• Crise du désir 

     

    Représentation

     

    Dans un monde de surreprésentation, d’image obsessionnelle, le nôtre, le petit peuple – comme on l’appelle – ne veut plus entendre parler de « représentants », de « délégués », de « députés ». « Il » dénie à ses représentants officiels, politiques, administratifs, religieux, le droit de « le » représenter ! « Il » rêve, dit-on, d’une forme de démocratie directe, ou les votes citoyens seraient pris en compte immédiatement – selon le mythe moderne de la vitesse rédemptrice ! En somme, un monde décalqué sur les réseaux sociaux. À partir de 50% de « likes », vous changez la loi. Si le taux n’est plus le même la semaine suivante, vous rechangez la loi. Et hop ! Vous ne voulez plus de la peine de mort, on la supprime. Vous en revoulez, on la rétablit. Vive la démocratie…

       Cette faillite de la représentation est-elle le fait des représentants eux-mêmes, des leaders, des élites ? Ont-ils démérité ? Un peu, sans doute. La dérive est surtout dû au mirage de la pseudo-immédiateté des tweets et autres Facebook. La gestion algorithmique de la société n’est pas un progrès, c’est simplement la porte grande ouverte aux caprices des désirs, à l’anarchie des envies, au désordre, à la confusion, à la précarité. Une démocratie sans protocole est comme une justice sans code. Elles ne sont plus ni justes ni démocratiques. La liberté affranchie de ses règles est une prison. « Le contraire de la liberté, ce n’est pas la contrainte mais l’arbitraire... », remarquait Marina Scriabine, musicologue. Elle parlait d’harmonie musicale. L’harmonie sociale lui ressemble. L’addition des marottes individuelles ne donne pas autre chose qu’un tohu-bohu. Une société d’autonomes « réunis » par les seules statistiques serait « un conte dit par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui n’a aucun sens. »

       Que décidez-vous ?

     

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