Shakespeare
Le roi et le manant
King Henry. ’Tis not the balm, the scepter, and the ball,
The sword, the mace, the crown imperial,
The intertissued robe of gold and pearl,
The farcèd title running ’fore the King,
The throne he sits on, nor the tide of pomp
That beats upon the high shore of this world ;
No, not all these, thrice-gorgeous ceremony,
Not all these, laid in bed majestical,
Can sleep so soundly as the wretched slave
Who, with a body filled and vacant mind,
Gets him to rest, crammed with distressful bread ;
Never sees horrid night, the child of hell,
But, like a lackey, from the rise to set
Sweats in the eye of Phoebus, and all night
Sleeps in Elysium; next day after dawn
Doth rise and help Hyperion to his horse,
And follows so the ever-running year
With profitable labour to his grave.
And, but for ceremony, such a wretch,
Winding up days with toil and nights with sleep,
Had the forehand and vantage of a king.
LE ROI HENRY. – Ce n’est pas le heaume, le sceptre et le globe,
L’épée, la masse, la couronne impériale,
Le manteau tissé d’or et de perles,
Le titre bouffon qui précède le Roi,
Le trône où il est assis, ni le flot de pompes
Qui bat les hautes rives de ce monde ;
Non, aucune de ces choses, à la triple splendeur et autorité,
Aucune d’elles, qui reposent sur son lit de majesté,
Ne peut nous procurer le sommeil du malheureux esclave
Qui, le corps rassasié et l’esprit vide,
S’endort, gavé du pain de misère.
Il ne voit pas la nuit effrayante, fille de l’enfer,
Mais comme un laquais, du lever au coucher,
Il sue sous l’œil de Phébus, et toute la nuit,
Il dort dans l’Élysée. Le lendemain à l’aube,
Il aide Hypérion à monter à cheval ;
Il poursuit ainsi le cycle de l’année,
Et profite de son travail, jusqu’à la tombe.
Ignorant l’apparat, le malheureux,
Écrasé par le travail le jour, pris par le sommeil la nuit,
Il devance, et de loin, les prérogatives d’un roi.
Henry V, IV, 1, 269-289.