• Shakespeare

     

    Duston Rogers

     

    Théorie du genre

     

    Sonnet 20

     

     

         A woman’s face with nature’s own hand painted
         Hast thou, the Master Mistress of my passion. […]
         A man in hue all Hues in his controlling,
         Which steals men’s eyes and women’s souls amazeth.

     

     

         La nature t’a peint un visage de femme ;

         De ma passion, tu es le maître et la maîtresse. […]

         Tu as l’aspect d’un homme et tous ses attributs 

         Qui charment les hommes et sidèrent les femmes.

     

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Paul Verlaine

     

     

         Le Bonheur a marché côte à côte avec moi ;

         Mais la FATALITÉ* ne connaît point de trêve :

         Le ver est dans le fruit, le réveil dans le rêve,

         Et le remords est dans l’amour : telle est la loi.

         –  Le Bonheur a marché côte à côte avec moi.

     

                                              Poèmes saturniens

     

              * L’expression « la fatalité du bonheur » est de Rimbaud.

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Autonomie

     

     

    Désiré

     

    Rien ne ressemble plus à la manifestation de notre liberté que ce désir qui nous pousse, qui semble venir du plus profond de nous, qui paraît l’expression même de notre être. Hélas ! ce que nous faisons avec passion, nous le faisons sous la contrainte. Nous voulons être nos désirs. Nous ne sommes que les jouets de la mode et de l’imitation.

    Tout le monde sait ça, mais nul ne sait comment 

    On fuit ce paradis qui conduit à l’enfer  (sonnet 129)

       Shakespeare, à travers l’épreuve des Sonnets, n’en sort pas indemne. Personne n’en sort indemne. À notre époque, celui qui revendique la liberté totale et la pleine réalisation de ses désirs s’aveugle et s’enfonce dans la nuit.

       Banalité de nos désirs qui nous détruisent, échecs dont les blasés ne se consolent jamais. Nos désirs sont l’énergie de ce que nous « produisons » de plus beau… mais ils dépendent des autres, il nous faut constamment refaire le plein de carburant. En définitive, nos désirs expriment le besoin indéfectible que nous avons des autres. Ce pourrait être l’amour, nous le corrompons en envie, et nous sommes tristes.  

       Il ne suffit pas de désirer, il faut d’abord être désiré. Tous les enfants savent ça. Quand ils ne sont pas désirés… ils meurent !

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Com.

     

     

    Commentaires de commentaires

     

    Commentaires de commentaires de commentaires. Il y a beaucoup à dire sur les commentaires des « spécialistes » qui commentent les commentaires des hommes politiques… En général, ils ne jugent qu’eux-mêmes et ne le savent pas. Cette accumulation de commentaires, aussi appelés éclaircissements, décryptages, analyses (n’allons pas jusqu’à exégèses), favorise la rumeur, elle l’entretient, elle la déclenche même. Que savons-nous après une heure sur France Info ou après le Journal télévisé ? À peu près rien. Essayez seulement d’en faire un résumé cohérent. Les commentaires ne développent pas l’information, ils l’étouffent.

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Richard III 

     

     

    La conscience des assassins

    (scène complète)

     

    2nd murderer. What, shall I stab him as he sleeps?

    1st murderer. No ; he’ll say, ’t was done cowardly, when he wakes. 

    2nd murderer. Why, he shall never wake until the great judgment-day.

    1st murderer. Why, then he’ll say, we stabb’d him sleeping.

    2nd murderer. The urging of that word, judgment, hath bred a kind of remorse in me.

    1st murderer. What ! art thou afraid ?

    2nd murderer. Not to kill him, having a warrant ; but to be damn’d for killing him, from the which no warrant can defend me. 

    1st murderer. I thought thou hadst been resolute.

    2nd murderer. So I am, to let him live.

    1st murderer. I’ll back to the Duke of Gloster, and tell him so.

    2nd murderer. Nay, I pr’ythee stay a little ; I hope this passionate humour of mine will change : it was wont to hold me but while one tells twenty.

    1st murderer. How dost thou feel thyself now ?

    2nd murderer. Some certain dregs of conscience are yet within me.

    1st murderer. Remember our reward, when the deed’s done.

    2nd murderer. ’Zounds ! he dies : I had forgot the reward. 

    1st murderer. Where’s thy conscience now ?

    2nd murderer. O ! in the duke of Gloster’s purse.

    1st murderer. When he opens his purse to give us our reward, thy conscience flies out.

    2nd murderer. ’T is no matter ; let it go ; there’s few or none will entertain it.

    1st murderer. What, if it come to thee again?

    2nd murderer. I’ll not meddle with it.

     

    DEUXIEME ASSASSIN. – Quoi ! allons-nous le poignarder dans son sommeil ?

    PREMIER ASSASSIN. – Non, il dirait à son réveil que nous avons agi comme des lâches.

    DEUXIEME. – Mais voyons ! il ne s’éveillera pas avant le Jugement dernier.

    PREMIER. – Alors, il dira que nous l’avons poignardé dans son sommeil.

    DEUXIEME. – En parlant de jugement, d’un seul coup, cela a fait naître en moi comme un remords.

    PREMIER. – Quoi ? tu as peur ?

    DEUXIEME. – Pas de le tuer – nous agissons sur ordre –, mais d’être damné pour l’avoir tué. De cela, le mandat que nous avons ne nous protège pas.

    PREMIER. – Je croyais que tu étais résolu.

    DEUXIEME. – Je le suis toujours : à le laisser vivre.

    PREMIER. – Je vais aller raconter tout ça au duc de Gloucester.

    DEUXIEME. – Non, s’il te plaît, attends un peu. J’espère que ce n’est qu’une humeur passagère : ça ne dure généralement que le temps de compter jusqu’à vingt.

    PREMIER. – Et comment te sens-tu à présent ?

    DEUXIEME. – J’ai encore comme un fond de conscience à l’intérieur.

    PREMIER. – Rappelle-toi de la récompense que nous aurons quand tout sera fait.

    DEUXIEME. -  Morbleu ! qu’il meurt ! J’avais oublié la récompense.

    PREMIER. – Où est passé ta conscience ?

    DEUXIEME. – Oh, elle est dans la bourse du duc de Gloucester.

    PREMIER. – Dès qu’il ouvre sa bourse pour nous donner notre récompense, ta conscience s’échappe.

    DEUXIEME. – Qu’elle aille où bon lui semble ! Il n’y a guère de chance qu’elle trouve nulle part un gîte.

    PREMIER. – Et si ça te reprend ?

    DEUXIEME. – Ça m’est égal.

     

                                                           Richard III, I, 4, 100 et s.

     

    Partager via Gmail Yahoo! Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique