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Shakespeare 

 

 

Sur la vanité du monde

 

Au cours d’un festin, Timon offre à ses convives une mascarade d’amazones dansant au son du luth, accompagnées de Cupidon… Apemantus, cynique et misanthrope, commente :

 

     Hoy-day, what a sweep of vanity comes this way !

     They dance ! they are mad women.

     Like madness is the glory of this life,

     As this pomp shows to a little oil and root.

     We make ourselves fools, to distort ourselves ;

     And spend our flatteries, to drink those men,

     Upon whose age we void it up again

     With poisonous spite and envy.

     Who lives, that’s not depraved, or depraves ?

 

     Holà ! Un vent de vanité souffle de ce côté-ci !

     Elles dansent ! Ces femmes sont folles…

     Comme la folie auréole cette vie, de même

     Cette pompe qui ne vaut pas plus qu’un peu d’huile et trois racines.

     Nous nous travestissons en fous pour mieux nous distraire ;

     Et nous déversons nos flatteries à la santé des hommes

     Dont nous moquerons bientôt le vieil âge,

     Avec notre rancœur et notre jalousie empoisonnées.

     Qui vit qui ne soit corrompu ou corrupteur ? 

 

                                                            Timon of Athens, I, 2, 132-140.

 

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