Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Faillite parentale

 

 

Priorité à la famille

 

Pour Olivier Faure, premier secrétaire du parti socialiste, les émeutes de la fin juin et de début juillet en France sont la manifestation d’une crise sociale. « C’est trop facile de renvoyer toujours sur les mêmes, ces parents qui parfois parce qu’ils travaillent de nuit, parce qu’ils élèvent seuls leurs enfants, parce que le travail est loin, loin du domicile et qu’ils ne peuvent pas s’occuper suffisamment de leurs enfants, les tenir, leur donner une éducation comme ils auraient souhaité le faire », remarque-t-il. En somme, « accuser » la famille de manquement est injuste, c’est faire des parents des boucs émissaires, alors que les « causes » de la crise seraient ailleurs.

   Hélas, la famille est, qu’on le veuille ou non, au cœur du problème. Elle est sans doute le cœur du problème lui-même, quand elle n’existe pas. Et cela ne dépend pas seulement des conditions de travail des parents (du parent), même si ces conditions n’arrangent rien. Elle s’est déstructurée, sous la pression libertaire de la culture contemporaine. Elle a été haïe au XXe siècle, par des intellectuels comme André Gide qui s’en prenait aux familles bourgeoises. Ces dernières ont plutôt bien « résisté », mais les « familles modestes » ont craqué, faute de support idéologique et moral suffisant.

   Il y a quelques années, dans une classe de seconde qualifiée de « difficile », l’équipe des professeurs (dont je faisais partie) a découvert, avec stupéfaction, que sur les 34 élèves que nous avions, deux seulement prenaient leur repas du soir en famille, avec la fratrie et les parents réunis autour de la table. Les autres allaient se servir dans le frigo individuellement, ils grignotaient dans leur chambre devant leur poste de télévision*, ou allaient simplement au McDo du coin... Ce phénomène n’est pas lié aux « conditions de travail » des parents, c’est un fait de civilisation, une catastrophe comportementale, une démission parentale sur toute la ligne.

   À l’inverse, l’expérience m’a montré que les enfants qui réussissent ont tous une famille. Dans les classes prépa de mon lycée de banlieue, tous n’étaient pas issus de milieux aisés, loin de là. Que faisaient-ils en Math Sup, Math Spé, considérées comme réservées aux enfants des élites ? Ils étaient parfaitement à leur place. Interrogés sur leurs familles, je me suis aperçu que tous, sans exception, avaient une famille, et singulièrement un père qui tenait son rôle. Ceci n’était pas une coïncidence, mais bien la cause de leur réussite associée au travail qu’ils fournissaient, dans de bonnes conditions familiales.

   La conclusion est facile à tirer. Avant d’aider au soutien scolaire, avant de se lancer dans une onéreuse « politique de la ville » (même si elle est indispensable), il faut soutenir les familles, financièrement sans doute, psychologiquement certainement, idéologiquement par-dessus tout. Comment refaire du lien là où le lien naturel a disparu ? Nous savons que le premier des liens est celui qui nous tisse avec la famille.

 

* C’était avant les téléphones portables... déjà !

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article