• René Girard

     

     

     

    L'héritage de René Girard 

     

    La pensée de René Girard est originale à plus d’un titre. On peut, je crois, retenir trois apports majeurs de sa part à la pensée du XXe siècle. Ils découlent tous les trois de la découverte doit-on dire de l’invention ? de la théorie mimétique.

       La première chose singulière dans le comportement de René Girard, c’est que la théorie mimétique qu’il a élaborée est parfaitement scientifique alors qu’elle est née d’une découverte qu’il a faite en étudiant les grands écrivains tels que Cervantès, Shakespeare, Stendhal, Dostoïevski et Proust, au temps où il était professeur de français à Baltimore. Son premier livre, Mensonge romantique et vérité romanesque, date de 1961. Le désir mimétique lui a été révélé par les hommes de lettres dont il enseignait les œuvres. C’est à travers leurs écrits que René Girard a compris et formalisé sa théorie. Ainsi, on peut dire que son hypothèse scientifique est directement issue de la littérature. Dans un univers cloisonné comme l’est l’Université française, il ne pouvait que paraître scandaleux, et son œuvre irrecevable : une imposture ! On comprend que René Girard a mieux « réussi » aux États-Unis qu’en France et que sa pensée est plus appréciée au Japon, ou au Brésil, que sous nos latitudes tempérées. Les tenants de la vérité intellectuelle en France ne l’ont pas reçu.

       Après avoir cerné le désir mimétique, René Girard est passé à l’étude de la rivalité mimétique. Ce deuxième apport capital relève aussi d’une « imposture ». Non seulement le littéraire qu’il était a osé concevoir une théorie scientifique, mais il s’est aussi voulu anthropologue sans autre formation qu’autodidacte et il a développé une analyse de la violence d’une totale nouveauté. Là encore, il était parti de la littérature, plus spécifiquement des mythes de la Grèce antique, et cela a donné La Violence et le sacré en 1972. L’éclairage qu’il projette sur la violence conduit à des développements aussi bien psychologiques (rivalités entre pairs, concurrence) que sociologiques et politiques : tous les conflits, toutes les guerres, ont une origine mimétique. Incidemment, René Girard a mis en lumière le concept de bouc émissaire, concept parfaitement banal et dont le mécanisme est, le plus souvent, incompris.

       La troisième découverte de René Girard n’est pas moins scandaleuse que les deux premières. Dans Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978), il ose affirmer que ce qu’il a mis au jour a toujours été « lisible » dans la Bible et plus encore dans les Évangiles. Tout a été dit depuis 2000 ans ! Ce dernier coup ne lui a jamais été pardonné. Les athées et les agnostiques l’ont traité de catho réactionnaire et les chrétiens affichés l’ont quasiment accusé de blasphème. Il est vrai que sa lecture des Évangiles est peu orthodoxe. René Girard démontre que le message du Christ est fondamentalement une démonétisation du sacrifice, tandis que toutes les religions répandues sur la planète finissent toujours par justifier le sacrifice. Les religions, au sens large, gère la violence tandis que le Christ dénonce la violence. Les idéologies modernes ont pris le relai des religions archaïques en conservant la justification du sacrifice. Qu’on pense à toutes les hécatombes staliniennes, hitlériennes, maoïstes ou autres. On voit ainsi que le message chrétien démonte ou déconstruit  littéralement toutes les autres religions (avec ou sans dieu). Non seulement  René Girard est passé pour « réactionnaire » mais on l’a accusé d’être « ethnocentriste » en prétendant que l’Occident est porteur d’un message unique et universel. Le bannissement était fatal. Comment a-t-il été élu à l’Académie française ? Encore une imposture ? Non, simplement son élection a été le résultat de la force de conviction de son collègue et ami Michel Serres. Reconnaissance tardive mais réelle.

       « Rejeté par les siens » cela convient parfaitement à la théorie mimétique , René Girard a laissé derrière lui une pensée si forte que tout le monde aujourd’hui « parle Girard » sans s’en rendre compte, comme Monsieur Jourdain parlait en prose. On entend partout évoquer le « désir mimétique », le « mécanisme de bouc émissaire », et on rabâche des litanies on ne peut plus girardiennes sur les « victimes ». Tout le monde aujourd’hui est victime de quelqu’un, tout comportement agressif est assimilé à une tentative de « bouc-émissairisation », on utilise à l’envi le mot « lynchage », celui des sacrifices primitifs, pour tout ce qui est assimilé à un harcèlement… La pensée de René Girard ne s’est pas vraiment répandue, on a plutôt à faire à sa caricature. Mais le temps décantera les scories et bientôt la vérité girardienne aura droit de cité. Mais chut, ne le disons pas trop vite. La « réhabilitation » de René Girard se fera lentement à la vitesse de la conscience, pas à celle de la pensée. Viendra le temps où tout le monde sera, ou aura été girardien.

     

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  • Enfance

     

     

    Billy Elliot, le musical 

     

    Retomber en enfance 

     

    Pourquoi tomber et non pas s’élever ? Il n’y a rien de plus difficile que de se mettre à hauteur d’enfant. Comment débarrasser le vieil homme des lourdeurs de l’expérience pour qu’il soit assez léger pour ressembler à un enfant ?

     

     

     

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  • Shakespeare

     

     

    Le Procès de Jeanne d'Arc de Robert Bresson

    Hérésie 

     

    “It is an heretic that makes the fire,
    Not she which burns in ’t.” 
     

     

    « L’hérétique, c’est celui qui allume le feu,

    Pas celle qui brûle dedans. » 

     

                       The Winter’s Tale, Le Conte d’hiver,

                       acte II, sc. 3,  v. 113-114.

     

     

     

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  • L'universel

     

     

     

    Désir d’Afrique 

     

                                « D’ici ou d’ailleurs,

                                Nous sommes tous des enfants d’Afrique. » 

     

                                                                               Ismaël Lo 

     

    Si l’Afrique m’inspire souvent, c’est que j’y ai vécu quatre années pleines, à Saint-Louis du Sénégal, au début des années 1970. J’en avais rêvé depuis l’enfance. C’était un appel, une vocation. Il m’a toujours semblé que je devais trouver sur ce continent une vérité que je ne pourrais jamais trouver ailleurs. Et c’est ce qui est arrivé. L’Afrique m’a donné au-delà de ce que j’espérais recevoir. Ma vie a littéralement été bouleversée par mon passage au Sénégal.

       J’ai admiré Léopold Sédar Senghor, Nelson Mandela. J’ai rencontré personnellement Camara Laye dont j’ai transposé le roman Le Regard du roi pour France Culture. L’Afrique me sert encore aujourd’hui de référence, de point d’ancrage. Je me berce souvent de musique africaine. J’ai gardé des amis africains, en Afrique ou dans la diaspora. Quand je rêve d’avenir, je pense à l’Afrique qui a tant à donner. Le reste du monde est si vieux et l’Afrique si jeune. 

     

     

     

     

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  • Commencement

     

    Désir d’enfant

     

     

     

    Je vous salue entre toutes les femmes…

     

     

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