• Nouvelle édition 

     

     

    Illustration de couverture : Jean-Noël Duchevet. 

     

    Les Sonnets de Shakespeare

    Traduction et commentaires

    Édition bilingue  

     

    Après huit ans de travail, de passion et de patiente obstination, je suis enfin parvenu au bout de ma quête. Vient de paraître, chez L’Harmattan, ma traduction en édition bilingue des Sonnets de Shakespeare, abondamment commentée. Mon étude est approfondie. Je ne crois pas qu’on trouve l’équivalent dans le monde francophone.

       Les Sonnets sont l’œuvre la plus personnelle de Shakespeare. Non seulement ils sont beaux, mais ils sont aussi une clé irremplaçable pour comprendre le poète-dramaturge qui a sans doute été l’auteur le plus secret de sa génération. Le ‘gentle Shakespeare’ ne donnait pas prise. Dans ses Sonnets, il ne parle qu’à lui-même, et dans l’espèce de long monologue que représente le recueil, il révèle sa vérité sur le désir, la passion, la haine, la conscience, l’amour.

       Pour avoir accès à cette vérité, il fallait fouiller très profond. C’est ce que je présente sur 770 pages de notes et de commentaires. Les sonnets sont étudiés vers par vers, parfois mot à mot, tant l’écriture de Shakespeare est dense. On a prétendu que sa poésie n’était pas aussi riche de sens que son théâtre. Je crois pouvoir démontrer qu’elle est aussi puissante. Sans doute est-elle moins accessible. Il était donc nécessaire de l’étudier dans le plus grand détail.

       Fidèle à l’analyse que l’on trouve dans Shakespeare. Les Feux de l’envie, j’ai suivi la méthode de René Girard pour décrypter les Sonnets. Ceux-ci apparaissent comme le « champ d’expérimentation » de Shakespeare sur le désir et ils éclairent de façon éclatante l’œuvre du dramaturge autant que celle du poète. Écrits à la première personne*, ils nous révèlent Shakespeare « de l’intérieur ». C’est fascinant ! 

     

    * Les mots à la première personne (‘I’, ‘me’, ‘my’, ‘mine’, ‘myself’) sont au nombre de 787 dans l’ensemble du recueil. C’est dire si Shakespeare est présent dans les Sonnets !

     

     

    ISBN : 978-2-343-05491-9              54 € 

     

    Cliquez sur ce Lien pour L’Harmattan

     

     

    Mon site : http://shakespeare.sonnets.free.fr

     

     

     

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  • Mimétisme

     

     

    Respecte ma ressemblance ! 

     

    La critique récurrente faite à la théorie mimétique qui explique que beaucoup de penseurs honnêtes ou d’intellectuels sincères reculent devant l’hypothèse girardienne est due au fait que la théorie est globalisante. On la redoute comme « totalisante », ou un peu trop catholique, au sens premier du terme. René Girard agace parce qu’il veut tout expliquer avec la mimésis, entend-on souvent. Et c’est vrai que la théorie mimétique ne peut être comprise qu’en tenant compte de l’universel, dans sa dimension universelle. Car la globalisation, économiquement (et pudiquement) rebaptisée mondialisation, effraie. On accepte de consommer universel mais on rejette avec dégoût l’idée que l’espèce humaine soit absolument identique à elle-même d’un bout à l’autre de notre minuscule planète. Il n’y a pourtant qu’une et une seule espèce humaine… Nous le savons, mais nous n’avons pas intégré cette vérité à nos modes de penser, à notre culture quotidienne. Dans la crainte légitime de l’uniformisation, ou de l’indifférenciation, nous mettons en avant nos différences, nos histoires nationales, nos traditions, nos religions, notre langue, notre gastronomie. Tout fait différence. Ce comportement est rassurant : chacun dans sa niche, bien à l’abri des autres. « Tu haïras ton prochain comme personne. » La perversion de ce système, c’est la xénophobie, le racisme, le rejet universel (c’est le cas de le dire) de l’AUTRE.

       Prisonniers de ce principe, nous nous faisons peur, et comme nous ne pouvons empêcher de nous retrouver toujours plus serrés les uns contre les autres, de plus en plus modèles les uns pour les autres, nous devons, dans l’improvisation et la précipitation, construire une morale de la tolérance. Cette morale se résume en peu de mots : « respecte ma différence ». Le statu quo nous assure la paix sociale dans un sain environnement laïc. Mais nous n’avons jamais fait autre chose depuis l’aube de toutes les civilisations que de respecter nos différences, en les tenant « bien à distance » ! C’est au nom de la différence que nous avons fait les guerres, que nous avons construit des murs que nous appelons des frontières, que nous nous sommes protégés des invasions, des immigrations, des étrangers de tout poil. Nous sommes obsédés par nos différences. Malheureusement,  nous ne savons pas faire la paix avec nos différences. Si les Européens, depuis 70 ans, ne se font plus la guerre, c’est qu’ils ont fini par accepter tant bien que mal d’être à peu près pareils. Cela ne se passe pas sans récriminations, sans nostalgie, quand ce n’est pas avec une espèce de répulsion d’être assimilés à des Allemands, à des Anglais, pourquoi pas à des Albanais ? La construction européenne est tout ce qu’on peut concevoir de non naturel. Et pourtant elle tourne…

       Que se passerait-il si nous commencions à accepter vraiment notre ressemblance ? S’il n’y avait plus « ni juif ni grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme… », comme le suggère saint Paul dans sa lettre aux Galates (3, 28) ? Cette injonction vieille de 20 siècles nous fait encore trembler. Pourtant, imperceptiblement, cette évidence finit par entrer dans les consciences, à défaut d’« entrer dans les mœurs » dans sa version laïque, citoyenne ou économique. Il y a encore un long chemin à parcourir pour accepter de nous habiller en « taille unique ». Nous devons pourtant aller au bout de la logique de saint Paul et ajouter qu’il n’y aura bientôt plus ni patron ni employé, ni noir ni blanc, ni Arabe ni Juif, ni hétérosexuel ni homosexuel… À chacun de prolonger la liste dans la joie ou dans l’effroi.

     

     

     

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  •  Shakespeare

     

    fugit amor

    de Camille Claudel

    Le désir et le besoin  

                ‘O reason not the need !

                Allow not nature more than nature needs,

                Man’s life is as cheap as beast’s.’ 

             « Oh ne raisonnez pas le besoin !

                Si vous n’accordez pas à la nature plus qu’elle n’a besoin,

                La vie d’un homme ne vaut pas plus que celle d’une bête. »

     

                                                              King Lear, act II ,sc. 4

     

    Le désir, c’est exactement ‘more than nature needs’. Le désir est en surplus, il vient contrarier la nature. Nous faisons tellement de choses qui vont à l’encontre de nos besoins, dans le but chimérique de satisfaire nos désirs !

     

     

     

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  •  Crise du désir

     

     

    Les robots

     

     

    Les robots ne nous détrôneront que lorsque nous aurons choisi de leur céder la place.

     

    Le jour où nous serons las de nos responsabilités.

     

    Quand nous serons trop fatigués.

     

    Quand nous n’en pourrons plus de devoir penser par nous-mêmes pour seulement survivre.

     

    Nous délèguerons nos pouvoirs.

     

    La reddition sera douce.

     

    Indolore, sans doute.

     

    Ce n’est pas tant que les robots seront plus forts que nous, mais nous préférerons notre faiblesse à leur force.

     

    La chose se produira quand le désir n’y sera plus, qu’il sera en panne, presque éteint.

     

    Le sel de la terre se sera affadi.

     

    Nous comptons sur les enfants à venir pour que ce jour ne vienne jamais. 

     

     

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  • Education

     

     

    L’enfant voit plus loin que l’adulte 

     

    Cette belle image représente La féérie de la brousse. C’est un tableau de Papa Ibra Tall, peintre sénégalais. C’est cette image qui a servi de couverture à l’édition, chez Hatier, des ouvrages que Jean Tamburini, Sada Niang et moi avions réalisés pour l’enseignement de l’anglais en Afrique francophone : Elsewhere in Africa. Ouvrages, hélas, épuisés depuis longtemps.

     

    L’image est remarquable dans la manière de représenter l’enfant porté par l’homme, l’enfant plus grand que l’homme. La merveille de l’éducation, pour ne pas dire « la féérie », c’est que l’enfant puisse s’élever au-dessus de l’homme. C’est justement pour cela qu’on l’élève.

     

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