Concurrence déloyale
Le bonheur
« Suis-je heureux ou malheureux ? La question a peu d’importance.
Je vis avec un tel emportement. » Albert Camus, Carnets, 1937.
La question du bonheur est probablement la plus sotte qu’on puisse (se) poser. Le bonheur est l’objet de tant de marchandages. Il est aussi un objet à vendre, en promotion dans toutes les publicités. Le bonheur n’est pas quelque chose qu’on peut acquérir, c’est seulement un état dont on peut être gratifié. Par définition, le bonheur ne s’achète pas, c’est un cadeau. Encore faut-il savoir le recevoir. Le plus sûr moyen de ne jamais atteindre à cet état de grâce, c’est de courir après. Je plains mes malheureux contemporains qui ont fait de la « poursuite du bonheur » leur étendard. Dans leur univers sans au-delà, ni même horizon, leur quête est celle d’un malheur toujours recommencé.