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    La main sur le cœur

     

    Gloster*. – Because I cannot flatter, and speak fair,

    Smile in men’s faces, smooth, deceive, and cog,

    Duck with French nods and apish courtesy,

    I must be held a rancorous enemy.

     

    GLOUCESTER. – Parce que je ne sais pas flatter, parler avec élégance,

    Sourire devant tout un chacun, cajoler, tromper, truquer,

    Saluer bassement à la française et singer la politesse,

    On me considère comme rancunier et hostile.

     

    Richard III, I, 3, 47-50

     

    * Futur roi Richard, futur tyran.

     

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  • Crise du désir

     

     

    Lassitude

     

    Marre de l’autonomie. Marre des responsabilités. « Les peuples », comme on les appelle, préfèrent la tyrannie. Ils rêvent toujours de liberté, d’indépendance, et ne veulent pas reconnaître leurs liens avec les autres peuples. Et dans un mouvement contradictoire et absurde, ils délèguent leur volonté à des violents qui les rassurent. Au nom d’une souveraineté collective, ils renoncent à leur implication personnelle. Ils endorment leurs consciences dans un narcotique idéologique. Ceci ressemble à un retour des idoles, d’autant plus pernicieux que les nouveaux césars se sont défaits des attributs mythiques de leurs prédécesseurs, « petit père du peuple », führer, duce, « Grand Timonier », lider maximo, reconnaissables à leurs uniformes et à leurs fanfares. Nos tyrans d’aujourd’hui sont banals. Leur platitude, leur insignifiance sont un masque bien plus redoutable que la violence ostentatoire de leurs modèles. Les citoyens apeurés se refugient dans l’indifférenciation. Quelle est cette maladie ? Je l’appelle acédie, crise du désir, renoncement à la personne. Elle n’est pas sans remède, mais la fièvre est tenace.

     

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  • Noël

     

     

     

    « Noël : c’est l’acte de naissance d’un enfant malheureux, qui vient au monde chargé de problèmes. Sa mère l’a conçu hors mariage, puis elle a dû partir sur les pistes boueuses de l’hiver et accoucher dans une baraque de banlieue. Son premier miracle a été de naître quand même. »

     

                                                         Erri De Luca, Le plus et le moins

     

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    Jésus et Google

     

    Les sites de recherche fonctionnent sur des données statistiques. Plus vous êtes visité, ou « liké » quelle horreur ! ‒, plus vous avez des chances de passer devant. L’algorithme de Google (comme ceux de Facebook, et des autres) est aussi bête que cela.

       Il y a 2000 ans, quand Jésus a achevé sa « carrière », il était tellement impopulaire que sa disparition a failli être ignorée éternellement. Plus un seul de ses disciples ne le « likait ». Même Pierre, son héritier potentiel, se tenait à carreau. Quant à Jean, son « disciple préféré », il faisait profil bas. Quelques femmes – pouah, des femmes ! – se sont risquées à aller visiter son tombeau le lendemain de sa mort… Et elles sont tombées sur un tombeau vide. Le flop total ! Aucun intérêt pour un réseau social. Et puis, qui viendrait s’inquiéter de ce que Jésus est devenu ? Des « économiquement faibles ». Sur le plan marketing, aucun intérêt !

       Inversons les statistiques. Ce qui passe inaperçu aujourd’hui est probablement – certainement – ce qui sera important demain. Oublions Google et cherchons mieux !

     

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  • Sacrificiel

     

     

    Triomphe

     

    « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » De quoi dépend la gloire ? De la mise en danger du vainqueur. De quoi triomphe-t-on ? De son ennemi juré. Le triomphe est une vengeance qui se cache sous des dorures et des fanfares. Il cache toujours un mort. Quelle bonne idée d’avoir mis un inconnu sous l’Arc de triomphe : ci-gît celui à qui la gloire n’a pas profité.

       Les triomphes bruyants ne durent pas, ils sont généralement suivis de défaites cinglantes, d’humiliation, au moment où il faut rendre sa couronne de laurier. L’histoire ne s’écrit souvent qu’à travers une série de faux triomphes et de durables défaites. Elle s’écrit aussi dans la patience des petits, la résistance des faibles, l’endurance des victimes.

     

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