Shakespeare
Nos saisons
Ou comment nous sommes influencés par les saisons. C’est Titania qui parle, la reine des fées. En fait, elle n’est pas un être naturel. Ainsi Shakespeare joue-t-il double jeu.
Titania. The seasons alter: hoary-headed frosts
Fall in the fresh lap of the crimson rose,
And on old Hiems’ thin and icy crown
An odorous chaplet of sweet summer buds
Is, as in mockery, set. The spring, the summer,
The childing autumn, angry winter change
Their wonted liveries, and the mazèd world,
By their increase, now knows not which is which.
And this same progeny of evils comes
From our debate, from our dissension.
We are their parents and original.
TITANIA. ― Les saisons changent : les frimas glacés
S’abattent sur le cœur encore jeune de la rose vermillon,
Et sur la couronne de givre du vieil Hiver,
Un chapelet de petits bourgeons d’été
Vient ironiquement se poser. Le printemps, l’été,
L’automne menaçant, l’hiver irascible changent
Leurs livrées coutumières, et le monde stupéfait,
Sous leur influence, ne sait plus qui est qui.
La même reproduction de maux sort
De nos disputes et de nos dissensions :
Nous en sommes les parents et les modèles.
Midsummer Night’s Dream II, 1,107-117.