’alter de mon ego, L’Harmattan, 2017.

    2 L’Harmattan, 2012.

     

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  • De la science

     

     

    « La science, on ne saurait trop le répéter, est tributaire des phénomènes naturels. »

                                                                             James Joyce

     

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  • Sacrificiel

     

     

    Le fil de fer barbelé*

     

    Le 24 novembre 1874, l’Américain Joseph Glidden de DeKalb, dans l’Illinois, déposa le brevet du fil de fer barbelé commun et construisit la première machine capable de le produire en grande quantité. Il s'agissait d'une version améliorée de l'invention du Français Louis Jannin en 1865. La facilité avec laquelle on pouvait le déployer fit qu'il se répandit très vite auprès des éleveurs aux États-Unis. De larges zones pouvaient être ainsi clôturées, augmentant le rendement des élevages et la rentabilité des terres. Le pauvre inventeur ne pouvait pas deviner – on l’espère – l’usage intensif qui serait fait de sa géniale trouvaille aux siècles suivants.

     

    * Source Wikipédia

     

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