•  Crise du désir

     

     

    Les robots

     

     

    Les robots ne nous détrôneront que lorsque nous aurons choisi de leur céder la place.

     

    Le jour où nous serons las de nos responsabilités.

     

    Quand nous serons trop fatigués.

     

    Quand nous n’en pourrons plus de devoir penser par nous-mêmes pour seulement survivre.

     

    Nous délèguerons nos pouvoirs.

     

    La reddition sera douce.

     

    Indolore, sans doute.

     

    Ce n’est pas tant que les robots seront plus forts que nous, mais nous préférerons notre faiblesse à leur force.

     

    La chose se produira quand le désir n’y sera plus, qu’il sera en panne, presque éteint.

     

    Le sel de la terre se sera affadi.

     

    Nous comptons sur les enfants à venir pour que ce jour ne vienne jamais. 

     

     

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  • Education

     

     

    L’enfant voit plus loin que l’adulte 

     

    Cette belle image représente La féérie de la brousse. C’est un tableau de Papa Ibra Tall, peintre sénégalais. C’est cette image qui a servi de couverture à l’édition, chez Hatier, des ouvrages que Jean Tamburini, Sada Niang et moi avions réalisés pour l’enseignement de l’anglais en Afrique francophone : Elsewhere in Africa. Ouvrages, hélas, épuisés depuis longtemps.

     

    L’image est remarquable dans la manière de représenter l’enfant porté par l’homme, l’enfant plus grand que l’homme. La merveille de l’éducation, pour ne pas dire « la féérie », c’est que l’enfant puisse s’élever au-dessus de l’homme. C’est justement pour cela qu’on l’élève.

     

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  • Mimétisme 

     

    Zoé Heran dans le rôle de Laure/Mickaël  

    La honte 

     

    Le mimétisme peut être terriblement destructeur. Si tu n’es pas mimétique, tu es suspect. Si tu ne ressembles pas aux autres, tu es dangereux… La honte n’est pas le fait de la différence, la honte est une insulte faite à celui ou à celle qui paraît dissemblable. Ce n’est pas « la différence » en tant que telle qui est rejetée, c’est l’absence de conformité à un modèle quasi unique qui est vécue comme intolérable. Le regard des autres juge et condamne, sans recours. Shakespeare l’a dit mieux que moi (sonnet 121) :

     

    For why should others’ false adulterate eyes
    Give salutation to my sportive blood ?
    Or on my frailties why are frailer spies,
    Which in their wills count bad what I think good ?


     
    « Pourquoi le regard fourbe et perverti des autres

    Devrait-il approuver ma conduite légère ?

    Pour mes failles, pourquoi de plus faibles que moi

    Jugeraient-ils mauvais ce que je juge bon ? »

     

       La honte est un poison. Il peut être létal. C’est le résultat d’un sacrifice collectif, celui que le groupe, unanime et fort de son nombre, commet silencieusement sur celui ou celle dont l’image ne correspond pas à « la normalité ». Une illustration magnifique, et douloureuse, est donnée par Céline Sciamma dans son film Tomboy (2011). Parce que Laure a voulu passer pour un garçon et s’est fait appeler Mickaël, ni les garçons qui se sont crus ses pairs, ni les filles qui sont ses semblables, n’acceptent la réalité nue quand ils la découvrent. L’aventure pourrait se terminer tragiquement, mais Laure « préfère » avaler sa honte et les choses en restent là. Le drame a été évité. La honte de Laure devient sa culpabilité dès l’instant où elle a intériorisé le verdict du tribunal mimétique. Le sacrifice une fois accompli, le monde rentre dans l’ordre. Le nombre a triomphé sur la singularité. Tous sont apaisés. Laure/Mickaël vivra à jamais avec sa blessure.

       Pourtant, elle n’est fautive en rien. Quels sont les seuls coupables de la honte ? Ceux qui infligent l’humiliation aux « autres ». On confond souvent honte et culpabilité. Les vrais coupables ne sont pas ceux qu’ils (les vrais coupables) croient être les coupables effet pervers de la méconnaissance. Les vrais coupables, ce sont les « fauteurs de honte ».

     

     

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  • Enfance

     

     

    Sur le chemin de l'école...

     

    Les droits de l’enfant 

     

    La Convention internationale des droits de l’enfant a été adoptée le 20 novembre 1989, il y a vingt-cinq ans. Elle a pris beaucoup de temps à se mettre en place. Il reste encore beaucoup à faire.

       À l’origine de la défense des droits de l’enfant, on trouve une figure remarquable, un juste, le Dr. Janusz Korczak, pédiatre polonais du début du XXe siècle. Son influence a commencé à se faire connaître dans les années 1920. Parmi ses réalisations, il faut retenir la création de deux orphelinats, dès les années 1910. Ces institutions étaient organisées en « républiques d’enfants ». Pour le Dr. Korczak, les « droits de l’enfant » n’étaient pas une théorie, ils étaient sa pratique quotidienne.

       Janusz Korczak a également écrit des livres, dont Le Roi Mathias 1er, un conte fantastique à la gloire des enfants, une œuvre littéraire originale à tous égards. Sa plus belle action a été de ne pas abandonner les enfants juifs dont il s’occupait dans le Ghetto de Varsovie. Au moment de leur déportation pour les camps de la mort, il est parti avec ses protégés. Il est mort, avec eux, à Treblinka, à l’âge de 64 ans, le 5 août 1942.

     

     

     

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  • Citation

     

     

    ‘Hell is empty and all the devils are here.’  

    « L’enfer est vide et tous les démons sont ici. »

                        The Tempest, La Tempête.

     

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