• « L’homme diminué »

     

     

    Le langage machine

     

    Nous avions cru naïvement, il n’y a encore pas si longtemps, que les machines allaient venir vite nous soulager de tout travail pénible, ou dégradant. Las ! la promesse des petits robots intelligents qui allaient tout faire à notre place a fait long feu. Nous avons bien fabriqué des petits robots (humanoïdes ou puces électroniques), ça oui ! mais ils ne se sont pas adaptés à nous. À peine en service, ils font n’importe quoi et c’est nous qui devons nous adapter à eux. Si vous « renseignez » mal le logiciel, il vous envoie aux pelotes… Si vous n’avez pas caressé la bonne icône sur votre tablette, tout s’embrouille. Déjà, l’idée même qu’il faille « renseigner » un algorithme a quelque chose de suspect (ou de risible). Qui fait le travail au bout du compte ?

       Antonio A. Casilli résume l’IA ainsi : « Le programme scientifique de l’intelligence artificielle devient […] un art de contrôler les êtres humains et de discipliner l’exécution de leurs activités. »* Autrement dit, non seulement les machines ne sont pas autonomes, mais avec leur usage, nous perdons nous aussi en autonomie. Si la porte automatique devant laquelle vous vous trouvez ne s’ouvre pas, il faut appeler d’urgence un technicien pour qu’il vienne réparer la machine défaillante. N’était-il pas plus simple de mettre une poignée à la porte afin que tout le monde puisse l’ouvrir ?

       Le « progrès » ressemble de plus en plus à une porte qui coince.

     

    * EN ATTENDANT LES ROBOTS, Éditions du Seuil, 2019, page 34

     

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