• Crise du désir 

     

    Sans bouc émissaire,

    sans allié non plus.

     

    Dans un univers horizontal, plat, sans désir supérieur, comme le nôtre, le « sentiment d’exister » ne peut venir que dans l’opposition à l’AUTRE. Les « souverainistes » ont besoin des migrants pour se « sentir exister ». Si on assimile les nouveaux venus, les anciens propriétaires vont avoir le « sentiment » de disparaître. Et ils ont raison, en un sens.

       Le seul moyen de sortir de l’éternelle « guerre de tous contre tous », c’est de regarder plus haut.  Mais, souvent, il n’y a rien au-dessus. On a débarrassé le ciel de ses dieux encombrants. Pourquoi dit-on souvent que « l’Europe ne fait pas rêver » ? Parce qu’elle est devenue la seule Europe des marchands. Les Médicis aussi étaient banquiers, et ils faisaient des affaires dans toute l’Europe, mais ils étaient entourés de Botticelli, de Michel-Ange et de Fra Angelico.

       L’Europe enthousiaste de l’après-guerre – consciente des oppositions stériles qui avaient failli la faire disparaître toute entière – s’est faite dans la réconciliation avec l’Allemagne. Avec qui les Européens ont-ils, aujourd’hui, désir de se réconcilier ? Avec personne. Et c’est le drame.

       Réduite à son plus petit dénominateur commun – l’argent –, l’Europe littéralement n’a aucun sens, parce qu’elle n’a aucune transcendance, aucun horizon à dépasser.

     

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