• Violence et méconnaissance

     

     

    La bêtise

     

    La bêtise, c’est de l’intelligence dévoyée. Il ne faut pas confondre les imbéciles avec les simples d’esprit. Les individus qu’on appelle handicapés mentaux sont souvent touchants, attachants. Les imbéciles, à l’inverse, font peur. Car la bêtise est, le plus souvent, de l’intelligence contaminée par de la violence.

       Prenez un raciste. Il croit qu’il raisonne. Il s’est même trouvé, autrefois, des gens qui ont dépensé des trésors d’intelligence pour « démontrer » qu’ils faisaient partie d’une catégorie d’humains supérieure aux autres. En réalité, c’est la haine qui avait pris le dessus sur leur réflexion, une haine bien enrobée de méconnaissance, la méconnaissance elle-même se parant d’atours « scientifiques » flatteurs.

       Sur les réseaux sociaux, ce que nous prenons pour des commentaires crétins ne sont généralement que des injures, des éjaculations de haine.

       La bêtise qui se déverse dans les programmes de divertissement (télévisés ou radiodiffusés) est encore de la violence à haut niveau de destruction. Le ton est agressif. Les rires, lourds et appuyés, sont un masque bouffon pour une violence réelle. Peut-on rire de tout ? Évidemment. Mais cela ne justifie pas qu’on se moque de tous – et très peu de soi.  

       La bêtise est donc bien une manifestation de l’intelligence, mais elle est proche de celle des fous. Pourquoi nous laissons-nous parfois séduire par elle, alors que nous redoutons les fous – et que nous les enfermons ?

       Comme toute forme de violence, la bêtise est contagieuse – on dit aussi mimétique. Elle colle, elle poisse. Essayez de vous démarquer au milieu d’une troupe de crétins éméchés ! La plupart du temps, vous vous retrouvez à proférer des bêtises aussi tristes que celles que vous entendez. Et vous vous détestez.

       L’intelligence est un devoir moral.

       Il n’y a pas plus intelligent qu’un bébé. Que peut-il faire d’autre, avec ses faibles forces, qu’utiliser toute son intelligence pour communiquer, pour apprendre, pour survivre ? La question alors se pose : comment devient-on bête ? Par contamination. En apprenant la rivalité, la dispute, la chicane plutôt que le partage, certains diront « en devenant homme ». Chez les garçons, la conquête de la virilité se paie souvent d’une surdose de bêtise. Quelle dérision !

       Laissez venir à moi les petits enfants.

     

     

     

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