• La conscience est-elle neuronale ?

     

     

     

    Imagerie cérébrale

     

    Quand on parle d’états de conscience, on fait référence à différentes manifestations comme « l’état de veille », la maîtrise du langage, la mémoire, les capacités d’apprentissage, etc. Mais si l’on veut appréhender « la conscience » dans sa globalité, alors, les sciences neuronales sont vite dépassées. C’est pourtant bien la conscience, et elle seule, n’est-ce pas, qui fait notre humanité. Où la « trouve-t-on » ?

       Pour qu’il y ait conscience, les neuroscientifiques savent qu’il doit y avoir échange ou résonnance entre différentes régions du cerveau. Il n’y a pas, dans notre boîte crânienne, d’« aire de la conscience » à proprement parler. Les phénomènes conscients n’émergent pas d’un endroit unique mais sont le fruit d’un système complexe impliquant de multiples zones cérébrales. Quand le cerveau d’un individu subit des lésions localisées, sa conscience peut être modifiée, mais elle s’évanouit rarement complètement.

       La conscience ne semble surgir que lorsque des aires dites « supérieures » comme le cortex frontal, qui est relié aux circuits de l’émotion et de la prise de décision, sont activées. La conscience n’est pas le produit de Q.I. + Q.E., mais elle se situe quelque part dans cette relation entre l’intelligence et les émotions.

       Une chose étonnante est de constater qu’on est plus facilement conscient des erreurs des autres que des siennes propres. La conscience peut ainsi être observable à l’œil nu. Shakespeare exprime cela très bien dans un dialogue entre Brutus et Cassius dans Jules César (I, 2, 67-70) :

     

            Cassius. Since you know you cannot see yourself

            So well as by reflection, I, your glass,

            Will modestly discover to yourself 

            That of yourself which you yet know not of.

                          

            CASSIUS. – Puisque vous savez que vous ne vous pouvez pas vous voir

            Autrement que dans un reflet, je serai votre miroir,

            Et modestement, je vous ferai découvrir

            Ce que de vous-même vous ne savez pas encore.

     

       La conscience est-elle un phénomène social ? Ce qu’on appelle « l’inconscient collectif » est un fait, relativement banal, dans lequel la conscience individuelle se noie dans la conscience des autres. Cela ressemble à une réaction empathique – à l’effet désastreux parfois. Avec ce paradoxe inouï qui montre que la conscience qui s’éveille dans le dialogue avec l’autre (avec les autres) sombre complètement dans la méconnaissance quand elle s’attache à une masse. Georges Brassens résumait cette catastrophe dans une expression ironique :

     

    Le pluriel ne vaut rien à l’homme et sitôt qu’on
    Est plus de quatre on est une bande de cons.

     

       François Dolto exprimait cela autrement en disant : « l’âme que nous ‘‘avons’’ est dans l’autre ». Comment comprendre que la conscience, qui est bien la « chose » la plus personnelle qui soit, puisse être comme extérieure à soi ? Tout est dans le lien – évidemment immatériel – qui nous relie à nos pairs. Les savants ne découvriront jamais la conscience au fond de leurs lorgnettes électroniques, de leurs scanners et de leur science cognitive. Littéralement, ils cherchent à côté de leur objet !

     

     

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