• Education

     

     

     

    La musique bonne pédagogue 

     

    Les spécialistes font de plus en plus appel à la musique pour aider ou pour soulager des patients. Des chercheurs américains ont montré que des personnes atteintes d’un cancer étaient moins anxieuses si elles écoutaient régulièrement de la musique. Des chirurgiens diffusent des mélodies dans les salles d’opération, ce  qui détend et calme à la fois le personnel médical et le patient opéré. Des recherches sont en cours pour voir comment la musique pourrait être utilisée chez les personnes qui souffrent de troubles du langage. Des expérimentations sont aussi menées auprès de celles qui souffrent de dyslexie avec des résultats  prometteurs. La musique peut contribuer à lutter contre l’autisme. Des ateliers de musicothérapie sont proposés aux personnes souffrant d’Alzheimer. On fait entendre de la musique à des malades qui souffrent de troubles psychiatriques car le rythme et le son touchent la  sensorialité et la musique elle-même atteint le domaine affectif. La musique aide donc ces patients à surmonter leurs émotions et à retrouver un certain mode de communication. Plus généralement, la musique développe la mémoire. Des chercheurs de Hong Kong ont montré que des enfants qui suivaient des cours de musique réussissaient mieux que les autres des tests de mémoire.

       Voilà, en peu de mots, ce que les « spécialistes » découvrent aujourd’hui. Quand, il y a déjà plus de trente ans, j’ai introduit la musique systématiquement dans mes cours, je passais pour un original. On sait pourtant combien l’apprentissage d’une langue est formidablement soutenu par l’emploi de la musique. Pas uniquement pour « la musique de la langue », mais parce que la maîtrise du langage est plus qu’un processus rationnel, c’est aussi un processus émotionnel ─ et il n’y a rien de supérieur à la musique pour déclencher des émotions. J’accueillais mes élèves en musique, je lisais tous mes textes en musique, j’utilisais la musique pour l’apprentissage de rythmes, pour la relaxation, pour la mémorisation ─ déjà. Évidemment, je prenais de temps en temps ma guitare et nous chantions ensemble. Pourquoi le chant est-il à ce point méprisé dans notre enseignement ? Certains élèves m’ont aussi faire découvrir des musiques que je ne connaissais pas. Il y en a qui m’ont donné des cassettes à écouter pendant que je corrigeais leur devoir. Mon enseignement baignait dans la musique…

       Aucun inspecteur venu me visiter n’y a jamais prêté une attention particulière. Au mieux, j’étais un farfelu, mais pas méchant, pas dangereux pour les élèves. Je ne regrette rien.

     

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  • Portfolio : blason d'un corps

     

     

    Élégante et puissante,

    l’épaule.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  •  

     

    Upanishad

     

    « Rien n’est coupé de rien, et ce que tu ne comprends pas dans ton corps, tu ne le comprends nulle part ailleurs. »

     

     

     

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  • Shakespeare

     

     

     

    Aux insatisfaits 

     

    O ! I could tell you,

    But let it be.  Horatio, I am dead ;

    Thou liv’st : report me and my cause aright

    To the unsatisfied.’ 

     

    « Ah, je pourrais en dire…

    Mais qu’importe ! Horatio, je me meurs.

    Toi, vis ! Rapporte ce que j’ai été et quelle a été ma cause, sans te tromper,

    Aux insatisfaits. » 

     

                               Hamlet, Acte V, scène 2, v. 345-348.

     

     

     

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  • Etat de conscience

     

     

     

    Touche pas à mon image ! 

     

    L’obsession de l’image n’est autre que la crainte archaïque du qu’en-dira-t-on, elle est le reflet de l’oppression du regard de l’autre, elle est avant tout mimétique, elle signe la négation de sa propre liberté, elle conduit à la justification de toutes les lâchetés et de toutes les bassesses, pourvu que l’image soit sauve. La honte n’a pas d’autre ressort. C’est toujours le « regard de l’autre » qui « tue ». Il faut d’abord sauver l’image, « ne pas perdre la face ». Les Chinois en ont fait la base de leur sociabilité. Qu’importe le méfait si la « bonne opinion » est préservée. Les politiques ne décident rien qu’ils n’aient d’abord vérifié les sondages et leur « cote de popularité » : ils veulent avoir « la maîtrise de leur image ». Cela ressemble, à s’y méprendre, à l’osculation des augures ou à la lecture de l’horoscope par les potentats peureux. Nous avons changé d’époque mais pas de comportement. Le vocabulaire varie mais la méconnaissance est la même.

       Régression. Nous en revenons à la bonne vieille figure de l’honneur, l’épée au côté et les chapeaux à plumes en moins ─ mais à peine. Rappelons-nous ce pauvre Rodrigue prêt à perdre celle qu’il aime plus que tout pour sauver son image :

            « Mourir sans tirer ma raison !
            Rechercher un trépas si mortel à ma gloire !
            Endurer que l’Espagne impute à ma mémoire
            D’avoir mal soutenu l’honneur de ma maison !
            Respecter un amour dont mon âme égarée
            Voit la perte assurée !
            N’écoutons plus ce penser suborneur,
            Qui ne sert qu’à ma peine.
            Allons, mon bras, sauvons du moins l’honneur,
            Puisqu’après tout il faut perdre Chimène.
     »

       Le langage moderne sait habilement camoufler le vieux principe sous un vocabulaire pimpant. Ainsi de l’anglicisme the narrative qui ne signifie rien d’autre que propagande, poudre aux yeux ou intoxication. Les « communicants » en sont les champions. Les Russes, Daech et les terroristes ─ tout ce qu’il y a de hype ─ savent enfumer leurs ennemis au moyen de techniques électroniques dernier cri. Il s’en trouve qui se laissent prendre à ces jeux d’arrière-cour. Dérisoire faiblesse des crédules…

       Pascal nous avait prévenu : « L’orgueil nous tient d’une possession si naturelle au milieu de nos misères, erreurs, etc. Nous perdons encore la vie avec joie, pourvu qu’on en parle. » L’image, c’est l’auréole, Shakespeare parlerait d’« ornement ». Allez savoir ce qui se cache derrière le respect ou l’estime de soi ! L’orgueil que Pascal évoque, c’est exactement l’honneur chatouilleux des anciens, c’est l’image des modernes. Tout pour la gloire ─ et puis quoi ?

     

     

     

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