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Féminisme sacrificiel

 

 

 

« La culture du viol »


L’expression fait florès. Elle repose sur l’idée que la « violence faite aux femmes » est un geste culturel, ce serait le résultat d’un apprentissage, donc facile à corriger : il suffit de changer de culture, comme on change de pays en passant une frontière. Le raisonnement est solide et très simple. Il revient aussi à désigner un bon bouc émissaire, et il est de taille, c’est de tous les hommes qu’il s’agit !

   Le coupable étant formellement reconnu, doit-on aller vers une société où les hommes et les femmes seront strictement séparés, un peu à l’image de certaines sociétés musulmanes où les hommes vivent entre eux ? Cet état de fait n’empêche pas les violences faites aux femmes, preuve que la « solution » de la séparation des sexes est inefficace.

   Victimiser les hommes pour dévictimiser les femmes est un jeu de yoyo parfaitement dérisoire, puisqu’on ne sort pas du victimisme. Il n’y a pas de solution parallèle, ni réciproque, ni symétrique. C’est justement de la symétrie qu’il faut sortir. Le contraire d’un mal peut être un mal presque identique. Obsédé.e.s par la différence, les « progressistes » piochent, sans s’en rendre compte, dans les vieilles recettes sacrificielles, toutes mimétiques. L’attitude est rétrograde, voire archaïque.

   La fin du sacrifice des femmes passe nécessairement par une éducation commune au respect mutuel, une profonde compréhension de l’égalité absolue entre les humains, l’acceptation de nos ressemblances : maltraiter une femme, c’est maltraiter l’humanité tout entière, c’est se renier soi-même en tant qu’humain. Il n’y a rien de plus beau que l’extase partagée par des êtres unis. Le viol est simplement une expression de la haine de frères pour leurs sœurs. Toute expression de haine est une forme de viol.

 

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