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Sortir de la crise 

 

 

Une COP sociale

 

La Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques, également appelée COP, se réunit annuellement pour « proposer » des solutions face à la catastrophe climatique qui nous guette, qui nous menace déjà, qui s’abat sur nous. Les « résolutions » sont chaque fois décevantes. Rien ne se passe. Les gouvernements font des promesses solennelles et puis n’en tiennent pas compte. Les engagements sont immédiatement dépassés par la réalité.

   Pourtant, le dérèglement climatique n’est qu’un symptôme d’un problème beaucoup plus grave et plus vaste : l’incroyable gaspillage de la planète lié à la privatisation du monde et à l’économie financière mise en place depuis les années 1980. Nous devrions avoir commencé une décroissance depuis au moins le rapport Meadows (1972), nous avons fait le contraire ! En 15 ans, la production vestimentaire a augmenté de 60 %, accentuant la pollution au niveau de la fabrication et du transport à travers les océans, et sans améliorer le recyclage (moins de 1% du textile est effectivement réutilisé).

   À cette gabegie, il faut ajouter l’augmentation spectaculaire des inégalités depuis 30 ans. Il ne s’agit pas d’un problème parallèle au désastre climatique. Les riches deviennent de plus en plus riches : 1) tout en polluant davantage pour s’enrichir ; 2) et en polluant un peu plus parce qu’ils consomment plus. Une répartition ne serait-ce qu’honnête, entre tous les citoyens de la planète, changerait forcément la donne. En taxant, par exemple, à 90% les revenus* de 1% des terriens les plus riches, on approcherait d’un début de justice, de même que demander des efforts de sobriété à tous serait moins immoral. Si les conséquences des dérèglements climatiques et autres crises ne sont « payées » que par les moins riches, les comportements de jacqueries vont se multiplier. Il y a pourtant une chance à saisir de changer complètement le mode de répartition de nos richesses (pour l’instant, tout va aux riches) alors que la nécessité de produire et consommer autrement s’impose pour tous.

   L’avenir est à la mise en commun de nos biens communs. « Les choses que nous avons en commun sont si nombreuses et si importantes », rappelle le pape François (FRATELLI TUTTI, 2020). L’économiste et prix Nobel Esther Duflo a démontré, sur le terrain, en Inde, en Tanzanie, et ailleurs, qu’une meilleure répartition de l’argent est un moyen de diminuer la pauvreté : les pauvres savent parfaitement gérer leurs besoins. Ils ne gaspillent pas et savent harmoniser leurs dépenses à leurs besoins réels. Alors que les riches...

   À l’image de la COP pour le climat, il est urgent de mettre sur pied une COP sociale, et que tout le monde s’y engage !

 

* C’est ce qu’avait réussi Roosevelt aux États-Unis après la grande dépression de 1929. 

 

 

 

 

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