• Portfolio : les cinq sens 

     

    L’odorat

     

                   « L’odorat, le mystérieux aide-mémoire. »

     

                         Victor Hugo

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Mimétique malgré tout

     

     

     

     

    La charité

     

    Si la charité c’est être gentil avec les démunis, les déshérités, les petits enfants malheureux, c’est assez facile à faire. Beaucoup même se précipitent vers eux en espérant en tirer quelque reconnaissance. Un don à l’UNICEF et me voilà tranquille… « L’amour du prochain », c’est autre chose. Comment aimer les salauds ? S’il y a des choses impardonnables, comment pardonner quand même à ceux qui les ont commises ? On peut « faire le bien », mais comment effacer en soi tout ressentiment ? « Dans son plus grand effort, l’homme ne peut que se proposer de diminuer arithmétiquement la douleur du monde », déclare Albert Camus dans L’Homme révolté. Programme minimum.

       La charité vient du cœur. Comment céder au cœur sans être freiné par la raison ? Seule la miséricorde est bonne. Mot désuet, rejeté par nos contemporains. Reste le « programme minimum », le Care.

     

     

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  • Shakespeare 

     

     

     

    Répétition 

     

    Shylock. Why, Jessica, I say !

    Launcelot. Why, Jessica !

    Shylock. Who bids thee call ? I do not bid thee call.

    Launcelot. Your worship was wont to tell me that I could do nothing without bidding.

     

    SHYLOCK. – Oh là, Jessica, j’appelle !

    LANCELOT. – Oh là, Jessica !

    SHYLOCK. – Qui te demande d’appeler ? Je ne te demande pas d’appeler.

    LANCELOT. – Votre Honneur m’a souvent dit que je ne savais rien faire sans qu’on me le dise !

     

    Le Marchand de Venise, acte II, scène 5, l. 6-9.

     

     

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  • Mimétisme

     

     

     

     

     

    Violence mimétique

     

    « La méfiance, le doute que l’autre manifeste, le comportement anticipé, conduisent chacun à recourir à la violence qu’il craint. »  

     

    Paul Dumouchel, Le sacrifice inutile

     

     

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  • État de la personne

     

     

    Oral 

     

    On croit généralement que les paroles s’envolent tandis que les écrits restent. C’est ce que nous dicte le bon sens et que nous souffle la sagesse populaire. Pourtant, les exemples du contraire pullulent. Le mot écrit est celui qu’on efface le plus vite, on le biffe, on le rature, on le corrige. Ce qui est écrit n’est pas définitif. L’écrit est toujours, d’une certaine façon, un brouillon. La parole, elle, est puissante et irréversible. Comment revenir sur la parole donnée ? Comment effacer l’insulte proférée ? Ce qui est dit est dit. On ne peut pas faire comme si on ne l’avait pas dit. Il vaut mieux s’entendre que se voir. On identifie toujours plus facilement une voix qu’une écriture. Il y a plus de présence dans un appel téléphonique que dans un texto. On ment plus facilement par écrit qu’oralement, la voix est toujours vraie. Un véritable engagement se fait de vive voix. Quel amant, quelle femme amoureuse demanderaient pour preuve d’amour : « Ecris-moi que tu m’aimes » ? Quand nous avons besoin de l’autre, nous demandons toujours : « Dis-moi que tu m’aimes. »  Si l’amour y trouve son compte, c’est que le cœur a ses raisons.  

       On trouve les mêmes rapports entre l’image et le son qu’entre l’écrit et l’oral. On est habitué à l’arrêt sur image, une manière de figer la vie : ce que nous appelons une nature morte, les Anglais l’appellent a still life, une vie immobile, une vie en suspension. Mais qu’est-ce qu’un arrêt sur son ? Est-ce concevable ? L’écrit est un arrêt sur mot. Il faut savoir lire vite pour se donner l’illusion de la langue vivante. Et que dire des voix artificielles, celles des répondeurs automatiques derrière lesquels toute personne vivante a disparu ? La voix du GPS dans la voiture est particulièrement pénible. La malheureuse « créature » a trois intonations qui ont tôt fait de nous exaspérer. L’imitation est si bêtement plate que cela ressemble davantage à une « nature morte » qu’à une voix vivante.

        L’oral, c’est le souffle. Celui de la vie, celui de l’esprit. Comme des paroles en l’air... Laissons-les voler. Il faudrait faire ici l’éloge de la légèreté et de la désinvolture.

     

     

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