• Éducation

    Crédit : Unicef 

    100 000 ans d’éducation

     

    L’origine de l’anthropocène remonte à l’émergence d’homo sapiens, il y a environ 100 000 ans ! C’est à partir de cette période que l’homme a résolument transformer son environnement au lieu de simplement l’exploiter, de « vivre dessus ». Négligeant progressivement la chasse et la cueillette, il a inventé la culture en même temps que l’agriculture. Avec lui, l’Évolution, de naturelle, est devenue culturelle. On peut donc « dater » l’invention de l’école, en tout cas la nécessité de transmettre les connaissances d’une génération à l’autre, de la même époque, puisque l’Évolution ne s’inscrivait plus exclusivement dans nos gènes. L’enseignement est probablement le plus vieux métier du monde.

       Initialement, et aujourd’hui encore, l’éducation a pour mission première de transmettre le patrimoine culturel de la communauté humaine, comme les gamètes transmettent notre patrimoine génétique. À chaque génération, tout se passe comme si l’enfant devait refaire en un temps record tout le chemin de l’hominisation (l’ontogenèse « colle » à la phylogenèse). Sinon, littéralement, l’Évolution risque de s’arrêter !

       De ce point de vue, l’école n’a jamais été moderne. Même tournée vers l’avenir, elle ignore sa fin. Les « décideurs » d’aujourd’hui n’ont aucune idée de ce à quoi le monde ressemblera dans dix ans, et nous prétendons former des cerveaux qui seront encore actifs (et en responsabilité) en 2070-2080 !

       Si nous nous situons sur l’échelle de l’anthropogenèse, nous découvrons que nous nous trouvons à sa pointe ultime, au sommet d’une pyramide fragile qui a 100 000 ans. La nouveauté, c’est que nous avons maintenant conscience de notre position, de notre responsabilité, voire de notre culpabilité, par rapport à l’écosystème que nous avons créé (et que nous avons détérioré). L’homme contemporain est devenu, enfin, un authentique homo sapiens sapiens !

       Les conséquences de cet état de fait vis-à-vis de l’éducation sont colossales. Il ne suffit pas de former les futurs citoyens du monde aux savoirs d’hier et aux techniques d’aujourd’hui, il faut d’abord les mettre en état de concevoir les systèmes à venir – que nous ignorons –, tout en conservant les bases de notre humanité, héritées des 100 000 ans de culture qui nous ont précédés. C’est sans doute pour avoir oublié (ou feint d’ignorer) ces bases culturelles que le système est devenu fou : pollution, surconsommation, épuisement des ressources, injustice dans la répartition des biens, délitement (ou superficialité) de nos liens sociaux, etc.

         Une éducation intelligente et responsable pour demain ne peut pas faire l’impasse sur ce sur quoi elle repose. L’enjeu recouvre tout le temps comme tout l’espace. Nous sommes « globaux » dans tous les sens du terme. La perspective est aussi affolante que passionnante et cela se joue maintenant.

     

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  • Shakespeare

     

     

     

    L’orgueil et l’ambition

     

         Pride went before, ambition follows him.

     

         L’orgueil est parti devant, l’ambition marche dans ses pas.

     

                                     Henry VI, deuxième partie, I, 1, 179.

     

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  • C’est de la com., c’est du pipo 

    Jeu d’influences

     

    Trafic d’influence, agence de com., lobbying, réseaux sociaux, survalorisation des images, délation (anonyme évidemment), infox, médisance, calomnies, rumeur, ouï-dire, soupçons, bigoterie politiquement correcte, duperie, défense de la réputation (on ne dit plus « honneur »), storytelling, ragots, on-dit, dissimulation, racontars, leurres, faire-semblant, mensonges délibérés, falsifications, faire bonne figure, contre-vérités, ne pas perdre la face, commérages, bobards, tartufferie, hypocrisie...

       ...que reste-t-il d’authentique ?

     

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  • L’universel

     

    Les Guerres puniques, déjà... 

     

    L’universel confisqué

     

    Tout le monde a à peu près compris, et sans doute admis, la nécessité de la mondialisation. Nous n’échapperons pas à l’universalisation, au resserrement du monde, au rapprochement des sociétés et des cultures entre elles. C’est une loi de l’Évolution. Après l’expansion de l’Humanité, vient sa convergence. La perspective fait un peu peur. Et il y a de quoi s’inquiéter si la globalisation consiste, en effet, à uniformiser des individus « digitalisés », réduits à des codes, des algorithmes, dont la seule identité est une image chiffrée reconnue dans une base de données.

       Pourtant, affirme Teilhard de Chardin, « l’union différencie », « l’union est créatrice ». À condition d’unir des personnes authentiques, des esprits libres et responsables, des êtres singuliers et intelligents, pas des esclaves soumis à une idéologie oppressive ou une doxa consumériste. De même que la mondialisation a été confisquée par des intérêts privés (énormes !)*, de même Xi Jinping rêve-t-il que l’universel soit chinois, de même Mohammed ben Salmane voit-il le monde aux couleurs de l’islam sunnite, de même Vladimir Poutine voit-il la planète comme son champ exclusif d’exploration. Ce n’est pas nouveau. Après tout, la Colonisation des continents au XIXe siècle s’est faite au nom de l’universalisation des valeurs occidentales, exclusivement. Nous en sommes revenus, « ils » en reviendront !

       Le paradoxe est plus que troublant, il est effrayant. La réunion du genre humain est entre les mains de tyrans qui ne rêvent que de son contraire et qui ont des pouvoirs financiers, militaires et informatiques colossaux ! L’histoire n’est pas un long fleuve tranquille, et l’Évolution encore moins. Sans doute la Création gémit-elle « encore dans les douleurs de l’enfantement » (saint Paul, épître aux Romains, 8, 22).

     

    *voir La privatisation de l’universel, page 25.

     

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  • Nommer le désir

     

     

    À quoi aspirons-nous ?

     

    « Pour te montrer là où est ton désir, il suffit de te l’interdire un peu. »

                                                                                           Roland Barthes

     

    L’obscurité du monde d’avant, tout aveuglant d’images sursaturées, nous empêchait de voir. Nous avions perdu jusqu’à l’envie d’imaginer autre chose. Savions-nous seulement qu’il y a autre chose ? Une éclaircie apparaît. Le ciel se déchire un peu. Cette petite ouverture devrait exciter notre désir. Osons nommer ce que nous désirons vraiment. À quoi aspirons-nous ? De quoi avons-nous besoin pour respirer ? Faisons une place aux bons désirs. Commençons quelque chose. Avant qu’un peu ne se referme.

     

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