• Shakespeare

     

     

    Antonio et Sébastien,

    La Tempête, jouée à l'Université de Guizhou (Chine).

     

    Qu’en est-il d’un individu sans conscience ?

     

     

    Sebastian. But, for your conscience ─

    Antonio. Ay, sir ; where lies that ? if it were a kibe, ’t would put me to my slipper.

     

     

    Sébastien – Mais votre conscience...?

    Antonio – C’est vrai ça, où se cache-t-elle ? Si c’était une engelure au talon, elle m’obligerait à porter une pantoufle. 

     

    La tempête, acte II, scène 1.

     

     

     

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  • Déviance

     

     

    La dérision

     

    L’humour a à peu près disparu de nos pratiques. Il a été remplacé par la dérision, le deuxième degré (qui permet de dire n’importe quoi), la vanne, le bashing, la méchanceté loufoque (mais méchante quand même), autant de formes de persécutions qui dédouanent les persécuteurs à bon compte, LOL. Si vous voulez être franchement cynique, dites que c’est pour rire. Vous vous sentirez parfaitement innocent de votre crapulerie. Que les victimes soient des hommes politiques, des stars, des petits personnages qui passent comme des étoiles filantes dans la fureur médiatique qui brûle tout ce qu’elle consomme, que les cibles soient consentantes, trop heureuses qu’on parle d’elles, même si c’est pour en dire du mal, tout ce qui passe entre les mains des amuseurs publics est changé en bouillie. Cela est si peu drôle que les rires sont ajoutés aux shows et pour les live, les spectateurs sont promptés pour réagir sur commande ! Si quelque chose est bien dérisoire, ce n’est pas l’humour des comiques professionnels mais le vide de leur pensée. L’humour devrait être le produit de l’esprit Molière en savait quelque chose , mais justement l’esprit a disparu.

        « On ne fonde, on ne refonde, on ne restaure, on ne restitue rien sur la dérision », disait Charles Péguy. Il n’a jamais été autant d’actualité. Il n’a jamais non plus paru si loin de nous.

     

     

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  • Citation

     

     

    « Deux n’est pas constitué de la somme de deux unités, au contraire c’est un qui est une fraction de deux. » 

                                                        Stéphane Breton

     

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  •  Portfolio

     

    À qui allons-nous abandonner le monopole de la pensée ?  

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « Penser est autre chose que connaître. La pensée n’a ni fin ni but. La pensée est ‘‘inutile’’ ». 

                           Hannah Arendt,  

                           Condition de l’homme moderne

     

     

     

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  • Mimétisme

     

     

     Miroir, mon beau miroir…

     

    « La reine possédait un miroir magique, don d’une fée, qui répondait à toutes les questions. Chaque matin, tandis que la reine se coiffait, elle lui demandait : 

       – Miroir, miroir en bois d’ébène, dis-moi, dis-moi que je suis la plus belle.  

       Et, invariablement, le miroir répondait : 

       – En cherchant à la ronde, dans tout le vaste monde, on ne trouve pas plus belle que toi. » […] 

       La reine croyait être la plus belle femme du monde.  

       Un jour, elle voulut se le faire confirmer par son miroir. Le miroir répondit : 

       – Reine, tu étais la plus belle, mais Blanche-Neige au pays des sept nains, au-delà des monts, bien loin, est aujourd’hui une merveille. 

       La reine savait que son miroir ne mentait pas. Furieuse, elle comprit que le garde l’avait trompée et que Blanche-Neige vivait encore.» 

                                           D’après les frères Grimm.

     

    Dans son miroir (qui n’est pas aussi magique qu’on le croit), la reine cherche son double et c’est évidemment Blanche-Neige qu’elle découvre. Son double est sa rivale, elle identifie son ennemie. Elle hait celle qu’elle voudrait être ! 

       Saint Matthieu (au chapitre 5, 43-44) rappelle les paroles de Jésus le nazaréen : « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent.  » 

       Aimer son ennemi ! Cela est impossible, une pure folie. À moins… À moins d’une prise de conscience totale de ce qu’est l’autre, mon prochain : il est mon miroir. Ce que je hais le plus en lui, c’est ce que je ne veux pas voir en moi ! Françoise Dolto exprime cela en psychanalyste : « Aimer mon ennemi, c’est aimer celui qui est support de ce que je refoule le plus et que je ne veux pas reconnaître en moi. »* En somme, « aimer son ennemi », c’est « aimer son prochain absolument comme soi-même », jusqu’au bout, sans réserve, c’est se confondre à lui.  ’Tis thee my self ’, « Tu es moi », dit Shakespeare à son « presque lui-même » (sonnet 62). Tout est lumineusement clair et incroyablement difficile.

      

    * Françoise Dolto, L’évangile au risque de la psychanalyse, tome 2, éditions Jean-Pierre Delarge, 1978, page 123.

     

     à à à à à à à à à à à à

     

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