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Shakespeare

 

 

Lady Macbeth, avant le meurtre de Duncan

 

Lady Macbeth.        The raven himself is hoarse
That croaks the fatal entrance of Duncan
Under my battlements. Come, you spirits
That tend on mortal thoughts, unsex me here,
And fill me from the crown to the toe top-full
Of direst cruelty! Make thick my blood;
Stop up th’ access and passage to remorse,
That no compunctious visitings of nature
Shake my fell purpose, nor keep peace between
Th’ effect and it ! Come to my woman’s breasts,
And take my milk for gall, you murdering ministers,
Wherever in your sightless substances
You wait on nature’s mischief ! Come, thick night,
And pall thee in the dunnest smoke of hell,
That my keen knife see not the wound it makes,
Nor heaven peep through the blanket of the dark,
To cry ‘Hold, hold!’ 

 

LADY MACBETH. –      Le corbeau lui-même s’enroue

À annoncer, en croassant, l’entrée fatale de Duncan 

Sous mes remparts. Venez à moi, vous les esprits 

Au service des pensées mortelles, délivrez-moi de mon sexe, 

Et du sommet de ma tête aux orteils, emplissez-moi 

De la cruauté la plus noire. Épaississez mon sang, 

Rendez-moi complètement étanche au remords,

Qu’aucun scrupule naturel ne vienne

Ébranler ma détermination farouche, ni prêcher la paix entre

Elle et son exécution ! De ma poitrine de femme,

Changez le lait en fiel, vous les serviteurs meurtriers

Et aveugles

Qui présidez à tous les maux de la nature ! Viens, nuit épaisse,

Et sous le manteau de fumée le plus obscur de l’enfer,

Fais que mon poignard tranchant ignore la blessure qu’il porte,

Et que le ciel ne perce pas la couverture des ténèbres

Pour venir me crier : « Arrête ! Arrête ! »

 

Macbeth, I, 5, 38-54.

  

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